JENNY
Néanmoins, on a beau, on aura beau médire des femmes et du mariage, — faire des chansons, des plaisanteries, des vaudevilles, — il faut reconnaître avec Cicéron que l'état du mariage est la base et le fondement de la société humaine, que c'est du mariage que sort la famille, et que la famille est la pépinière de la république de la société : Primo societas
in conjugio quod principhim lœlis, semina^ rium reipublicœ.
Avec Montaigne que, « à bien façonner, il n'est point à la société humaine de plus belle pièce que le mariage. »
Avec Charron : « Mariage est un sage marché, de lui est une constance saincte, une convention honorable, une douce société de vie, pleine de constance, de fiance et d'un nombre infini d'utiles et solides oflîces et obligations mutuelles. »
« Emile est homme, dit Jean-Jacques, nous lui avons promis une compagne, il faut la lui donner ; » et, pour éviter une longue énumération de sages, de philosophes, qui veulent le mariage, — nous reviendrons tout à l'heure aux Romains qui n'étaient pas loin de l'exiger.
Arrivons à notre temps. — Proudhon, qui a publié passablement d'énormités, Proudhon qui a vigoureusement houspillé les « émancipées » a dit : «■- Supprimez le mariage, l'autorité paternelle, la famille ; i)lus de société, plus de cité, plus de police, plus de lien social ;
— plus de mariage, proslituiion générale, pornocratie. »
« Le mariage est le sacrement delà justice,
— le mystère vivant de l'harmonie universelle, — la forme donnée par la nature même
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à la religion du genre humain ; — le mariage donne à l'amour la force d'une loi, — à la loi la douceur de Tamour. »
« Nous sommes tous appelés à l'union conjugale. »
Les autres liaisons, les amitiés si franches, si sincères, si vives de la première jeunesse, ne nous accompagnent que jusqu'à des carrefours, où on se sépare pour prendre des routes diverses : — les uns vont au loin essayer la fortune dans d'autres pays, — les autres s'élancent dans des carrières différentes ; — cent autres causes nous séparent : — la fortune pour celui-ci, la pauvreté pour celuilà — car il passe vite cet âge où l'on n'a rien et où l'on partage tant de choses, — les intérêts, les obligations, l'ambition, l'orgueil, la vanité, — cette écume de l'orgueil, — le mariage, une nouvelle famille.
Seule l'union conjugale nous mène jusqu'à la fin ; le mari et la femme sont unis à jamais et ne seront séparés que par la mort ; — ils n'ont, ils n'auront que les mêmes intérêts, les mêmes succès, les mêmes désappointements; — leurs plaisirs seront doublés, leurs chagrins partagés, et quand l'amour se sera transformé, car c'est sa seule chance de durée, en une amitié étroite ; quand à la saison des
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fleurs aura succédé la saison des fi'uiis, — il y aura aussi des fleurs d'automne, — l'amour a ses roses remontantes. Tout cela est incontestable; — mais d'où vient que les philosophes, les écrivains, les moralistes, qui ont le plus éloquemment prêché le mariage comme une nécessité sociale, comme « notre meilleure pièce » en ont en même temps pensé et dit tant de mal.
Le meilleur mariage, dit Jean-Jacques Rousseau, expose à bien des hasards.
« C'est, dit Montaigne, un marché où il n'y a que l'entrée de libre ; il y survient mille fusées étrangères à démesler, suflisantes à rompre le fil et troubler le cours.
» Nous avons pensé attacher plus ferme le lien de nos mariages pour avoir osté tout moyen de les dissoudre ; mais d'autant s'est desprins et relasché le nœud do l'afïection.
» Il est toujours proclive aux femmes de disconvenir à leurs maris, elles saisissent à deux mains toutes les couvertures de leur contraster ; — il faut qu'elles usurpent ou finement, ou fièrement et toujours injurieusement pour lui. »
Caton prétendait que femmes, fils et valets sont autant « d'ennemis pour nous ».
« Le mariage, dit Charron, est une rude et
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dure captivité, on s'attache et on s'assujettit l^ar trop aux humeurs d'autrui. — Si l'on a mal rencontré, on demeure misérable toute sa vie, pour une heure de fol marché, sans malice et par mesgarde ; on est obligé à une peine perpétuelle, — il vaudrait mieux se mettre la corde au col. »
Et Proudhon : — « La femme a tendance constante à rabaisser l'homme, — elle le circonvient, l'enlace, veut en faire son égal, — comprimer toute la hiérarchie conjugale. — Il faut que l'homme se fasse respecter et un peu craindre.
» Jamais de pardon pour les fautes graves.
» Ne te marie pas si tu ne te sens pas une fois plus fort que la femme que tu veux épouser.
« Si elle t'apporte de la fortune, il faut être quatre fois plus fort qu'elle ; — si c'est un bel esprit, une femme à talents, etc., il faut que tu sois sept fois plus fort qu'elle ; — pas de dignité à être contredit, sans quoi le danger arrive imminent de cocuage, ce qui est la dernière des hontes et des misères. »
« On n'a pas encore trouvé, disait Henri Heine, de boussole pour naviguer avec un peu de sécurité sur la haute mer du mariage. »
Saint Jérôme n'admettait le mariage que
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pour procréer dos vierges ({ui no se marieraient pas.
« Dans les mariages do liasard si fréquents à Paris, disait madame de La Fayette, la fidélité des femmes répugne souvent à la nature, à la raison, à la justice. »
« Quand les filles auront passé par le mariage, disait madame de Sévigné, elles verront qu'il n'y a pas de quoi rire. »
Il est une autre femme, dont je ne dirai ici ni le nom, ni le pseudonyme littéraire, et qui s'exprime ainsi : « On a calculé à une vingtaine, sur la totalité — le nombre des mariages qui sont exempts de regrets amers. » Ce dernier bas-bleu, appartenant à une grande famille, aurait pu placer ses regrets amers moins dans son mariage que dans la frasque qui l'avait rompu. Après s'être enfuie avec un pianiste, elle vit son mari et toute sa famille prendre le deuil, les carrosses drapés, etc., comme si elle était morte; quittée par le pianiste, elle n'entra pas en religion comme faisaient autrefois les femmes coupables et surtout quittées, elle entra en feuilleton, prit un nom dhomme à l'exemple de madame Sand, et aux bas bleus ajouta le bonnet rouge.
Il n'y aurait pas assez de papier au monde pour écrire tout le mal que les hommes ont
écrit et dit de tout temps, écrivent et disent aujourd'hui sur les femmes, et celui que les femmes disent sur les hommes et écrivent aujourd'hui plus qu'autrefois — et le plus souvent les hommes et les femmes ont raison — pour le côté que je suis à même de juger. J'ai dit, il y a longtemps : ... Il faudrait...
