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Le prince de Sàlm

former une maison isolée, ad instar des maisons d'Allemagne, la force majeure, les voies de fait, le conseil même de Sa Majesté, par l'organne de M. de Vergennes, n'ont jamais pu ébranler l'attachement des religieux à leur patrie et à leur Congrégation et ils ont été constamment changés et remplacés à la volonté des Supérieurs Majeurs, de sorte qu'il n'y a presque point de religieux bénédictin en Lorraine qui n'ait demeuré à Senones.

Ils ajoutent que Fabbaye a 26.000 livres de revenus en France et 5.000 dans la principauté, demandent,

à subir le même sort que leurs confrères de Lorraine

et (pensent) qu'ils seront libres de manger (leurs

pensions) en commun et en particulier.

Le prince de Salm, toujours mal disposé pour le catholicisme et les bénédictins en particulier, tout heureux de suivre l'exemple venu de FVance, fit signifier le 24 février 1790 aux bénédictins u qu'ils eussent à sortir de leurs maisons, parce qu'ils ne vouloit plus conserver que l'abbé et 6 religieux, dont 1 curé, 2 vicaires et 3 régents pour les humanités ». Le surplus des religieux devait réclamer des pensions sur les biens de Lorraine. « Aussitôt on a placé des gardes à la bibliothèque, aux Archives et à toutes les issues de la maison ^ » Ces ordres ne durent pas être exécutés, car sauf ces huit religieux ^^ Dom Duval, curé de Franconville, et Dom Valentin, vicaire épiscopal des Vosges, il ne semble. pas que les bénédictins abandonnèrent l'abbaye. Par acte capitulaire du 2 décembre 1790, soit neuf mois après Tordre du prince, il fut

1. Ghatrian, Journal, ouv. cité. — Mathias (abbé), Annexion de la principauté de Salm-Salm à la France, l'QS. Saint-Dié, 1893, p. 15.

2. Sur les huit religieux, figurent, en effet, dès maintenant, parmi les constitutionnels: Dom Gérard, Dom Rauch, curé de Rosières, Dom Beaugé, vicaire de Moriville ; Dom Nachin dans le Doubs en 1791.

décidé que les relig^ieux de Senones qui désiraient profiter de la liberté toucheraient sur les revenus du monastère une pension équivalente à celle fixée par TAssemblée Nationale. Dom Lombard, après avoir fait tous ses efforts pour garder ses relig"ieux, se résigna à cette solution qui sauvegardait momentanément Tabbaye et empêchait la F'rance de mettre le nez dans les affaires de la principauté. 11 la paiera exactement jusqu'au l®*" janvier 1793. Les huit curés bénéficiers résidaient naturellement dans leur cure, les quelques religieux maintenus par Dom Lombard qui dut opposer la force d'inertie aux prétentions du prince y vécurent jusqu'à la réunion de la principauté à la France en mars 1793, augmentés même de cinq vannistes qui y vinrent d'autres maisons pour continuer la vie régulière ^ Jusque là, ils seront préservés. Gomme les suppliques collectives, les pétitions individuelles affluent, elles aussi. iMais elles dénotent la plus extrême étroitesse d'idées. Le pétitionnaire n'a que lui-même en vue. S'il indique des mesures d'intérêt général, c'est qu'elles lui sont personnellement favorables. C'est bien là le fond de celle de Dom Grappin, le janséniste de Besançon, futur vicaire général constitutionnel. 11 semble s'élever à des idées générales, encore qu'on sente fort bien où le bât le blesse, et finit par découvrir, malgré sa finesse réelle, le plus personnel et le plus vulgaire intérêt.

J'applaudis bien sincèrement avec une foule de nos confrères au projet de décret qui rendroit aux Evêques la juridiction qu'ils n'auroient pas dû cesser d'avoir sur les religieux de leur diocèse. Mais si par le régime qu'on se propose de conserver, on entend les supérieurs majeurs des ordres religieux ou Congrégations, le but d'une réforme utile paroit manqué. En perpétuant le régime ancien, on

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