‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 82 sur 124 · Martin, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Martin, ouv. cité, p

2. PU VI Pont. Max. Acta, Romae, Typis Sacr. Congr., J871, 2 vol. in-18, II, p. 87 (1" avril 1794) et p. 96 (26 juillet 1794).

Polo<^ne était démembrée sans espoir de relèvement. Mystérieuse correspondance des monarchies : celle de France était abattue, l'autre royaume catholique, borne au centre de l'Europe, tombait avec la tête du roi très chrétien. La mort de celui-ci supprima le contrepoids que, sans pouvoirs, il maintenait encore. Ce fut la Terreur.

Un vent d'effroi passa sur la France. Les tyranneaux de province, déjà entraînés, firent peser, de plus en plus lourde, leur verge de fer. Ils n'en étaient plus à une injustice ou à une illég-alité près. D'ailleurs, il est toujours facile de faire des lois. Il n'y avait pas de résistance possible. Prêtres réfractaires ou constitutionnels se cachent ou se dispersent. Les bénédictins participent dès lors aux persécutions que vont subir les prêtres.

Un épisode de cette lutte presque partout identique eut pour théâtre une petite ville des Vosges, la petite ville si calme, si placide et si pâle d'habitude, et pour protagoniste principal un bénédictin des plus notoires, le F.'. Dom Rémi Poirot. L'on ne saurait trouver d'exemple plus typique qui permît de saisir sur le vif l'évolution du mouvement révolutionnaire qui aboutit à la Terreur.

Agrégé à la Loge Saint-Jean de Jérusalem à l'Orient de Nancy depuis 1779 ', Dom Poirot était en 1789 religieux de Saint-Avold sous la direction du V.*. Dom Bonnaire. Il avait prêché en 1781 la station de carême dans l'église du Chapitre de Remiremont, en 1787 à la cathédrale de Toul, en 1789 à Saint-Dié. Il fut appelé cette même année 1789 à prêcher la station dominicale d'été à Strasbourg. Il s'acquittait de sa tâche au grand contentement des fidèles et des ecclésiastiques, quand, en septembre, il fut subitement rappelé par ses supérieurs majeurs qui lui enjoignirent de se rendre à

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