Pour ne pas les haïr, n'aimer guère les femmes,
car la haine des hommes pour les femmes n'est que de l'amour aigri, — les femmes plus souvent arrivent à haïr sans aucun souvenir d'amour et aj'ant oublié même, comme a dit un moraliste, les faveurs qu'elles ont accordées.
Il semblerait que les deux sexes ne congruent plus, sont fatigués et dégoûtés l'un de l'autre, et qu'il serait temps que Dieu en créât un troisième que les deux autres pussent aimer.
Cependant les choses semblaient autrement mieux et tout à fait bien arrangées dans l'origine et dans des temps antérieurs. — Dieu n'est ni si méchant, ni si injuste, ni si bête que le prétendent certains inventeurs de religions et certains imbéciles qui se disent et parfois se croient athées.
Ne serait-ce pas l'homme lui-même qui, en
cette circonstance comme en tant d'autres, se serait elîbrcé de corrompre, de gâter à plaisir l'œuvre de la Providence et les conditions d'une existence assez supportable qui lui avait été accordée ?
L'homme a un ennemi mortel, implacable; c'est ce même liomme, lui-même, — c'est lui qui passe sa vie à se créer des difficultés, des chagrins et des maux de toutes sortes.
C'est ainsi, pour ne parler que de ce qui fait le sujet de cette conférence, qu'il a corrompu, dégradé le mariage quiest d'institution divine, et qui, selon Montaigne qui ne gâte personne, pas même lui, est la plus belle pièce de notre jeu, — au point d'en faire aujourd'hui un objet d'aversion et de crainte, auquel tant de gens s'efforcent de se dérober par le célibat opiniâtre ou par le divorce.
C'est la femme surtout qui est sortie de son rôle providentiel, presque de son sexe, — et c'est uniquement la faute de l'homme.
Les saint-simoniens, les fouriéristes, sont venus lui prêcher l'indépendance de ses devoirs, la révolte contre sa propre organisation ; — ils ont érigé ses défauts et ses vices en droits et presque en vertus; — ils lui ont fait croire à une inégalité qui n'existe pas ; — au moyen d'arguties qui ont mis, d'autre part,
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le trouble dans la politique et la société, — ils ont fait croire aux femmes comme au peuple que l'égalité consiste à être tous la même chose, — tandis qu'en réalité elle consiste à obtenir le même degré d'excellence dans son rôle particulier. Un bon jardinier est l'égal d'un bon médecin, mais le mauvais médecin n'est pas l'égal d'un bon jardinier, et le jardinier n'est plus rien du tout s'il veut être médecin; de même la femme qui s'acquitte loyalement de son rôle de femme est parfaitement l'égale de son mari, et le mari n'est l'égal de sa femme que si, de son côté, il s'acquitte de son rôle d'homme et de mari ; la mortaise n'est pas inférieure au tenon — ce que nous expliquerons tout à l'heure.
» L'être humain, disait Platon, se compose d'un homme et d'une femme ; — chaque homme, chaque femme n'est qu'une moitié qui doit s' efforcer de se compléter en trouvant son autre moitié. » Si ça n'est pas peut-être tout à fait vrai, ça en a du moins tout à fait l'air, et il faut se rappeler ce que disait Cicéron : « J'aimerais mieux me tromper avec Platon que d'avoir raison contre lui avec le reste du monde : Malo errare cum Platane. »
Les deux moitiés s'étantrencontrées doivent faire cette sorte d'assemblage particulière-
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mont solido que les charpentiers appellent « à tenon et à mortaise », c'est-à-dire l'une des deux i)ièces présentant des 7nortaises, des échancrures, auxquelles doivent s'ajuster les tenons de l'autre pièce.
La femme est miturellement tout mortaise; — corps, esprit, instincts, mœurs, idées, habiludes, — tout en elle doit être féminin, tout mortaises prêtes à recevoir les tenions de l'homme chez lequel tout doit être mâle et tenon ; — alors les deux moitiés sont assemblées, réunies, collées, soudées ensemble, et ne forment qu'un tout : l'être humain. — Mais si les deux moitiés sont également taillées à tenons, ou toutes les deux à mortaises, — il peut y avoir rapprochement momentané, mais jamais assemblage, jamais réunion complète et solide.
Les prédications saint-simoniennes, les idées fouriéristes, les rêves icariens, beaucoup de romans, — quelques pièces de théâtre ont persuadé à un grand nombre de femmes qu'elles étaient opprimées, victimes, qu'elles étaient injustement condamnées à être mortaises, — qu'elles avaient droit aux tenons, comme les hommes.
Toute une tribu de bas-bleus, généralement hors d'âge, hors de sexe, a développé, exa-
géré, exaspéré, cette thèse ; — quelques hommes de peu de tenons se sont enrôlés clans cette tribu, — et nous avons vu s'élever un troisième sexe, qui n'avait, tant s'en faut, ni la force de l'un ni les charmes de l'autre, ni hommes ni femmes, de ridicules hermaphrodites, les hommesses, les femmes à barbe.
Où ai-jelu ces mots qui peignent si bien un ménage ? « L'homme commande pour servir — la femme obéit pour régner ».
J'ajouterai la femme étant faible :
Sa seule ressource est, puisqu'il faut obéir, De se faire ordonner ce qui lui l'ait plaisir.
J'ai VU autrefois dans les rues de Paris un modèle d'égalité entre les deux sexes.
C'estdutempsque les Parisiens buvaient l'eau de la Seine, si pure, si limpide, si savoureuse même pour les délicats, que l'empereur Julien comptait pour une raison de demeurer à Lw^èce, le plaisir de boire cette eau. — Aujourd'hui, de progrès en progrès, la Seine, est devenue un égout, un cloaque, où les poissons meurent asphyxiés. Au temps dont je parle, il y avait des marchands d'eau, — des « porteurs d'eau », — généralement des Auvergnats ou des Savoyards qui commençaient par aller à la rivière ou aux fontaines publiques remplir
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deux seaux qu'ils promenaient dans les rues, en criant : « A l'eau, v"la l'porteur d'eau ! » et qu'ils montaient aux gens quiles appelaient par la fenêtre, parfois au cinquième étage, pour le prix fixé de deux sous. — Après quelque temps de ce métier laborieux, le porteur d'eau se mariait, achetait un petit tonneau avec lequel il voiturait l'eau ; lui était dans les brancards, la femme s'attelait de côté au moyen d'une sangle, — et traînait sa part du fardeau, mais seulement sa part ; — ce n'est que plus tard que le couple achetait un grand tonneau et un cheval ;— alors la femme ne sortait pas, elle avait de la besogne à la maison : les enfants, la cuisine, le blanchissage, le raccommodage, etc. — L'homme seul parcourait les rues en criant sa marchandise avec un cri particulier, personnel, enseigne, propriété, — pour s'annoncer à ses clients, si bien que, lorsqut? le ménage ayant acheté un petit coin de terre dans son pays, s'en allait le cultiver « après fortune faite » ; le porteur d'eau vendait son tonneau, son cheval et son cri.
