L'OUVRIER CANADIEN LIT-IL
Co
Vous rencontrerez des gens qui vous disen e avec une certaine apparence de conviction PE Mais à quoi bon des bibliothèques ! Notr M peuple ne lit point et ne fréquentera pa . à davantage vos salles de lecture. Le travail L leur, lorsqu'il a peiné toute une journée à pense, en rentrant à son foyer, à bien autr4 chose qu’à ouvrir un livre, qu’à feuilleter u4 bouquin. Ce sont des distractions, des divera tissements d’une toute autre nature qui l’atti® rent. Le club, les réunions d’amis, la promen nade et parfois une soirée au comptoir ap l’aubergiste ont pour lui des attraits que vou“ x
| ne sauriez remplacer et contre lesquels vou L. lutterez en vain. À
Ce jugement est entaché d’une forte dos d’exagération, et l’on a le tort de vouloir 108 généraliser. 4
e qui l’inté“ L’ouvrier canadien—on peut se l'avouer entre nous—ne lit pas autant que son congést le compläière d'Europe et des Etats-Unis, mais cela l’une ne peufent moins à son indifférence, à son apathie u’au défaut d'encouragement, qu’à l’absence totale de la plus petite salle de lecture et à l'absence aussi regrettable de bibliothèques populaires.
-IL Ÿ Mettez nos compatriotes dans les mêmes conditions que les travailleurs européens et Américains, procurez-leur les mêmes avantages et Les mêmes facilités, stimulez leur amour-propre par d'excellents donséile, et vous les amenerez insensiblement à se pénétrer de puporence de l'instruction faite par les res.
4 On dira qu’il existe déjà plusieurs bibliofeuilleter us ho èques dans nos villes et que l’homme du 8, des diverl} euple ne les fréquente guère. Cette objection
re qui l'attimst toute puérile. Nous possédons déjà sans
s, la promell oute de bonnes et belles bibliothèques omptoir dis
pourvues des collections les plus rares, des ouvrages les plus précieux, mais outre que ces IS que vout 8 Lo : q squels vous
1 vous disen conviction ques ! Notr [uentera pa Le travail ne’ journée à bien autr..
ibliothèques ne sont point d’un accès facile, qu’elles se trouvent situées dans des milieux ré dos ue l’ouvrier ne peut aisément visiter à cause : ouioir LES distances, ou même à cause des obliga-
Mions relativement onéreuses auxquelles sont
que le jour ‘et qu’elles ne détiennent point de livres qui soient à la portée des masses. À La prétention que notre peuple ne lir& point, même en se trouvant placé dans des conditions exceptionnellement favorable n’est pas plus sérieuse que celle qui vien d’être réfutée.
Disons d’abord que c’est une erreur tro généralement répandue que notre peuple n°4 pas l’ambition d’apprendre et qu’il ne lit pa Ava plus qu’autrefois. Ta statistique est là pou la 1 nous donner la preuve du contraire. 14 C’est en effet aujourd’hui un fait constat I au-delà de toute évidence que la circulatioi# des journaux, dans la ville de Québec pa exemple,—je prends le journal pour terme dif comparaison, car au fond c’est le premie$ livre du peuple—a augmenté depuis dix an de plus de trente pour cent. 8
Je dis plus : l'expérience assez longue qu je possède des choses de la presse me permeñ d'affirmer, sans crainte de contradiction, qué#.. les journaux quotidiens de la ville servent, chaque jour à leur clientèle plus de vingt-cindlf: mille numéros, que les journaux et les revues
lebdomadaires et mensuels atteignent à leur
Our plus de cent vingt-cinq mille lecteurs-—-
masses. à prenant pour base trois lecteurs par cha-
té 1; Que famille recevant un journal—et que les
ne lir#
a d gdgurnaux et revues publiés à l'étranger ou
208 (SE d’autres villes du Canada, mais lus par nos
favorable® . ’
Le nt foncitoyens de la ville, représentent de leur 1 | À Q .
ANT Vel @8té une moyenne de huit à douze mille lec- @ursa pour chaque jour de la semaine. 1 erreur (roi donc les chiffres veulent dire quelque 4 peuple n'ose, c’est que loin de rétrograder nous il ne lit pag ançons, c’est que loin d’être indifférents à estlà pou la lecture, nuus lisons au contraire plus que vheé jamais.
fait constat Il est vrai qu’il ne s'agit ici que des jour- , circulatioifaux, mais comme le journal est assez proche Québec pa Parent du livre, les lecteurs qui s'intéressent ur terme déjà au dépouillement de leurs gazettes ne le premiefont pas éloignés de faire leurs délices du uis dix an ivre qu’on leur mettra sous la main. Tout le
secret du succès est de leur en fournir.
longue que
me permeis to licti # 1— Ce que je dis de Québec peut également s’'apliction, que#.. a 5 | Pliquer à Montréal et aux autres villes de la province. Ile STVEN a circulation des journaux a doublé et triplé partout ) vingt-cinq aus les dix à quinze dernières années.
t les revues