‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 68 sur 124 · Dom Chauveau, Dom P. Dumay, Reumont, Jean-Louis Gauche · texte numérisé non relu

Dom Chauveau, Dom P. Dumay, Reumont, Jean-Louis Gauche

5. Dom Lefebvre, prieur; Dom Jérôme Pichon, Gandouin, Delobbe, BcUouet, et deux frères, Jacques e Louis Gilbain, convers de Saint- Vanne.

Vint l'occupation prussienne du 18 septembre qui ramena l'évêque et les émigrés — désastreuse alliance — et rétablit momentanément Fancien régime.

Les religieux reprirent possession de leur monastère. L'on restitua même à toutes les communautés leurs ornements et trésors volés. Dom Lefebvre, prieur, et trois religieux fidèles paieront de leur vie cette insulte à la République. La reprise de la ville par les Français obligea les bénédictins à abandonner pour la seconde fois et pour jamais Tabbaye de Saint-Vanne. « L'image redoutable du bataillon de Mayenne qu'ils croioient faire partie de l'armée leur présentoit ou des tortures ou la mort. »

Cette fuite piteuse et raisonnable marque la fin de Tordre dans l'ancienne et première abbaye de la Congrégation, son berceau. Il était bien qu'elle sombrât la dernière.

En résumé, si Ton tient compte des religieux de Saint-Evre, cependant bien versatiles, de la possibilité de trouver des moines fidèles au prieuré de Montrolland et à Luxeuil, le chiffre des religieux qui acceptèrent de mener la vie régulière ne peut guère se monter à plus d'une centaine. Ils ne remplirent même pas les monastères qui leur avaient été concédés.

Mais c'est parmi ces bénédictins que se trouve l'élite de la Congrégation. Douze prieurs acceptèrent de se soumettre à l'obéissance. Ils paient par leur présence la rançon des autres supérieurs, comme les religieux celle de leurs confrères apostats. La majeure partie des victimes de la guillotine et des déportations provient de cette élite. Plus intransigeants, plus exposés par le fait même, ils furent plus persécutés. Ils expient magnifiquement la honte de leurs confrères. L'ordre avait commencé avec des saints, il fallait qu'ils le glorifiassent à sa fin.

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