Cette femme-là était l'égale de son mari — et exerçait même des fonctions supérieures, parce que, généralement, ne sachant lire ni l'un ni l'autre, — la femme, comme toutes les
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autres femmes, est mieux douée que l'homme, a des facultés innées, intuitives, — qui lui font tout deviner; par quoi la Providence l'a dispensée de s'instruire, car elle ne se trompe guère quand elle obéit à son instinct, mais seulement quand elle réfléchit.
Autrement est l'égale de son mari, la femme du porteur d'eau, que telle autre qui
Du mari, Des enfants, du foyer ne prenant nul souci, Ne s'inquiétant pas si, pour parer l'idole. Le pauvre époux travaille, emprunte, joue... ou vole
A, le code à la main, droit d'être entretenue.
11 est bien difficile de porter un jugement sur les femmes. Notre opinion dépend presque entièrement de nos sensations, de notre impression du moment.
L'amour qu'on éprouve est tout en soi, la personne aimée n'est qu'un prétexte.
Proudhon, qui, dans son livre curieux et le plus souvent très sensé, la Pornocratie, rend sans cesse hommage à la beauté des femmes, ne leur accorde guère que cela. « La beauté, dit-il, mot par lequel je résume toutes les prérogatives de la femme. »
Mais, plus vieux, il a laissé des notes indiquant des corrections pour ses ouvrages. On
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y lit : « Avoir bien soin de condamner ce que j'ai écrit sur la beauté des femmes. »
Il y a quelque chose qu'exerce souvent la beauté, mais qu'elle ne suffit pas toujours pour exercer, — et que certaines femmes possèdent, au grand scandale de femmes qui ne peuvent le comprendre, certaines femmes qui n'ont ni la régularité des traits, ni la pureté des lignes, ni l'éclat du teint, et excitent des passions, c'est le charme.
Il y a la beauté qui se prouve — par le détail des traits, des lignes, du teint, etc.
Mais il y a la beauté qui s'éprouve : — c'est le charme, et celle-là est toute-puissante.
La plupart des hommes mariés sont cocus, parce qu'ils ont voulu être cocus, — parce qu'ils n'ont rien négligé, parce qu'ils ont tout fait pour arriver à ce résultat.
Jetons un moment les yeux sur un mariage sensé, heureux, honorable.
Deux ménages sont voisins de campagne, ils vivent soit d'un petit revenu, soit de l'exploitation d'un petit bien ; un des deux ménages a un garçon — l'autre une fille. Les premiers sont un peu plus âgés que leurs voisins, et leur fils a huit ans de plus que la fille des autres ; — ils ont occasion de se rendre souvent de petits services, — parfois
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peut-être quelque service plus important. Ils savent réciproquement la situation les affaires les uns des autres, ils n'essayeront pas de se jeter delà poudre aux yeux et d'ailleurs ils n'y réussiraient pas ; — la fille ne suivra à la ville aucun cours à la mode ; elle ne sortira de la maison de sa mère que pour entrer dans la maison de son mari; — elleappi-end ce que sait sa mère ; — lire, écrire, compter, — les travaux et les soins du ménage ; — elle fait elle-même tous ses vêtements et saura comme sa mère faire ceux de ses enfants ; elle préside aux lessives, aux raccommodages, à la cuisine, si on a une servante ; elle fait le tout elle-même, si on n'a pas de servante. L'autre maîtresse de maison est un peu plus instruite que sa voisine, — elle joue un petit peu d'un vieux clavecin, — elle enseignera h la fille le petit peu qu'elle sait ; — ni la maîtresse ni l'élève n'ont, n'auront ce qu'on appelle des « doigts » pour exécuter des tours de force ou de cette musique « difficile » dont Grétry disait: «Je voudrais qu'elle fût un peu plus difficile, parce qu'alors elle serait imjDossible. »
Mais toutes deux lisent la musique facilement comme elles lisent un livre, — et c'est un grand charme dans la maison ; — que la
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jouno fiUo aif une Jolio voix, d'un timl)ro liarmoiiioux : — cela suilil.
Le père du garçon a été soldat, le père delà fille a toujours été cultivateur; — le garçon trouve auprès de lui des leçons plus avancées que ne pourrait lui en donner son père.
Les deux jeunes gens sont élevés ensemble ; — plus âgé, plus vigoureux, plus résolu, — le garçon a plus d'une fois protégé la fille ; — la vie de la campagne, outre des travaux attrayants, «leur ofïre des fêtes charmantes, les semailles, le foin, le blé, — toutes les récoltes, la floraison de l'aubépine et du lilas, — les premiers bluets dans les blés, — la naissance d'une génisse ou de deux chevreaux ; des repas sur l'herbe à l'ombre des grands arbres. Mais le garçon a dû quitter la maison, pour faire son service militaire ; pendant trois ans il n'est venu que deux fois revoir ses parents et leurs voisins ; mais, pendant ce temps, sa mère a été une seconde mère pour l'enfant qu'elle veut voir un jour sa fille; elle a, de concert avec l'autre mère, cultivé les heureuses dispositions, corrigé, amendé sa future bru.
Quand le garçon revient du service, il la trouve embellie, un peu plus modeste, un peu plus timide à « l'aurore de l'amour ». Quant à lui, sa future belle-mère pense bien que,
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pendant son absence, le jeune soldat a dû « jeter sa gourme » ; elle hausserait les épaules si la voisine lui disait : « Le voici pur et vierge comme votre fille. »
De retour, il se remet au travail avec plus d'ardeur, parce qu'on lui a dit : « On vous mariera quand tu seras en état de nourrir une femme. » Enfin on les marie, la jeune fille est sérieuse et recueillie, elle sait que c'est « fini de rire », qu'il ne s'agit plus de s'amuser, mais d'entrer dans une vie de devoirs et de travail ; — qu'il s'agit d'être heureuse et de rendre heureux un mari et bientôt des enfants; — elle sait qu'un joli visage une taille souple et élégante ont sutïi pour rendre son jeune voisin amoureux d'elle ; mais que ces attraits iront diminuant, — qu'il faut travailler à mériter l'amitié qui succédera à l'amour, sans cependant le mettre entièrement dehors — et qui les mènera doucement jusqu'au bout.
Cette pensée me rappelle un des plus charmants dessins de Gavarni.
Un bon vieux, une bonne vieille sont tout près l'un de l'autre, assis sur un banc, les pieds au soleil, la tête à l'ombre d'un tilleul. — Un jeune homme et une jeune fille, se tenant par le bras, deux amoureux, parlent
devant eux et les regardent en souriant.
Le bon vieux dit à la bonne vieille :
« Ils se moquent de nous parce que nous nous sommes tenus ce qu'ils se promettent. »
Ce n'est pas ainsi que les choses se passent surtout aujourd'hui.
