‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 56 sur 124 · Archives départementales de la Haute-Marne, Q · texte numérisé non relu

Archives départementales de la Haute-Marne, Q

Conscience, prieur, en 1778, devait 14.689 livres en 1789 et n'indiquait que 14.283 livres de recettes : ceci permet de ju^er les écarts de revenus. Il ne faudrait pas jurer que les comptes n'aient été ici quelque peu triturés. Enfin, Saint-Airy de Verdun était charg-ée de 48.050 livres que Dom Conscience, abbé régulier, s'efforçait d'amortir ^ et le prieuré du Mesnil à Lunéville de 39.426 livres.

Il n'y avait pas péril en la demeure, car beaucoup de ces dettes étaient la suite de luxueuses constructions. Une administration sage et réglée aurait eu bientôt raison de ces déficits, d'autant que, de l'aveu des religieux de Montier-la-Celle^, les abbayes ne touchaient guère que le tiers de leur revenu eiFectif, qui ne pouvait que s'améliorer. Les prêteurs n'avaient rien à craindre. .. sans la Révolution.

Ils se recrutaient d'habitude parmi les riches communautés de filles, toujours fort entendues et fort économes, qui faisaient là un excellent placement. Les Dames de Saint-Maur de Verdun avaient prêté 8.400 livres à Saint-Sauveur-de- Vertus, la Congrégation de Saint-Mihiel 5.000 livres, et les religieuses de Saint-Joseph de Châlons 6.000 livres. Un heureux éclectisme y présidait. Il y avait aussi des particuliers : M. Sevestre, de Longeville, qui avait prêté 4.000 livres à Montiérender, le président Goussaint à Metz, 12.000 livres à la même abbaye, prêteurs procurés évidemment par les abbayes messines.

Enfin, les abbayes de la Congrégation s'avançaient parfois quelque argent : Bouzonville, 7.035 livres à Lunéville en septembre 1788. D'autre part, ce prieuré était créancier de Saint-Clément de Metz pour

1. Archives départementales de la Meuse, série Q, dossier S. Airy. Le revenu de l'abbaye était de 25.013 livres.

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