‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 41 sur 124 · Moniteur, déc · texte numérisé non relu

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2, Archives municipales de Commercy, Délibération du 24 novembre 1790.

ville. Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'en ai des preuves. Depuis dix ans que j'ai l'honneur d'être dans le régime de la Congrégation, je n'ai pas passé une année, sans (en) avoir de très sensibles à mon cœur. Je vous prie d'être mon interprète auprès de Messieurs qui composent votre Comité et de leur dire combien je suis pénétré des bontés qu'ils nous témoignent.

Dom Debras approuve ensuite un projet d'érection de cure dans l'église de Tabbaye, « dans tout ce qu'il contient concernant la ville, à condition que le curé soit pris dans la province et non dans Fabbaye et nommé par les supérieurs majeurs ».

Et comme corollaire, le 10 novembre 1789, les bénédictins déclaraient à la municipalité :

Vous ne devez pas douter de notre bonne volonté à procurer aux enfants de la ville l'instruction nécessaire surtout d'après ce que nous avons toujours fait et ce que nous venons de faire en donnant à ces enfants un second régent et en bâtissant deux salles d'école ; nous consentons à continuer de même par la suite.

La municipalité ne pouvait mieux faire après cela que de demander la conservation des bénédictins. Celle de Ghâlons se prononça de même à l'unanimité le 28 novembre 1790 en faveur de ceux de Saint-Pierre-au-Mont sur leur demande ^.

Qu'étaient ces frêles barrières devant l'appoint qu'apportaient au torrent les moines eux-mêmes?

Le 29 octobre 1789, ceux de Saint- Vincent de Besançon, une des communautés les plus importantes de Franche-Comté, préludant aux spoliations ultérieures en indiquant la voie à suivre, écrivaient :

Nous, Bénédictins de l'Abbaye de Saint- Vincent de Besançon, sensiblement touchés des besoins de l'Etat et

J. Archives départ, de la Marne, H, 535.

voulant donner à la Nation des preuves de notre patriotisme, lui faisons avec plaisir l'abandon de tous nos biens, nous en rapportant entièrement pour notre subsistance et notre entretien à la sagesse de l'Assemblée Nationale^.

Cette aberration s'explique assez aisément. Bien que la Communauté fût considérée comme une des plus lettrées de la Gong-régation et qu'il s'y trouvât un Dom Sornet, plus tard emprisonné, un Dom Couderet qui refusa le serment de 91, ces qualités littéraires et cette minorité plus attachée à la règle ne comptaient pas devant les idées du plus grand nombre, qui comprenait un Dom Grappin, tout disposé à adhérer à la future Constitution civile. 11 est bien probable que ce fut ce religieux dont la conduite postérieure justifierait assez cette hypothèse, qui entraîna ses confrères à force de sophismes. Il sera le porte-parole du clergé constitutionnel pour défendre, depuis 1791 et jusqu'au Concordat, l'évêque et les jureurs non rétractants. Son portrait méritera d'être fait.

Mais la question soulevée était trop irritante et l'abandon prématuré. Des protestations, surgies sans doute de toutes parts, de l'évêque diocésain comme peut-être des supérieurs majeurs, pesèrent sur les religieux. 11 était évident qu'ils n'étaient que de simples usufruitiers qui n'avaient droit au temporel de leur abbaye que par accident et comme un dépôt intangible qu'ils devaient remettre à leurs successeurs.

Le 2 novembre, ils se résignèrent à expédier une nouvelle adresse, modèle de subtilité orgueilleuse, qui infirme les conséquences obligées de la première, mais où ils ont soin de ne pas se désavouer totalement.

Ils déclarèrent que « par l'abandon qu'ils avaient cru pouvoir et devoir faire de tous leurs biens entre les mains

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