Ce n'est pas chez des voisins qu'on peut trouver un mari pour sa fille, une femme pour son fils. — Comme la vie est devenue « chère », à cause des impôts toujours croissants, mais aussi et surtout à cause de la vanité qui fait que chacun se déguise en plus riche qu'il n'est, — on fait comme les candidats à la députation qui vont se présenter le plus loin possible des lieux où ils sont nés, où ils ont vécu — où on connaît leurs familles et eux-mêmes, leurs antécédents et leur « petite vie » ; la condition légale du mariage : un homme doit nourrir et habiller sa femme, est devenue fort difficile.
Le bonheur légitime est si cher aujourd'hui Qu'on n'ose plus aimer que la femme d'autrui, Et, pour peu qu'unjeune homme ait d'ordre et de conduite, Au banquet de l'amour, il vit en parasite.
L'homme en général, de tout temps, s'est marié pour rentrer dans la maison après une ou deux campagnes dehors; — la jeune fille
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veut se marier pour sortir de la maison. — Comment marchera une charrette attelée ainsi en deux sens inverses?
Quant à « la maison », ça n'existe i)lus — c'était autrefois un asile calme et paisible, — vie à l'abri des soucis, des ennuis, des querelles, des dissentiments, etc. — L'homme était roi au milieu d'une famille respectueuse, soumise et tendre ; — la femme en était la reine et la gouvernante, ce qui était une sérieuse et importante occupation.
En effet, — dans la vie naturelle et sauvage,
— le mari court les forêts et rapporte sa chasse ;
— la femme fait rôtir le gibier et coud des vêtements avec les peaux des bêtes tuées par lui.
Quelques proverbes russes :
« Le maître de la plus petite maison y est ce qu'est le khan en Tartarie.
» Avec une bonne femme, chagrin, demichagrin ; — joie, double joie.
» Allant à la guerre, fais une prière ; allant sur mer, fais-en deux : en te mariant, fais-en trois.
» Le chemin de la femme, depuis le poêle jus(ju'au seuil.
» Le maître de la maison doit sentir le vent, la femme doit avoir une odeur de fumée.
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» La bonne renommée de la femme dort deri'ière le poêle.
» Telle est la maîtresse de la maison, telle est la soupe. »
Le besoin de luxe, de distraction, de plaisir et d'amusements coûteux est devenu une fureur, surtout dans les capitales ; — il ne sullit pas de s'amuser, on veut être vue, admirée, enviée, s'amusant à des amusements qui coûtent beaucoup d'argent. — Le mari et la femme s'ennuient l'un de l'autre, — il faut qu'on soit chez les autres ou qu'on voie les autres chez soi. — Jamais on n'a consacré tant d'argent à son loyer ; — parfois la location d'un quatrième étage à Paris, dans un quartier à lârmode, coûte ce que coûtait autrefois l'achat d'une maison ; jamais on n'a dépensé autant d'argent pour acheter, renouveler, changer ses meubles ; — on remplit ses appartements de joujoux ruineux, — et, en même temps, jamais on n'est moins resté chez soi.
L'hiver à Nice et à Monaco, — : l'été aux bains de mer, — et là on fait assaut de toilette, non pas avec les « femmes honnêtes » dont on a la prétention de faire partie, mais avec les filles, les horizontales, les im[»ures, comme on disait autrefois, et par lesquelles on est vain-
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eue, parce qu'elles ruinent le public, — et que vous ne pouvez ruiner que votre mari, — déjà souvent à moitié ruiné par elles, et bientôt aussi un amant.
Mari et amant que, vu ce besoin etfréné do luxe et cette soif d'argent, vous ne pouvez plus choisir entre les plus beaux, les plus braves, les plus spirituels, les plus honnêtes, mais entre les plus riches, — ce qui constitue une double prostitution ; — si bien que, pour le plaisir, pour le « cœur », il est presque indispensable d'ajouter un troisième participant. — Celui-là on peut le changer à mesure qu'il vit d'amour.
Le célibataire ne peut pas non plus choisir sa femme parmi les plus belles, les plus spirituelles, les plus modestes, les plus chastes ; — il faut qu'il la choisisse parmi les plus riches.
— Ah ! mademoiselle, comment vous exprimer la passion, que vous avez allumée dans mon cœur ; — ce n'est pas une flamme, c'est un incendie. Il me semble que je mourrais de volupté rien qu'en baisant un de vos petits ongles roses.
— Monsieur, vous ne me déplaisez pas — et il dépend de vous de baiser tous mes ongles et le reste, d'avoir à vous « ma main * et ce qui
LES liKTF.S A lîoN DIEU 255
s*en?^iiit ; mais jo a-oux être habillée chez le couturier à la mode — passer l'hiver à Nice, l'été à Trouville, — avoir trois voitures et six chevaux.
— Comment donc !
— Alors demandez « ma main » à mon père.
— Avec empressement. Mais je voudrais auparavant savoir combien me donnera le papa pour que je couche avec vous.
Les maris ne font à Nice, et surtout aux bains de mer, que des apparitions ; — ils passent leurs soirées et une partie des nuiis au cercle, au jeu ; — une partie des journées aux courses, aux réunions politiques; — à la Bourse, etc.
Au cercle, moyennant quelques centaines de francs, ils jouissent d'un luxe que le plus souvent ils ne peuvent trouver chez eux : — vastes et riches appartements, domestiques nombreux, galonnés, avec des chaînes d'argent, nourriture recherchée, etc. 4
Si bien que, lorsque par hasard ils restent chez eux, ils trouvent leur maison pauvre, triste, ennuj'euse, — et leur femme très inférieure aux filles qu'ils n'entretiennent qu'en l»artie comme au cercle, et qui étalent un luxe payé par tous, dont leurs femmes ne peuvent guère approcher.
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La femmo s'eniiiiie dans sa maison froide et déserte — et n'y rentre que pour changer de toilette ; elle ignore qu'une femme dans le salon d'autrui n'est qu'une fleur dans un bouquet, et que dans sa maison, — du temps qu'il Y avait une maison, — elle était le bouquet tout entier.
Et cependant la Providence ne leur a pas ménagé la besogne dans la maison; — la maison où elles sont souveraines et dont elles peuvent être elles-mêmes la j^rovidence — au lieu d'en être le fléau et la ruine.
Autre proverbe russe :
« La femme peut éparpiller et perdre avec sa manche plus que l'homme ne peut apporter avec sa charrette. »
Mais chaque homme trouve son compte à ce que les femmes des autres mènent cette vie désordonnée, et s'enlèA'e ainsi le droit et le pouvoir d'y mettre ordre chez lui; — d'abord, pour faire demeurer sa femme à la maison, il faudrait y rester avec elle, et il aime mieux lui permettre d'avoir ses « amis » particuliers à elle.
