Arch. dép. de la Meuse, série Q, dossier S. Airy
de faire vendre les meubles de Saint-Airy qui fut fermée peu de temps après.
Enfin, à Moyenmoutier, Taccusation se précise. Dom Maillard, abbé régulier, était mort le 2 février 1790, laissant une succession importante. Les religieux de Tabbaye empêchèrent les supérieurs majeurs de la Congrégation de mettre le nez dans les comptes et ceux-ci, qui ne trouvèrent pas moyen de protester contre leur suppression, s'assemblèrent pour réclamer cet argent:
Vous avés prononcé la suppression des ordres religieux, notre obéissance égale le respect profond dont nous sommes pénétrés. . .
Nous venons de perdre Dom Maillard, abbé régulier de Moyenmoutier, il a vécu en religieux, a mérité nos regrets et ceux de toute la contrée ; ce respectable bénédictin a toujours oublié qu'il était bénéficier, vivant dans l'esprit de pauvreté il a cru ne devoir user d'un revenu quiappartenoit aux pauvres et à l'église que selon ses lois, aussi indépendamment de ses aumônes ordinaires, il se proposoit de faire avec ses épargnes un établissement utile aux citoyens indigents lorsque la mort l'a enlevé à ses frères; il a laissé une cotte morte très considérable en numéraires et en effets.
Nous supplions l'Assemblée Nationale de nous autoriser à nous faire rendre compte exact de cette cotte morte dont les religieux actuels de Moyenmoutier en qualité d'héritiers se croient seuls en droit de disposer et de nous permettre et enjoindre d'en faire l'amploy, permission et injonction qui seroient parfaitement conformes à l'esprit et à la lettre de nos Constitutions K
Ils proposent alors d'acquitter avec cette somme les dettes contractées par plusieurs maisons de la province ou bien de l'afTecter pour payement des pensions à ci*éer aux bénédictins de la province de Lorraine. Cette belle requête est signée par tous les prieurs des mona-