‹ Les bénédictins de Saint-Vanne et la RévolutionChapitre 97 sur 124 · Arch. Nat., F · texte numérisé non relu

Arch. Nat., F

La Meurthe fournit le dernier bénédictin qui périt en Guyane. Dom Charles-Henri Berger put assister aux derniers moments de Dom Gérin et connaître la mort à Konanamade ses deux confrères. Il'allait mourir quelques jours après eux, le 11 novembre 1798,à Cayenne.

Ordonné prêtre en 1790, il avait exercé le culte à Azerailles (Meurthe). Député par le véritable curé, il s'entendit pacifiquement avec Tintrus et passa- sans être inquiété les plus mauvais jours de la Terreur. Il avait dit une dernière messe le 30 mars 1794. Il put reprendre le culte en secret le 15 mars 1795. Trop confiant, sans doute, dans sa sûreté et son bonheur, mieux averti des erreurs à combattre et des vérités à préserver, il se fit remarquer par son zèle apostolique, et malg-ré son serment de haine à la royauté, il fut arrêté en mars

L'arrêté portait (8 germiifal VII) :

Qu'il s'est montré constamment un apôtre ardent de fanatisme et de contre-révolution, qu'il a déclaré renoncer à l'exercice de sou culte plutôt que de se soumettre aux lois de la République, que non obstant cet abandon apparent, il s'est introduit plusieurs fois dans une usine de la commune de Verrière-Sainte-Anne, pour y propager ses principes contre-révolutionnaires, que son influence a été si grande que la division a éclaté dans cette usine entre les ouvriers, au point que pour y ramener l'ordre, il a fallu en expulser les chefs du parti que ce prêtre avait fanatisés ^ .

Le 11 mai, il était en route pour Rochefort ; il adressa d'Orléans à sa mère une lettre où il fait le récit de la première partie de son voyage « remplie des plus beaux sentiments de résignation, de paix et de confiance

1. Dom Bergernaquit le l" sept. 1766, à Azerailles, dont son père était maire. Profès 2 sept. 87, Saint-Mihiel. Cf. Victor Pierre, La, déportation sous le Directoire, p. 193, et Arch. dép. de Meurthe-et-Moselle, L, 473, f° 11 ; Mangenot, ouv. cité, p. 456.

en Dieu ^ ». Il fut embarqué le 1®' août 1798 pour Cayenne. Un peu plus de trois mois après, il succombait.

C'est la fin des déportations à la Guyane, qui seule» causèrent la mort des vannistes frappés dans cette persécution, mais les arrestations à l'intérieur ne cessaient pas et les départements continuaient à alimenter Rochefort et les îles.

En Franche-Comté, le département de la Haute- Saône esttoujoui^ des plus agités. L'activité des prêtres insoumis qui exaspérait Flavigny ne se ralentissait pas sous les coups, et l'administration ci\ale trouvait qui frapper. Un état des prêtres du canton de Morey, qui n'avaient pas fait la déclaration exigée par la loi du 19 fructidor, signale, dès le 29 octobre 1797 (8 brum. VI), Dom François-Marie Guillot et Dom Convers. Le premier s'exécuta et prêta le serment de haine à la royauté, mais avec restriction, signe d'une conscience scrupuleuse et des débats pendants à ce sujet; comme il ne se trouvait plus en sûreté à Morey, il se réfugie à Xoroy-le-Bourg, chez une tante, le 20 décembre 1798. 11 reprend confiance et célèbre la messe tant en public que pour le curé constitutionnel du lieu. Il s'en excusera en alléguant qu'atteint de surdité il étudiait avec enthousiasme le nouveau système métrique et le propageait parmi les populations ^. Arrêté le 7 iuilletl799» il débarqua le 21 septembre 1799 à l'île de Ré. Dom Convers, qui y avait été" déporté le 1 1 septembre 1798, parvint à s'en échapper, acte d'indépendance inconcevable que ne lui pardonna pas l'Administration, quand le

1. Thomassin, L'abbé Roiiyer. Essai sur la persécution révoî.^ Saiiit-Dié, 1908, p, 417. « Il a laissé dans ses papiers une pièce intitulée : Questions sur le serment exigé des prêtres par Varticle 2à des lois du 19 f'ruct. an 5. C'est une consultation en règle sur le serment de haine admis par D. B. »>

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