MUNICIPALE
Lyon, 16 janvier 1855.
Messieurs, M. Coste, conseiller à la Cour, aujourd'hui décédé.
avec ses vidteiirs et ses amis, mais les éTénements de 1848 la modifièreol. E£&ayé des émeutes et des manifestatioDs qui se succédaient chaque jour, il changea ses dispositions et, à son heure dernière, il n'eut pas le temps de revenir sur cette déplorable détermination.
M. Coste avait eu tellement le projet de léguer sa bibliothèque à sa Tille natale que non-seulement c'était le fond habituel de sa conversation, mais qull avait manifesté l'intention de faire exécuter par un artiste habile un cartouche ayant pour devise : J.-L.-ii. Cosie ffo patriâ coUigii, et qu'il s'était entretenu avec un des premiers peintres de notre cité pour faire un portrait qu'on aurait après loi offert à la ville et placé dans la salle contenant sa collection.
s'était occupé, avec un zèle infatigable, de la formation d'une bibliothèque lyonnaise, composée de livres et de ^oanoscrits concernant rhistoire de notre ville.
Dans l'intérêt de sa patriotique préoccupation, M. Coste
* &it de nombreux voyages à l'étranger, et n'a négligé
^ soins ni dépenses pour atteindre son but : on estime que
^ collection laissée à son décès ne lui avait pas coûté
Mollis de 400,000 francs. Elle se compose, suivant le ca-
^ogTie de M. Aimé Vingtrinier, son archiviste, de 18,600
articles, et, de l'aveu des hommes de science, jamais col-
^^ctîon aussi importante n'a été formée en France pour
^*iistoire d'une grande ville ou d'une province.
Si cette bibliothèque était dispersée, il serait impossible
"^ lït reconstituer, môme au prix des plus grands sacri-
^^s . On y remarque, en effet, bon nombre de livres et
^ xioanuscrits dont il n'existe qu*un exemplaire : sa
^e Vit comme collection historique est donc incalculable
^^^ les Lyonnais,
'^^ un autre point de vue, sous le rapport de son prix
^^t^alj cette bibliothèque a une grande importance. Tel
tsànce volume qui y figure, ne vaut pas moins de 4,500
francs pour le bibliophile , et , en somme , on peut
évaluer hardiment 23,000 francs la valeur de 80 à 400
volumes d'auteurs lyonnais ou de pièces lyonnaises du
xvï* siècle.
A la mort de M. Coste, sa bibliothèque est passée entre les mains de M. Coste, son frère et son héritier, qui a ofiert d'en faire la cession à la ville.
L'administration municipale ne pourrait être indifférente à cette occasion d'ajouter à ses richesses historiques une collection si précieuse ; elle a donc accueilli avec empressement les offres de M. Coste.
Par une lettre que j'ai l'honneur de mettre sous vos
yeux, M. Goste consent à céder à la ville la collection de son firëre, telle qu'elle est désignée et détaillée dans le catalogue, en deux volumes, rédigé par M. Vingtrinieib et imprimé par M. Pemn, et ce moyemiant la somme de 40,000 francs, qui serait payable en dix annuités de i,000 francs chacune, dont la première serait exigible dans le courant de Texercice 4855, et ainsi successivement d'année en année jusqu'à l'exercice 4864, avec intérêts au taux de 4 0/0.
La Ville s^ engagerait y en outre^ à conserver à tout jamais intacte et dans son entier la collection de M. Coste sans pouvoir jamais la diviser ; à cet effet y un local particulier lui serait affecté dans les bâtiments de la Bibliothèque publique de la Ville, et un cartouche, rappelant le nom du fondateur serait apposé sur chaque pièce de cette collection.
L'afiaire se présente à votre examen dans des conditions que je considère comme avantageuses. Le prix demandé n est pas exagéré, et les facilités qui nous sont laissées d'en échelonner le paiement rendront cette nouvelle charge à peu près insensible pour le budget municipal.
Je vous propose, en conséquence, messieurs, d'accepter les conditions de M. Coste, et de m autoriser à traiter avec lui pour l'acquisition de la bibliothèque de son frère sur les bases énoncées dans la lettre ci-jointe.
Le Sénateur chargé de l'administration du département du Rhône,
Vàïsse.