TROP
BIEN ÉCniT
— Mais l'ire
amena
chez 1
ignote
une
sorte d
em-
prosthotonos(l)
Ah ! il y a une note !
I Madame. — Une noie ! Ah! tant mieux ! Vois-la bien vite, mon chat, ce doit être une note explicative, qui va probablement tout nous faire comprendre; quelquefois un rien vous met sur la piste. Lambourdet, lisant la note :
Emprosthotonos ou Emprosthotonie : l'un et l'autre se disent; Alexis Bouvier employant de préférence le premier, nous nous sommes incliné devant l'autorité de ce chef de file. [Note de l'éditeur.)
Madame. — Est-ce tout?
Lambourdet. — Oui.
Madame, avec résignation, — Alors, continue ; attendons le tour des fourreurs.
Lambourdet, poursuivant :
— Le proxène, heptomagène, était un spitliaméen bigle, gibbeux et très adipeux.
— Mon Dieu ! que c'est donc bien écrit ! I seulement, je voudrais comprendre un brin.
Madame. — Tune m'ôteras jamais de l'idée que c'est une traduction que le libraire t'a fournie là. — Ah ! une inspiration ! si nous cherchions à comprendre à coups de dictionnaire I va chercher le tien dans le buffet.
Lambourdet, revenant. — Gustave l'a emporté à sa pension. — Je n*ai trouvé que ce dictionnaire de poche franco-annamite, apporté par ton cousin le canonnier.
Madame. — Cherche vite : « Adipeux. »
Lambourdet. — Voilà : « Adipeux adjectif : Elgvzqr. — Cane suffit pas.
Madame. — Non. Ah ! une autre inspiration. Si tu montais chez Gravier, il est employé aux naissances, il a peut-être vu naître tous ces mots-là.
Lambourdet. — Je monte le chercher.
{Rentrée de Lambourdet suivi de Gravier.)
Gravier. — Belle dame, je vous baise les mains. — Lambourdet m'a exphqué de quoi il s'agit, et je suis à vos ordres. Je vous écoute.
Lambourdet, reprenant la 'phrase :
Le proxène, heptamogène, était un spithaméen, bigle, gibbeux et très adipeux; son nez bisseptempustulé par le vin...
Madame, interrompant. — Hein ! entendez- vous?
Gravier, qui a gravement écouté. — Oui, j'entends....; mais je ne comprends pas.
Lambourdet. — Ni moi non plus.
Madame. — Ça ne ressemble pas du tout à du Paul deKock.
Gravier. — Il n'est qu'un moyen d'en sortir, mais il est bon. Il faut réveiller Bonduneux qui nous tirera de peine.
Lambourdet. — Il est donc mécanicien?
Gravier. — Lui ? Une montagne de science I cent fois plus fort que Littré, qui a été son apprenti. — Apportez-lui vingt obélisques, et il vous les lira les yeux fermés.
Lambourdet. — Je monte chez lui, et je vous le descends.
72 LES BiiTisi:s vraies
[Entrée de Bonduneux.)
BoNDUNEux. — Jolie châtelaine, je mets ma science à vos pieds.
Madame. — Alors mon mari va tout recommencer.
Bonduneux. — Inutile, trois mots seuls me suffisent pour deviner trente chapitres.
Lambourdet. — Donc je poursuis....
... par le vin, couvert d'acrochordons et surmoQté à la glabelle d'une taroups Isabelle qui...
Bonduneux, interrompant vivement. — Arrêtez [D'un ton de prudence.) Je vous demande la per^ mission de ne pas assister plus longtemps à cett( lecture.
Madame. — Est-ce que c'est polisson ?
Bonduneux, grave. — Je le souhaiterais pou vous, belle dame, ce serait moins dangereux. Tou ce que je puis faire par amitié, c'est de vous assurei de ma parfaite discréLin, même devant les juges — Seulement, je vous donne le conseil de ne pa
UN ROMAN TROr BIEN ÉCRIT 73
risquer plus longtemps votre avenir et celui de vos enfants...
Lambourdet. — Expliquez-vous ?
BoNDUNEux. —Plus d'explications serait complicité de ma part... [avec conviction) et contre ce que je viens d'entendre, je tiens à protester par ce cri de mon cœur : Vive la République !
{Bondutieux, qui n avait pas compris un seul mot, se retire majestueusement, suivi de Gravier.)
Lambourdet, à sa femme, après avoir gravement réfléchi. — Si nous passions en Amérique? ? ?
UN DINER A LA CAMPAGNE (la mort d'un grand abtiste)