‹ Les BêtesChapitre 22 sur 49 · CONVOITISE · texte numérisé non relu

CONVOITISE

Près de Tâtre, assis droit, la queue en demi-cercle, Sur ses petits pieds de devant,

Le chat est le voisin ronronneur et rêvant D'une braisière sans couvercle.

De temps en temps, son poil ou son oreille vibre...

Puis, le voilà presque voûté, Si dormant que parfois il penche d'un côté

Comme s'il perdait l'équilibre.

iO LES BÊTES

Or, pendant qu'il sommeille, une métamorphose S'opère... Au lieu du vieux fricot

Mijotant sur la cendre, un succulent gigot Cuit à la flamme longue et rose.

Par degrés, aux senteurs de Tail et de la viande, Le chat, toujours moins engourdi,

Tressaille, puis bàillotte, et, presque déroidi, Hoche un peu sa tête friande.

A petits cherchements, flairant la graisse frite.

Se baisse le nez du minet Dont le réveil s'achève et qui la reconnaît,

La broche avec sa lèchefrite !

Alors, les yeux gourmands, plein d'envie, il se hausse Pour voir le beau rôti qui, déjà si dorant, Avec tant de lenteur tournique, tout pleurant Des gouttelures de la sauce.

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