‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 90 sur 124 · Arch. Nat., AFiv · texte numérisé non relu

Arch. Nat., AFiv

Constitution civile. Il épousa, pour se soustraire à la persécution, une religieuse qui vivait avec lui. Il réprouva son acte, la tourmente passée, comme les deux autres bénédictins. Il se dégagea même devant la municipalité de Ghâlons par une protestation publique. Ce sont les trois seuls mariages blancs, inexcusables au point de vue théologique, mais pour lesquels on peut faire la part des circonstances, peut-être de l'ignorance et sans doute de Tintelligence volontairement obnubilée. Plus symptomatiques sont les défaillances dont les mobiles sont explicitement exposés dans les confessions au Cardinal.

Dom Nicolas Melin, prieur de Mouzon, était venu habiter Metz. Agréé comme aumônier en second de la Garde nationale par la Commune de Metz le 18 avril 1793, il déclare (le 3 pluviôse an II) « qu'il n'a exercé aucune fonction ecclésiastique depuis son heureuse sortie du cloître, n'en veut jamais exercer en ayant toujours eu horreur, ayant été victime de sa famille dès l'âge de 14 ans : il est marié et a déjà deux enfants qu'il élève dans les bons principes des sans culottes ». Singulière déclaration rapprochée de celle de 1806 : Il allègue alors « qu'à l'époque où Mallarmé a fait enlever tous les prêtres pour les transporter à Rochefort, il voulut se soustraire à ses fureurs, céda aux vives et pressantes sollicitations de ses amis et se maria ». Excuses lamentables d'une faiblesse manifeste dans la première profession de foi que l'éloignement effaça sans doute de l'esprit du religieux jusqu'à la modifier si étrangement, mais qui est loin d'être infirmée '.

La même explication va revenir fréquemment, c'est au fond la moins humiliante. Dom Duval, sortant des prisons d'Étain, « ne trouva pas d'autre moyen pour éviter les vexations de tout genre et assurer satran-

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