L'amitié d'une femme est une étape vulgaire, banale, que presque toutes imposent à leurs soupirants, très momentanément, le temps de reprendre haleine un moment avant l'assaut.
LES UKTES A lîM.N i)li:u 257
— Ne me parlez pas d'amour, dit une femme en minaudant, contentez-vous d'être mon ami.
— Madame, répondit un jour à cette proposition un homme que je né nommerai pas,
— vous êtes très jolie, élégante, souple ; vous jiaraissez bien faite ; vous avez de beaux cheveux, que je suppose tous à vous, de grands yeux de velours, etc. ; — vous avez des pieds petits et cambrés; — c'est plus qu'il n'en faut pour me faire vivement délirer d'être votre amant; — mais, quant à être votre ami, c'est une autre affaire. — C'est plus difficile et je ne vous connaispasassez i)0ur dire si ça me sera possible: — en tous cas, il faudrait toujours passer par l'amour.
L'amitié que les femmes offrent si volontiers avant un autre sentiment, — n'est qu'un apéritif avant le repas; elles seraient bien scandalisées si on l'acceptait sans marchander;
— mais si elles ne sont pas décidées au festin complet, qu'elles se défient.
En réalité, les femmes sont aujourd'hui livrées au pillage, — abandonnées aux plus mauvais instincts, — aux plus dangereuses tentations; — rien ne les défend, les maris voudraient bien encore qu'elles aient un peu de religion; — mais ils affectent de n'en avoir
253 LES UÈTE:? A U 0 .N DiEU
Gux-mêmes aucune, en qualité d'hommes forts
— et ne se gênent pas pour tourner toute dévotion en ridicule.
Les théories nouvelles, les thèses sur la liberté, l'égalité, l'émancipation de la femme détruisent la maison, la famille, la société, — et la femme elle-même. « La femme, disait Lamennais, est un papillon brillant auquel des escargots philosophes persuadent de se faire chenille. » — Vous entendez des femmes « honnêtes » (l'épithète « honnêtes » est souvent une simple question de position et de fortune, sans rien préjuger de l'honnêteté) pousser la revendication de l'égalité jusqu'à prétendre que l'adultère de la femme n'est pas plus criminel que l'adultère du -mari.
Il est étrange qu'on doive répondre à cette monstrueuse prétention.
Répondons-y. Disons d'abord incidemment que, si toutes les femmes voulaient se contenter d'un seul homme, tousleshommes seraient bien forcés de se contenter d'une seule femme, que l'acte d'introduire dans le mariage un enfant fait par un autre que le mari est le plus grand crime contre la famille et la société ;
— le doute seulement inflige à l'homme le supplice le plus cruel qu'on puisse imaginer :
— regarder la frêle créature — à laquelle
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peut-è(re on doit amour, protection et dévouement — et que, par moments, on a envie d'écraser contre la muraille, — cet enfant, signe de votre déshonneur, — qui vient dépouiller des biens que vous avez péniblement acquis pour eux les enfants dont vous êtes le père. — Mais en êtes-vous le père? — La femme qui vous a « trompé » cette fois — ne peutelle vous avoir trompé auparavant? — Cette torture est telle pour l'homme que la loi excuse, en beaucoup de cas, le meurtre de la femme adultère, estimant que le mari n'est pas responsable, devenu subitement fou par une juste colère.
Certes, il vaudrait mieux cent fois que la fidélité conjugale fût gardée par les deux époux; disons cependant que la jalousie de la femme souvent est moins de l'amour blessé que de la haine contre la rivale victorieuse.
A l'homme, la chasteté de la femme est due bien plus qu'à la femme la fidélité du mari.
L'homme doit tout donner à sa femme, — le fruit de son labeur; — il doit la nourrir, la vêtir, la protéger, au besoin se battre et se faire tuer pour elle ; il doit lui donner ou lui faire un nom honorable et honoré, •- il le lui confie, et elle le traîne dans dans la boue — et en échange, il ne lui demande que la chasteté
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et la sécurité de pouvoir aimer et caresser ses enfants. Lliomme coupable d'adultère a encore un honneur, la femme n'en a plus et tombe au-dessous des plus viles courtisanes.
C'est cependant une grande bizarrerie que les hommes aient placé là leur « honneur. »
Il est bien difficile, disait Publius Syrus, de conserver quelque chose dont beaucoup de gens ont envie.
Difficile est S8i~care qiiod multis x^lacet.
« Celui, dit saint François de Sales, qui regarde avec complaisance et loue ce qu'il ne peut acheter, a bientôt envie de le voler. »
Eh bien, les maris mènent leurs femmes au théâtre, où elles prétendent non pas voir, mais être le spectacle, ils les mènent dans le monde,
Où les femmes se montrent nuçs, Sous prétexte de s'habiller.
C'est dire aux hommes auxquels il les conduisent demi-nues et provocantes :
— Voici que je t'amène ma femme à moitié nue, tu peux juger de la blancheur, de la finesse, de la douceur, du velouté de sa peau ; tu vois un peu plus de la moitié de sa gorge, ses épaules et son dos ; — il faudrait être
peu maliji pour ne pas juger du reste. — Eh bien 1 je ie l'amène et je te la parie contre la tienne ; mets là en jeu aussi loyalement nue.
Chose bizarre ! tel homme qui, s'il a d'avenlure un billet de cinq cents francs, en prend jilus (le soins inquiets que de cela, où il a mis riionneur de sa femme et son propre honneur.
Chose plus bizarre encore : avoir mis là son honneur !
Le billet de cinq cents francs, il l'enfeTme dans nne caisse, dans un cofFre-fort en acier, à trois serrures, — avec combinaisons secrètes. Il ne lui viendrait jamais à la pensée de le serrer dans nne boîte fragile sans verrous, ou dont tous les hommes ont la clef.
Je ne comprends pas que, parmi les députés, dont la plupart sont mariés, il ne s'en soit pas encore présenté un pour demander une loi contre les célibataires, ces braconniers du mariage; — ceux-ci dans le monde font des ravages faciles, sans crainte de représailles, sans redouter le talion.
Corrwnpit aine talione, Martial, co'lebs.
Ils vivent plus commodément et i)lus riches seuls qu'avec la charge d'une famille et ont à peu de frais un harem composé des femmes de leurs amis.
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L'amitié est un grand chemin sur lequel on détrousse les hommes et où on trousse les femmes.
Tout célibataire condamne une fille au célibat et plusieurs maris au cocuage.
Ne permettez pas le célibat, dit Cicéron : Cœlibes est pi^ohibendi.
