‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 57 sur 124 · Cf. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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4.500 livres et de Saint-Ayoul de Provins pour 3.600. Le questeur de la Gongrég-ation avait avancé 11.000 livres à Saint-Urbain, les bénédictins de Saint-Maur 16.000 livres à Montiérender, 7.200 à Saint-Urbain.

Il y eut en 1789 de nombreux transferts : une lettre de chang-e de 842 livres est tirée le l^"" décembre par le procureur de Saint- Pierre-au-Mont, Dom Gourmet, sur celui de Saint-Sauveur. Les religieux de Moiremont veulent même plaider, dans leur affolement, contre leurs confrères de Saint-Michel-en-Thiérache le 6 mai 1790, pour couvrir leur responsabilité vis-à-vis des autorités ; autre signe du manque d'autorité du régime, à signaler en passant. Ges moyens de fortune n'avaient qu'une médiocre importance et n'influent en rien sur l'état financier général. •

En définitive, il importe ici fort peu : chaque abbaye était gérée par le procureur qui rendait compte de sa gestion, d'abord à la communauté, puis aux visiteurs et enfin au Ghapitre général, mais traitait les affaires à sa guise, sous la direction de son prieur. Les moines vivaient sans faste, encore qu'ils fussent atteints de la maladie de la pierre, mais sans privations, plutôt largement. Socialement, leur gestion était douce et peu exigeante, quoi qu'en disent les habitants de Flavigny. S'ils ne faisaient pas rendre à leurs propriétés tout ce qu'elles pouvaient produire, le surplus profitait à leurs fermiers ou à leurs paysans. Par rapport à la vie religieuse, leur richesse n'était pas exagérée au point de pervertir leurs sens.

Leur cœur et leur esprit en étaient indépendants et les idées contribuaient pour une part autrement déterminante que l'argent à les diriger et à les transformer. Je n'y reviendrai plus ^.

1. Je n'ai pas à tenir compte des menses abbatiales. L'Almanach royal donne une très vague idée du produit de cette

Le tableau de cette fortune propre des abbayes fait ressortir en toute évidence qu'il n'était pas possible aux religieux de rien soustraire de ces biens fonciers, catalogués et complètement connus. Les détournements, s'ils existent, ne peuvent donc porter que sur l'argent en caisse, les produits de l'année, quelques récupérations de créances, un total extrêmement médiocre. Les accusations vont les préciser.

Symptôme des temps, c'est un religieux, Dom Nicolas-Joseph Louis de Pothières, qui ouvre le premier, le 14 novembre 1789, le feu contre ses supérieurs ':

Monseigneur,

Je suis religieux bénédictin, mais je puis assurer que l'esprit de corps n'a point étouffé en moi les sentiments de patriotisme qui doivent animer tout bon français.

C'est en cette qualité que j'ose élever ma voix jusqu'à vous, Messeigneurs, et que pénétré de la dure alternative de décrier mes confrères ou trahir en quelque sorte ma patrie, je ne me détermine quoiqu'avec répugnance, à découvrir les abus que les circonstances présentes aident à introduire dans nos maisons et qui peuvent devenir d'une très grande conséquence.

Depuis que les religieux ont cru avoir lieu de craindre la suppression, ce ne sont plus que divertissemens de leurs meubles les plus prétieux, que transports et dépôts hors de leurs maisons de tous les effets dont ils peuvent

mense seule. Son chiffre est plutôt au-dessous du revenu de 1789, et il n'est même que la moitié de celui de quelques abbayes. Il semble que ce n'était que le chiffre imposable, lors des provisions de bénétices. Les menses conventuelles, administrées de plus près, étaient bien plus importantes et variaient dans les mêmes rapports que celles-ci. Vers la moitié du xviii" siècle, lorsque cela n'avait pas été fait auparavant — en général, lors de l'introduction de la réforme par la Gonjçrégation de Saint- Vanne — un traité avait fixé la séparation des deux menses, système indispensable pour éviter toute chicane.

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