Arch. Nat., F
20 avril 1800, dimanche de Quasimodo, le bénédictin célébra la messe à Preig^ney chez le maître de la poste aux chevaux, au milieu d'un grand concours de public heureux de se retremper dans sa foi tradilionnelle. On le fit comparaître, et l'instruction ouverte aboutit à l'arrestation du religieux quelques jours après. 11 ne fut relaxé que le 14 août suivant^ ; la tolérance n'était pas encore entrée dans les mœurs.
Dom Roussel l'avait suivi de près à Tîle de Ré le 11 novembre 1798, en compagnie de Dom Froissardey. Revenu d'émigration, il avait été arrêté à Noroy-le- Bourg, près Vesoul, en même temps que son confrère qui s'y était retiré après avoir exercé les fonctions de ruré de Saint-Marcellin de Besançon jusqu'en 1794. L'indigence des causes portées sur leur arrêté de déportation vaut pour les autres déportés de la Haute-Saône. Celui de Dom Charbonnier, du 31 janvier 1798, ne fut exécuté que le 12 janvier 1799. « Le seul crime qu'on lui faisait était d'avoir dit la messe pendant huit jours ^. » Quant à Dom Pasquier, de Fontenoy-laville, et à «Dom Louis Faivre, ancien procureur de Montier-la-Celle, retiré à Saulx, ils furent envoyés à l'île d'Oléron comme suspects.
Les motifs des arrestations d'ailleurs moins nombreuses dans les départements de la Meurthe et de la Moselle, sont plus légitimes.
Dom Nicolas-Joseph Maire, d'abord curé assermenté de Nance en 1793, avait exercé les fonctions du culte à Lessy. Le 9 octobre 1797, un ordre de déportation est pris contre lui : «il a par des propos... contre-révolutionnaires jeté l'épouvante parmi les habitants de la commune de Lessy, il a annoncé publiquement qu'il cessait ses fonctions pour les reprendre quand il aurait