LES BÉNÉDICTINS. LES CONSTITUTIONS
Les cinquante maisons de la Congrégation étaient habitées au 28 octobre 1789 ^ par 622 religieux ^ qui comprenaient cinq ^ abbés mitres réguliers, 521
1. Cette date est celle du décret de l'Assemblée Nationale qui interdit toute profession religieuse. C'est, en somme, celle de la suppression virtuelle des ordres religieux.
2. La liste officielle fournie par le procureur général à Paris : Dom Ybert ne comportait que 610 vannistes (Arch. Nat.,D, XIX, 10). Quatre noms sont oubliés dont celui de Dom Ybert luimême. Elle date de juin 1790. Le chiffre de 622 compi^end les religieux morts depuis octobre 1789. Je n'ai pas cru utile de donner la liste complète de tous ces religieux. Celle de Dom Ybert aux Archives Nationales, la matricule imprimée à Nancy chez Haener en 1782, complétée jusqu'en 1789 sur la plupart des exemplaires qui subsistent (Bibl. de Verdun, Nancy, du grand séminaire de Saint-Dié, abbaye de Maredsous), donnent des renseignements suffisants pour retrouver un individu. J'ai pu les suivre à peu près tous, retrouver leur « cursus vitae ». Ceux qui sont vraiment importants, soit par leurs œuvres, soit par lensemble de leur vie, seront cités au cours de cet ouvrage, sans qu'il soit besoin de se perdre dans la multitude des médiocres pour lesquels les statistiques suffisent. La table des noms de personnes permettra de s'y retrouver facilement.
3. C'étaient: Dom Maillard, abbé de Moyenmoutier; Dom Benoît Aubertin, abbé de Munster (la Gallia, t. XV, p. 568, l'ignore] ; Dom Jean Lombard, abbé de Senones ; Dom Benoît Pierson, abbé de Saint-Léopold de Nancy; Dom Nicolas Conscience, abbé de Saint-Airy de Verdun.
N'y figurent pas : Dom Nicolas Hydulphe Debras, prieur de Flavigny, bien qu'il se prétendit « prélat, ayant droit au rang d'abbé », ni Dom Leneld'Ivoiry, prieur deNovy, qui jouissaient d une mense particulière de commendataires.
religieux profès, prêtres, 7 diacres ou sous-diacres âgés que leurs capacités n'avaient pas permis d'admettre à la prêtrise ou qui s'en étaient écartés par humilité janséniste^, 28 jeunes diacres, sous-diacres ou clercs, tous profès, et enfin 58 frères convers et 3 donnés ou oblats.
Les Constitutions -établies du vivant de Dom Didier de la Cour, éditées dès 1610, remaniées après l'établissement de la Commission de 1766 pour la réforme des réguliers, confirmées par lettres patentes du 15 juillet 1768, approuvées enfin le 26 juillet 1769 par le Conseil d'État, régissaient l'existence de la Congrégation. Elles reposaient sur la règle de saint Benoît qui en formait le fond intangible — norme essentielle de la vie monastique, qui n'est pas en question — mais y ajoutaient les développements et règlements d'application qui donnent à la Congrégation de Saint- Vanne son caractère propre : éléments essentiellement discutables.
A la tête étaient placés : le Président général, trois visiteurs et trois diœtarii (un dans chaque province) et les deux procureurs généraux de Paris et de Nancy. Ces religieux étaient les supérieurs majeurs qui formaient le régime ou gouvernement de la Congrégation. Chaque monastère avait à sa tête un prieur et un sousprieur qu'assistaient un doyen et un procureur.