Ghatrian, loc. cit.^ 18 avril
devant ces ordres légitimes, mais maladroits. Ils vont influer sur les bénédictins d'une façon tout opposée à leur but. F^es religieux du diocèse de Metz vont presque tous protester contre eux avec irritation, par manque d'humilité, je Taccorde, non par impiété. La majorité choisira la vie privée pour faire pièce au Cardinal, parfaitement impopulaire, lui prouver la faillite de son autorité. Le résultat le plus net sera donc de faire passer tous ces religieux indistinctement du côté d'un Dom Massias.
Si elles n'excusent pas totalement le choix de la vie privée, toutes ces causes les expliquent dans une certaine mesure.
Plus justement encore, l'incertitude dominait. Le peu de précision de la loi en était la cause. Elle ne fixait pas les maisons qui devaient être conservées — celles-ci ne devant être désignées que par les Directoires des départements — permettait différentes interprétations pour les règlements intérieurs et par conséquent la vie en commun. Surtout, les nominations des supérieurs, source de difficultés presque insurmontables dans les derniers chapitres, traversées en temps normal par les ambitions et les jalousies, devenaient impossibles. Pour les religieux décidés à partir, elle ne précisait pas la façon dont seraient servies les pensions, ni à quelle date. Toutes ces circonstances permettent d'aborder les décisions des religieux qu'elles expliquent. A Montier-la-Gelle comme à Novy et à Châlons, Tunanimité des bénédictins se prononce pour la vie régulière. L'on retrouve ici les deux communautés pétitionnaires. Ce sont les trois seules dans ce cas. La majorité l'emporte encore à Saint-Vanne, 8 moines sur 13 ; à Beaulieu, 8 sur 14; à Flavigny, 7 sur 12 ; au Breuil, 9 sur 10; à Faverney, 7 sur 22 ^ ; à Saint-