LES DEUX CANARDS
La cane et le canard à tète d'émeraude,
Plume à plume, s'en vont du même train sans bruit
Sur la rivière lente et verte qui reluit
Avec tous les frissons de la lumière chaude.
Ainsi qu'un double esquif minuscule qui rode Et que le bon hasard du vent pousse et conduit, La cane et le canard à tète d'emeraude, Plume à plume, s'en vonl du même train sans bruit.
Mais l'amour interrompt leur flâneuse maraude, Voguant ou plongconnant, l'un l'autre se poursuit, Et sur l'eau qui les berce, ils ont jusqu'à la nuit Le becquetage ardent, l'humeur folle et ribaude La cane et le canard à tête d'émeraude.