Arch. Nat., AFiv,i
Dom Mengin tire pour lui-même la conclusion de ces mariages :
La Révolution a non seulement dissous les liens de la religion, mais elle a encore travaillé à en. faire perdre l'idée ; pour y parvenir, elle a employé les moyens que ses agents ont jugéles plus efficaces. Les prêtres, les religieux, tout ce qui pouvoit rappeler l'idée de cette sainte religion ont été en but à ces hommes féroces ; il étoit difficile d'éviter les persécutions de ces Vandales, la crainte de tomber entre leurs mains, jointe à la concupiscence qui ne nous quitte qu'à la mort, m'a porté à prendre un parti qui a des suites terribles pour le salut.
C'est aussi le sentimentde Dom Courdier :
Le mariage fut proposé, dit-il, en haine de la religion catholique. Ses auteurs s'imaginoient que par ce moyen ils la feroient périr. La religion ne peut subsister sans ministres ; les ministres qui se soustraient à une discipline générale de l'Eglise sont censés renoncer à l'Église et ne sont plus de vrais ministres. Tel était le conseil des hommes. Mais que peuvent-ils contre Dieu ? Ils sont rentrés dans le Néant [sic] ces hommes pervers et la religion subsiste et subsistera jusqu'à la fin du monde ^ .
Ainsi la crainte et la haine religieuse trop bien exploitées déterminèrent en majeure partie ces mariages, mais la prestation du serment à la Constitution civile du clergé avait préparé les voies et la majorité des bénédictins mariés avaient fait cette première chute dont l'importance est discernée par Dom Biétrixqui, suivant son propre aveu, « sans faire réflexion aux maux dans lesquels l'entraîneroit un serment, prit ensuite le triste et honteux parti de se marier ».
Tous ces prêtres sont des constitutionnels : nous l'avons déjà signalé pour Dom Jeanmougin et Dom Charles ; Dom Isambart, curé régulier, puis constitu-