Arch. Nat., Fi^» 1259b
perpéfcueroit des abus qui ont frappé trop souvent des Cénobites recomraandables par l'amour de leur état et par des talents vrais.
Un évêque seroit. . , au-dessus des petites considérations deFamour propre et des ménagements àg-arder... C'est à chacune des maisons qui sera conservée à choisir elle-même son supérieur sous la surveillance des évêques et non d'autres.
Il en vient alors à la conservation de l'abbaye de Saint-Vincent qui le touche de près :
Je ne ferois point valoir en sollicitant notre conservation dans cette ville, ni le titre de curé attaché à l'abbaye, ni la desserte presque gratuite de nos paroissiens, ni la crainte de ceux-ci de nous perdre.
Mais puisque le Comité met au rang des maisons privilégiées celles qui peuvent être utiles aux sciences, fussentelles situées dans les villes, je prendrai la liberté de représenter: 1"^ que l'abbaye de St-Vincent est chargée de la Bibliothèque publique qui lui a même été donnée en propre à condition de l'ouvrir deux jours par semaine ; 2° que depuis l'origine de l'Académie de Besançon en 1752, il s'est passé peu d'années où les Bénédictins franc-comtois, surtout ceux de S. Vincent, n'en eussent remporté les prix ; 3° que plusieurs bénédictins de Franche-Comté sont correspondants du Comité établi sous la présidence de M. le garde des sceaux pour la recherche et la collection des monumens de l'histoire et du droit public de la Monarchie française ; 4" qu'une partie d'entre eux sont infatigablement occupés à l'histoire de leur pays et à d'autres branches de la littérature...
Les motifs sont dès lors fort clairs pour lesquels Dom Grappin, que l'on doit considérer évidemment comme un homme de <( talent vrai «, déclarera avec tous ses amis vouloir continuer la vie en communauté, tandis que les religieux qui Fauraient demandé dans tout autre cas voudront se retirer. Cette pétition montre bien l'inspiration connexe des adresses de Saint- Vincent.
Une pétition des quatorze frères convers de la cydevant province de Franche-Comté procède du même esprit, elle réclamait pour eux un traitement supérieur à celui qui était alors discuté à l'Assemblée Nationale,
alléguant qu'ils se sentaient incapables de travailler et que, liés par des vœux solennels à l'ordre qu'ils ont embrassé, ils ont renoncé pour s'y engager à leurs biens, à ceux de leurs parens et de leurs proches *.
Ces humbles n'eurent pas davantage gain de cause. Le traitement avait été fixé à 300 livres jusqu'à 50 ans, 400 livres jusqu'à 70, 500 livres après 70 ans ^ et ne fut pas modifié.
Enfin, pour finir ces réclamations mesquines, la lettre de Dom Breton, prieur de Pothières, réclamant aussi un traitement supérieur à celui auquel il aura droit, vu son âge (46 ans), parce que vieilli prématurément, donne une note comique, mais dévoile un triste représentant du régime.
J'ai préféré d'être utile malgré la faiblesse de ma santé, des maux de tête et de poitrine habituels. Je me suis dévoué à l'enseignement public. Le courage a suppléé à la force. J'ai professé pendant vingt ans au collège de Metz, dont je ne sorti qu'aux vacances dernières parce que ma santé entièrement délabrée ne me permettait plus de continuer, . . Ma santé, loin de se rétablir, est devenue encore plus mauvaise, l'incertitude où j'étois sur la stabilité de mon état et des allarmes continuelles n'étoient pas faites pour contribuer à la rétablir. Je suis né trop sensible.
Nous tombons dans le grotesque. Le tragique point.