Chez presque tous les peuples de l'antiquité, les célibataires étaient notés d'infamie ou assujettis à des impôts humiliants; les femmes de Sparte saisissaient le célibataire, le traînaient nu dans le temple d'Hercule et le fessaient vigoureusement. Ne serait-il pas juste, en effet, de contraindre tout homme célibataire opiniâtre à trente-cinq ans, — sauf la seule exception d'indigence, à payer l'entretien d'une femme qu'il vole et celui d'un enfant qu'il ne donne pas au pays ou qu'il inflige à un autre.
Et les pauvres maris assez bètes pour les admettre chez eux, comment pourraient-ils se défendre ?
Le célibataire se présente paré, frisé, parfumé, ne reste qu'une heure et demie en représentation, tandis que le mari, qui sue sang et eau pour entretenir son ménage et payer les toilettes de sa femme, obligé cependant de prêcher certaines économies, est traité d'af-
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freux avare, le célibataire, avec quelques cornets de bonbons, quelques bouquets, quelques louis à la femme de chambre, passe pour le plus généreux des hommes.
Il serait si heureux de pouvoir ofïrir des diamants ! mais on éveillerait la jalousie du mari et des autres femmes, il s'en prive pour ne pas la compromettre. Il a monté trois chevaux ce matin, il quitte à regret pour aller dîner chez le ministre ou chez la petite duchesse; ça l'ennuie bien, mais il y a des nécessités de position, — puis il ira diner à dit-huit sous.
Le mari on le voit le matin, le soir, en bonnet de coton, les cheveux ébourifles; il ne peut faire de mensonges, on sait bien qu'il n'a pas de cheval, et d'ailleurs, il n'est pas cavalier; — on sait qu'il ne connaît ni ministre, ni petite duchesse. Cette abstention de défense, cette tolérance des célibataires, leur admission dans la maison, ne peuvent s'expliquer que par une entière résignation au cocuage.
Dieu avait créé l'homme ; — quelques sages un peu fous ont prétendu que la femme n'avait pas d'àme, d"autres qu'elle n'appartenait pas à la race humaine, — d'autres que Dieu ne la créa que par hasard et après coup. — Saint Hiérôme annonce, dans sa préface sur le pro-
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pliète Osée, qu'aucune femme ne ressuscitera dans son sexe ; que, dans la vie éternelle, les femmes seront changées en hommes. Saint Mathieu (XXII) dit : « Dans la vie éternelle, il n'y aura plus d'hommes qui épouseront des femmes, ni des femmes qui épouseront des hommes ». Selon ces grands saints la femme ne serait qu'une épreuve, une tentation que nous aurions à subir, à traverser pendant notre vie terrestre.
Scot, qui est de la même opinion, — excepte cependant la vierge Marie comme mère du Christ.
En réalité, Dieu a créé l'homme et la femme, c'est-à-dire l'être humain complet, il a créé l'amour et le mariage; — en laissant de côté l'objection du rabbin Éliézer qui ferait d'Adam le premier mari trompé, — ce qui rendrait le cocuage originel comme le péché, nous trouvons déjà dans saint Ambroise (Livre de la Virginité) une mention qui ferait remonter le cocuage très haut, et démontre que ce bienheureux l'admettait dans certains cas après avoir conseillé de ne pas trop s'attacher à la beauté- dans le choix d'une femme, il cite cependant l'exemple d'Abraham qui s'en trouva bien « la beauté de Sarah, dit saint Ambroise, bien loin de nuire à Abraham, lorsqu'il des-
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coiuUtoii Egypte lui procura de grands avaiitaiies et lui fit rendre de grands honneurs », en etïet, de là dans la bible (Genèse XII — 12 et suivants.) « Les Égyptiens admiraient Sarah (|ui était d'une grande beauté ; ils en parlèrent au Pharaon qui la fit enlever et la garda chez lui. — Or il eu usa très bien avec Abraham, à ce sujet, et il lui donna en quantité des moutons, des bœufs, des ânes, des chameaux, et des esclaves des deux sexes. »
Cet exemple vient à Tappui de cette assertion que c'est l'homme qui a créé le cocuage ; — comme Pharaon le reprocha en s'excusant à Abraham qui lui avait fait croire que Sarah n'était que sa sœur; — on peut dire que c'est l'homme qui a créé le cocuage, qui l'a cultivé, étendu, perfectionné jusqu'au point où nous le voyons aujourd'hui. — Aussi, quelque colère que puisse ressentir un mari trompé, à quelque désespoir qu'il puisse se livrer, il n'est personne qui se prive d'en rire, parce qu'il ne souffre que de ce qu'il a préparé et de ce qu'il a fait ; — ce ne sont pas les femmes, ce ne sont pas les amants qui font les cocus, ce sont les maris eux-mêmes.
Aujourd'hui, nous ne parlerons pas politique, — à vrai dire, j'en suis fort dégoûté.
Il y a plus d'un demi-siècle que je ramasse et amoncelle des notes et des « documents » pour un gros livre que je ne ferai probablement jamais, et qui serait cependant curieux et intéressant ; — mais il faudrait qu'il se trouv<ât un libraire hardi qui vînt me le demander à Saint-Raphaël, décidé à accepter certaines conditions.
Dictionnawe de la sottise humaine^ Recueil par ordre alphabétiques de toutes les sottises, et les bêtises, les mensonges, de toutes les bourdes, hâbleries, billevesées, jongleries, sornettes, préjugés, prodiges, tours de gobe-
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let, escobarderies, eic, en histoire, en philosophie, en politique, en religion, en histoire naturelle, en sciences, en littérature, en arts, en morale, en médecine, etc., etc.
Que les hommes ont accepté, cru, admiré, aimé, soutenu, glorifié, imposé, déifié, etc.
El par Tordre alphabétique et par la grosseur de la bêtise, l'athéisme est un des premiers sujets que j'aurais à traiter, non que cette bêtise m'inspire beaucoup de haine et de colère ; si c'est la plus bètes des bêtises humaines, c'avait été en même temps jusqu'ici la plus innocente de celle que les hommes ont imaginées sous prétexte de religion.
Plutarque disait : «J'aime mieux qu'un dise que Plutarque n'existe pas, que de dire : Plutarque est t^rannique, injuste, et cruel, etc. »
Et moi aussi, j'aimais mieux les athées que ceux qui ont prêté à Dieu leurs vices, leur méchanceté, leur cruauté, ou ont voulu faire de l'être suprême le ministre de leus haines, de leur ambition, de leur avidité, de leur orgueil. Car, dit saint François dé Sales, on peut être dévot et être, en même temps, très méchant.
Mais il était réservé à notre époque de progrès d'inventer l'athéisme absolu, persécu-
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leur, — de faire do ratliéisme une sorte de l'eligion d'État obligatoire, ayant ses dogmes, ses rites et surtout son intolérance, — enlevant de force les religieuses aux malades et aux médecins qui les réclament, — arrachant aux parents le corps de leurs morts, pour les empêcher de les porter à l'église ; l'athéisme a aujourd'hui non seulement ses jésuites, ses Escobar, mais aussi ses Torquemada, tue les prêtres, et, à l'occasion, il essaye quelques petites dragonnades, en attendant les autodafés.
