Arch. Nat., AFiv
tionnel et assermenté de Senones, se maria le 4 novembre 1793, aboutissement de ses abdications successives ; il se retirera avec sa femme àEuville. Dom Streicher, curé régulier d'Hurbache depuis 1782, voulut conserver sa cure, prêta serment en 1791, et plus tard « pour n'être pas arraché aux bras de ses concitoyens » se maria. Dom Bertilléville, vicaire .épiscopal de la Marne, Dom Wickerain, Dom Ansement, intrus à Froidos,Dom Gaucher à Saint-Mihiel, Dom Hubert Lequeux à Thiaucourt, Dom Gabriel, Dom Amyot, Dom Lefebvre, Dom Régnier, Dom Sermonne, Dom Bon, Dom Termonia, tous assermentés, glissèrent sur la pente.
Assermentés les professeurs : Dom Charles, Dom Villars, Dom Bergnier qui jura pour conserver son emploi et prit femme pour la même raison ; assermentés : Dom Couchot « entré dans Tordre de Saint-Benoît sans vocation de sa part, qui profita de la Révolution pour suivre ses inclinations naturelles « ; Dom Granddemange, curé de Celles, qui obéit aux sollicitations de ses amis; Dom Pierson, qu'exhortaient ses amis et la crainte.
Curieuse sélection opérée par un serment qu'une quantité relativement minime de religieux dut prêter, pierre d'achoppement dont on ne saurait trop exagérer Timportance, si habilement placée qu'elle fît trébucher la plupart de ceux qui la rencontrèrent.
D'autres raisons furent déterminantes, mais moins essentielles et moins générales. Petite fut la quantité des religieux entraînés uniquement par les sens, qui pousseront aux mariages tardifs et rares de la seconde Terreur : On peut peut-être y compter Dom Nicolas Louis, l'auteur possible du Ciel ouvert qui se trouvait à Reims en 1804, et Dom Bricé, d'abord militaire, puis habitant d'Anvers durant sept ans où il emmena son épouse de rencontre, mais d'abord curé constitutionnel.
Si Ton ajoute Dom Pasziaux, DomLacreuze, discrets sur les motifs qui les déterminèrent, et les deux frères conversJean Maire et François Pointcloux, Ton en aura fini avec cette trentaine de religieux mariés. Il est extrêmement pénible de piétiner dans cette boue, mais il est indispensable d'exposer, même si largement, cet affligeant spectacle sur lequel les réhabilitations me forceront encore à revenir. Celles-ci montreront l'effort vers la rédemption de ces prêtres déchus, tombés d'autant plus bas qu'ils furent plus haut. Ils étalent leur âme en toute franchise et honnêteté, leurs excuses furent les meilleures qu'ils purent découvrir. Ces confessions permettront de tirer la forte et dure leçon qui surgit de ces fautes, comme elles découvrent dès maintenant les crimes de la Révolution et l'erreur foncière de ses principes.
Tel était l'état de la religion, tel qu'on n'eût pu le prévoir pire ou songer à un relèvement après un écrasement aussi total, telles les ressources de vitalité de celle-ci que le culte va reprendre avec une vigueur que la taille a renouvelée.