‹ Les BêtesChapitre 3 sur 49 · LE JUGEMENT DES BETES · texte numérisé non relu

LE JUGEMENT DES BETES

Ces drames ou ces comédies, Qu'en voit l'homme, à peine devin De notre soif, de notre faim.

Et de nos rares maladies ?

Au contraire, en vous notre œil plonge,

Y trouvant, quoique vous soyez

Des hypocrites variés,

La vérité sous le mensonge.

La richesse de vos moyens Pour tout ressentir, pour tout rendre.

De bien d'entre nous, chats et chiens, Vous fait suffisamment comprendre.

Tels ou tels mouvements nerveux De façon brusque ou nuancée.

Sont des indices, des aveux.

Des montreurs de votre pensée.

Par le nombre de vos mimiques, De vos tics physionomiques, De vos gestes tristes ou gais, Vos dessous nous sont divulgués.

Qu'ils s'échappent ou se renfoncent, Vos regards surtout vous dénoncent, Même aussi votre son de voix, L'air de vos silences parfois.

Vous ne le croyez pas, mais nous vous connaissons Tout de même depuis que nous vous subissons. Nous sentons que vos cœurs ne valent pas les nôtres.

Votre méchanceté nous trouve conscients.

Si nous sommes rusés, serviles, méfiants, C'est que nous vous savons plus mauvais que nous autre

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