Il y a plusieurs sortes d'athées, — peut-être n'y a-t-il pas devrais athées, — mais, en tout cas, il n'existe i)lusieurs variétés de soi-disant athées qui sont tombés dans cette bêtise pour des causes ditférentes.
Un roi disait un jour à un philosophe : « Croyez-vous en Dieu ? — Oui , certes, répondit le philosophe, j'ai besoin de croire qu'il y a quelqu'un ou quch^ue chose au-dessus des rois et plus fort qu'eux. »
11 y a des gens qui, en faisant l'examen de leur conscience, sont si intéressés à ce qu'il n'y ait pas de Dieu, qu'ils font des efforts incroyables pour se le persuader à eux-mêmes ; c'est la même espèce que celle des voleurs, escarpes, malfaiteurs de tout genre, qui vou-
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(iraient bien qu'il n'y eût nipiisons, ni juges, ni commissaires, ni gendarmes, tâchent de n'y plus trop penser et demandent au vin et à l'ab sintlie l'oubli ou la distration de ces inconvénients.
L'athée se recrute surtout i)armi les vaniteux — qui croient avoir l'air forts et exciter l'admiration en se montrant exempts des « préjugés », des croyances, des craintes et des autres hommes.
Il y a quelque temps, comme je revenais à Saint-Raphaël d'un petit voyage et savourais le plaisir de rentrer chez moi, le plus vrai, le seul peut-être que m'aient jamais donné les voyages, je me trouvai dans un compartiment de "wagon à peu près plein ; — j'avais en face de moi, à une portière, un homme aux cheveux grisonnants, habillé comme tout le monde, sauf une trop grosse chaîne d'or au gilet et une trop belle épingle à la cravate ;
— il paraissait vouloir entrer en conversation, et je ne m'y prêtais pas, préoccupé de la pensée de revoir tout à l'heure mes enfants et petits-enfants; il ramassa et me remit poliment un journal que j'avais laissé tomber,
— exprima l'opinion qu'il faisait beau temps, moins beau cependant que la veille, mais qu'un peu de pluie serait favorable aux «biens de la
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terre » ; il me dit qu'il était médecin et chimiste, puis il manifesta une vive admiration pour le paysage que nous traversions et s'écria: « Ahl la nature 1 que c'est beau, la nature ! Je dis la nature, ajouta-t-il en promenant autour de lui un regand satisfait, car, grâce aux progrès de la science, nous sommes aujourd'hui débarrassés du nommé Dieu. Je pense, ajouta-t-il, qu'un homme aussi éclairé que vous est de mon avis.
— Votre avis, lui dis-je, me semble consister à appeler Dieu la nature, et je crois bien que ça lui est égal,
— Non, monsieur, je ne crois pas en Dieu, je suis athée.
— Je vous prie de croire à ma commisération.
— Si vous paraissiez plus disposé à causer pour abréger le voyage que vous ne paraissez l'être, je vous prouverais...
— Monsieur, repris-je, une longue expérience m'a appris que sur ce sujet on n'a jamais dit et on ne dira jamais que des sottises, — c'est pourquoi je n'en parle jamais et n'en écoute parler que le moins possible.
Et je me remis à lire le journal, du moins à le remettre devant mes yeux.
Mon homme s'adressa alors à nos compa-
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gnons de route, et un seul consentit à discuter avec lui. Nous ne tardâmes pas à arriver à Saint-Raphaël, et comme je descendais de wagon, Talhée me tendit obligeamment un paquet qui composait mon bagage et me dit :
— Au revoir, monsieur.
— Adieu, monsieur, repris-je, bon voyage, et que Dieu vous bénisse !
J'en ai connu un autre, et je l'ai connu davantage ; c'était un homme de très petite taille — et, comme beaucoup de ces petits hommes, il affichait de grandes prétentions à la vigueur ; — tout, dans sa phj^sionomie, dans ses attitudes, dans le son de sa voix semblait dire : « Je suis petit, mais fort, mais terrible. » S'il vous tendait la main, il serrait la vôtre avec un effort qui partait de tous ses muscles à la fois, et quelqu'un qui lui aurait dit : — Vous me faites mal^ aurait pu lui emprunter de l'argent, tant il aurait éprouvé de satisfaction. Il fronçait volontiers ses petits sourcils, en disant : « Ce n'est pas parce que je suis petit qu'on m'en fera accroire ». Naturellement il se déclarait républicain du rouge le plus vif, libre penseur et athée.
Il permettait à sa femme et à sa fille d'aller à la messe le dimanche, haussait ses petites épaules et lançait quebjiue sarcasme à leur
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départ et à leur retour; — pour lui, il allait le plus souvent se montrer sur la place de l'église, à la sortie des <■- fidèles », fumant une très grosse pipe et souriant dédaigneusement.
Il serait dilHcile de dire pourquoi les soidisant athées se font gloire de braver, de provoquer un Dieu qui, selon eux, n'existe pas, et ce qu'ils y trouvent de brave. Peut-être ne sont-ils pas tout à fait sûrs, — c'était du moins le cas de notre petit homme.
Je me rappelle un proverbe latin : « L'athée, il suffit de la piqûre d'une puce pour lui faire invoquer les dieux. PuUcis morsu, deos invocat. »
Plus d'une fois, lorsqu'il avait appris la mort de quelque connaissance ou de quelque voisin et qu'il avait été convié à l'enterrement, — il accompagnait le mort jusqu'à la porte de l'église, l'attendait dehors et se remettait dans le cortège jusqu'au cimetière — il ne comprenait pas qu'on se fit porter à l'église, et annonçait à sa famille que lorsqu'il ne serait plus il proscrivait toute cérémonie religieuse, et surtout défendait qu'on laissât ijénétrer jusqu'à lui aucun « calotin ».
Il tomba malade ; sa maladie eut plusieurs phases; deux ou trois fois, on put espérer la guérison, puis il retombait dans un danger réel ; — quand il allait mieux, lorsque le
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médecin, annonçait un progrès dans la guérison, il disait:
— Je vois la mort sans la craindre, je vais mourir comme j'ai vécu, bravant les superstitions du vulgaire ; qu'on ne me parle pas de prêtre.
Mais quand survenait une rechute qui inquiétait le médecin et sa famille, il ne disait pLus rien, — et il n'était pas difficile de voir qu'il était en proie à de terribles anxiétés ; — la vérité est qu'il avait été élevé chrétiennement, et que beaucoup d'idées et de sentiments se réveillaient en lui, — mais aussi des craintes et même des terreurs.
