Sauzay, ouv. cit., I
de l'A. N., ils n'avaient nullement l'intention de solliciter la dissolution d'un ordre auquel ils se faisaient g-loire d'appartenir, ni la suppression des maisons qui le composaient. Nous déclarons, au contraire, ajoutent-ils, que nous respectons et chérissons les vœux qui nous y attachent et nous en adressons de bien sincères aux représentans de l'A. N. pour qu'au cas où l'offre que nous avons faite à la patrie soit acceptée, ils veuillent conserver nos maisons pour le bien des campag-nes qui les avoisinent ou pour l'utilité des villes où nous sommes placés et y pourvoir à nos besoins, comme ils trouveront le mieux convenir ».
Les religieux commençaient à comprendre que ces offres magnifiques étaient fort inutiles et qu'on allait leur imposer des sacrifices plus considérables sans leur demander leur avis. Ils se borneront désormais à des demandes plus immédiatement personnelles.
La situation de l'abbaye de Senones, en terre étrangère, tourmentait certains de ses moines. Sur les 24 qui y comptaient, huit ^ inquiets de l'avenir ou désireux de la liberté se décidèrent à écrire à l'Assemblée le 20 novembre 1789 pour revendiquer leur place dans la Congrégation et leur droit à une pension. Leurs raisons sont d'ailleurs absolument justes:
Les religieux de cette maison... ont fait leur noviciat dans les différentes maisons de la province de Lorraine pour y vivre sous l'obéissance des Supérieurs de leur Congrégation, de sorte que si les suppliants se trouvent aujourd'hui hors du royaume, c'est par un effet de l'obéissance. . .
Jamais ils n'ont eu l'inlention de s'y fixer, quelques efforts que l'on 2 ait fait en 1777 pour obliger les religieux de Senones de se séparer de leur Congrégation pour
1 , Dom G. Gérard, doyen ; Dom Jean Roussel, Dom François Menelet, Dom Nicolas Verneau, Dom J,-B. Nachin, Dom Cl, Rauch, Dom Jean Nicolas Thirion, Dom Gh. Beaugé.