11 se contenait le jour ; mais la nuit, quand il croyait n'être pas vu, il était agité cruellement ; sa femme et sa fille se désespéraient, — non pas seulement de la lutte morale qui torturait le malade et qu'elles ne voyaient peutêtre pas, mais de son refus de voir un prêtre et de se soumettre aux pratiques usitées, refus qui, d'après leurs idées, le condamnait irrémissiblement à la damnation et à l'enfer ; — elles n'osaient plus lui en parler dans la crainte d'exciter des blasphèmes.
J'allais le voir quelquefois, sur sa demande ; au fond, il était un peu comme les enfants, qui ne veulent pas sortir seuls dans la nuit, —
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et c'est une nuit bien sombre que celle qu'il avait devant lui.
Un matin, après une mauvaise nuit, —je le trouvai silencieux, — les yeux fixes, — comme cherchant à voir plus loin : sa perplexité douloureuse était visible.
— Cher monsieur, lui dis-je, je vous connais déjà depuis longtemps et j'ai pu apprécier votre énergie ; — vous êtes un homme fort, vraiment fort, — non pas de ceux qui font parade d'une fermeté qu'ils n'ont pas. — H y a les hommes forts et les fanfarons, — et certes vous n'êtes pas un fanfaron. Je vais donc vous parler ouvertement. — A ces mots, une impression de terreur parut sur sa figure. — Votre état est grave, lui dis-je, mais le médecin est de mon avis : avec une constitution aussi robuste que la vôtre, on revient de plus loin, et, pour ma part, j'ai foi dans votre guérison ; mais il y a ici des gens plus malades, plus affligés, plus effrayés surtout que vous : — c'est votre femme, c'est votre fille ; — outre les craintes que leur inspire une maladie dangereuse d'un objet justement aimé et respecté, elles ont sucé avec le lait et cultivé par une pratique de toute leur vie, à laquelle vous avez eu le bon sens et l'élévation d'esprit de ne pas vous opposer, des idées religieuses, des
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superstitions, si vous voulez, qui lour font craindre, pour une vie future dont elles ne doutent pas, d'être à jamais séparées de vous, parce que vous n'aurez pas, vous esprit fort, vous libre penseur, consenti à vous soumettre à ce qu'on appelle les devoirs religieux. Braver la mort, braver les menaces de l'Église, dont, api'ès tout, cependant la vanité ne nous est pas tout à, fait prouvée, ce ne serait rien pour un homme fort comme vous ; — mais il y a quelque chose de plus fort à faire, et qui demande une tout autre énergie, dont je vous crois cependant capable, — c'est, pour leur éviter une vie entière de désespoir, de vous élever au-dessus de vos idées philosophiques, au-dessus de vos convictions toutes fermes qu'elles soient; c'est d'avoir pitié d'elles, c'est de leur laisser la persuasion que, si vous êtes arraché à leur tendresse, vous ne ferez qu'aller les attendre dans une vie bienheureuse à laquelle vous ne croyez pas, mais contre laquelle nous n'avons cependant pas plus de preuves que contre les peines éternelles. C'est là que je verrai, que j'admirerai l'homme vraiment fort, l'homme supérieur triomphant même de son orgueil. — Écoutez, ajoutai-je, dans la chambre à côté, votre femme et votre fille pleurent et prient; —
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TOUS ne sa\ ez pas, vous, ce que la prière donne de force; — ne vaut-il pas mieux faire quelque chose pour elles que pour les amis de café qui ne vous aiment que les joui'S où vous perdez aux dominos.
— Vous avez raison, me dit-il après un assez long silence .. je dois sacrifier mes idées, mes convictions, pour ma fem^me et pour ma fille; et il faut du courage, et je l'aurai : Allez clierclier un prêtre.
— A la bonne heure, m'écriai-je, voici l'homme vraiment fort.
— Pour ma femme et pour ma fille, — répéta-t-il, — c'était le dernier soupir de la vanité expirante. Puis il ajouta : — Allez-y tout de suite, allez-y vite.
Et, quand le prêtre entra, et qu'il fut seul avec lui, il trouva la force de se jeter dans ses bras en pleurant : « Mon père, mon père, sauvez-moi, réconciliez-moi » ! Et cet homme, chez lequel ne s'étaientjamais effacées entièrement les impressions de son enfance, mourut calme, résigné, espérant, — au lieu de mourir etïrayé, désespéré, enragé.
Je l'accompagnai à l'église, et de l'église au cimetière, — je portais un des cordons du poêle, passant devant le sourire de dédain et bête des libres penseurs qui posaient devant
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régiise, toujours pour vexer et humilier ce I>ieu qui, selon chix, ii'exisie pas.
Jai vu une fois un de ces « enterrements civils » : les libres penseurs j jouent les hommes supérieui's, les hommes forts, portant à laboutonnièredesimmortelles, fleurssèches, à peu près artificielles — et teintes en rouge comme leurs idées, ou du moins les idées qu'ils croient avoir ou qu'ils font semblant d'avoir, idées égalementpostiches, artificielles et teintes en rouge. — Quand leur mort est enterré, les libres-penseurs lui. disent : Adieu, les chrétiens lui disent à leur mort : Au revoir.
La cérémonie finie, — j'ai eu ce détail par un de ces hommes forts, — on va au cabaret, où on passe le reste de la journée plutôt gaiement à« parler du mort » et à afficher les principes.
A une époque qui recule de beaucoup les idées généralement acceptées sur l'âge du monde, on trouve dans les védas des Indiens :
« Dieu a toujours été, il a tout créé ; — il ne l)eut être représenté que par une sphère parfaite sans commencement ni fin : Ne sonde l)oint sa nature, cette recherche est vaine et criminelle; c'estassez que, jour par jour, nuit jiar nuit, ses œuvres t'annoncentsa sagesse, sa puissance et sa bonté. »
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Au moins six cents ans avant l'ère chrétienne, les Chinois disaient : « Dieu est le principe de tout, sans commencement ni lin ; il gouverne tout, il est juste et bon, il soutient, il règle tout.
» Il faut aimer les autres hommes comme soi-même.
» Ce que je ne désire pas que les autres hommes me fassent, je ne le dois pas faire aux autres hommes. » (Khoung- Fou-Tseu, Confucius.)
C'est ce même philosophe qui disait : « Quand la foule déteste quelqu'un, ou se passionne pour quelqu'un, examinons avant déjuger. »
» Se nourrir d'un peu de riz, boire de l'eau, n'avoir que son bras courbé pour appuyer sa tête, est un état qui a aussi ses satisfactions.
» Soyez sévère envers vous-même, et indulgent envers les autres.
» Si on ne peut obtenir la richesse et les honneurs par des voies droites, il faut y renoncer et rester dans la pauvreté.
Plutarque dit : « Une ville se soutiendrait plutôt en l'air, qu'une société ne subsisterait sans une religion. »
« Dieu est partout, Dieuesttout. » (Lucain.)
« L'homme n'est pas intéressé à découvrir