‹ Les bibliothèques populaires [microforme]Chapitre 21 sur 26 · La législature de Toronto vote tous les ans une · texte numérisé non relu

La législature de Toronto vote tous les ans une

+ dès « subvention de $200 à chacune des bibliothèques publiee LE à “ques et gratuites de l1 province d'Ontario.

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puis enfin la cireulation des livres qui était de 251,921 s’est élevée en 1889 à 820,701.

Cette statistique—ajoute le Globe—indique par elle-même combien le goût de la lecture augmente rapidement dans notre province.

Que ne peut-on dire la même chose chez nous ?

Avrès la grande bibliothèque publique de Toronto, il convient de mentionner celle de la ville de Hamilton qui vient de se payer le luxe d’un somptueux édifice pour y loger ses quinze à vingt mille volumes.

Pour arriver à cette fin, il ne lui en a coûté qu’un léger effort. Elle à fait accepter par le corps municipal, aux élections de 1889, l’acte des Free Librairies qui autorise à prélever sur les contribuables une taxe d’un demi-centir dans la piastre, et avec le produit dec impôt elle a construit sa bibliothèque.

Ce n’est pas plus malin que ça. Du zèle et k de la bonne volonté de part et d’autre et le M succès d’une entreprise est assuré. |

Franchement, nous ne comprenons pas pourquoi il ne se fait point quelque chose M dans le même sens à Québec et à Montréal.

On dira que nous n'avons pas, comme à # Ontario, de loi qui nous autorise à prélever une certaine contribution sur les électeurs : municipaux pour les fins de bibliothèques.

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C'est la vérité, mais qui nous empêche de nous adresser à notre législature pour un objet aussi louable que celui-là, et quel est le parlement qui se refusera d'accéder à la demande qui lui en sera faite ?

La province d’Ontario—constatons-le une fois de plus pour notre édification—fait depuis quelques années des efforts inouïs pour répandre la lecture et fournir une nourriture intellectuelle à sa population.

À l'heure qu’il est, elle compte déjà dix grandes bibliothèques publiques,fonctionnant en vertu de l’Acte des Bibliothèques gratuites passé en 1882 par le parlement d’Ontario.

Ces dix bibliothèques, maintenues, comme nous l’avons dit, à même la taxe municipale, sont installées à Brantford, Guelph, Berlin, Hamilton, Ingersoll, Lindsay, Ste-Catherine, St-Thomas, Toronto et Waterloo.

Elles renferment 120,000 volumes et sont fréquentées par plus de 38,000 lecteurs.

À Montréal, nos concitoyens anglais et protestants et même une certaine fraction de la population française s’approvisionnent de

Le président de cette institution, l’hon.

J.-J.-C. Abbott, constatait dans son rapport

« publié dans les premiers jours de mars 1890, que, pendant l’année écoulée, le nombre des | 4

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personnes fréquentant la bibliothèque avait | sensiblement augmenté et que la bibliothèque # s'était accrue de 2,500 volumes — don de son & généreux président. :

Quoique déjà bien pourvu de livres, l’ins- M titut Fraser s'efforce chaque année d’accroître sa collection, et dans ce but elie fait de cha- M leureux appels à la générosité du public. Ces À appels sont généralement entendus. Ainsi à pour les années 1887-88-89 seulement, l’institut Fraser a reçu les souscriptions suivantes : M

J.-H.-R. Molson, $13,000; hon. J.-J.-C. M Abbott, $4,000; R.-B: Angus, $2,000; hon. # juge Torrance, $1,000; P. Redpath, $1,000 : M Hugh McLennan, $1,000; W.-C. McDonald, $1,900 : T. Workman, $1,000; D. Meclntyre, $1,000 ; sir D.-A. Smith, $1,000; W.-B. Cum-# ming, $250; O0... Wood, $250; G. Hague, M 8250 ; Andrew Allan, $250; G.-W. Hamilton. 3 $50 ; total: 827,050. 1888-89, J.-H.-R. Molson, M $3,000 ; anonyme, $126.38. Grand total :# $380,176.38. |.

Nos concitoyens de Montréal ne jugent point cependant que l'institut Fraser répondeM À tous les besoins, ni à toutes les classes. M Aussi se préoccupe-t-on depuis près d’un an à prélever des souscriptions pour jeter le bases d’une antre bibliothèque d’un caractèr

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que avait populaire, et un journal de Montréal disait bliothèque naguère : ‘Avant trois mwis, nous aurons les lon de son

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fonds nécessaires et nous possèderons quelque chose qui fera la gloire de notre industrie.” ‘Qu'on y songe, disait le même journal, pour activer le mouvement, les expositions vont avoir lieu régulièrement à à Montréal ; où puiser, où prendre, copier des renseignements? à la bibliothèque industrielle qui contiendra tout ce qui existe en ouvrages français et anglais, dessins, planches, collections photographiques, etc. Chaque membre fondateur va recevoir une carte spéciale et aura droit à son entrée gratuite et en tout temps à la bibliothèque. Ainsi tout à gagner dans cette bonne œuvre d’union et de prévoyance.”

Melntyre, M Fi XII \'A -B. Cum- h : re G. Hague, à , Hamilton. # NOTRE ÉTAT D’INFÉRIORITÉ -R. Molson. 3 rand total :! Voilà, en résumé, comment l’on apprécie aux Etats-Unis, en Europe, et jusqu’en cerne jugent] taines villes de la province d’Ontario, l’im-

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portance de l’éducation faite par l’entremise du livre.

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parlement, celle de nos universités ou même celle de nos divers instituts. Celles-ci rendent sans doute d’incontestables services ; elles sont même fréquentées avec profit, mais comme elles poursuivent généralement un but absolument distinct de celui des bibliothèques populaires proprement dites, elles ne sont point censées contenir des livres à la portée des masses.

Mais dans la ville de Montréal qui re. ferme une population de 233,000 habitants avec plus de quarante mille artisans, dans june ville comme Québec, qui compte aussi plus de quinze mille ouvriers, il n’existe pas un seul de ces sanctuaires de l’intelligence et du savoir, où le travailleur, où l’homme du peuple puisse porter ses pas, occuper ses loisirs et refaire par la lecture une éducation à peine ébauchée.

Si J'appuie aussi fortement sur ce point, si je constate,avec une légère teinte d’amertume, l’absence de salles de lectures et de bibliothè- # ques dans des circonscriptions aussi popu- M leuses et aussi étendues que les nôtres, ce M n’est point pour en faire un reproche à qui M que ce soit ; je tiens uniquement à démon- M trer qu’en nous laissant trop devancer dans M cette voie par les populations des autres payé, Æ

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nous préparons à nos classes ouvrières que nous estimons un avenir peu rassurant.

Pendant que de toutes parts, au loin comme près de nous, l’on fait des efforts constants, l’on s'impose des sacrifices de toute sorte pour élever le niveau intellectuel et moral de l’ouvrier, pour l’engager à se perfectionner dans son métier, pour le rendre apte à jouer un rôle honorable dans la société, ici, avant la fondation des écoles du soir qui est un pas décisif dans la bonne voie, nous semblions le laisser à ses propres ressources, les classes dirigeantes se désintéressaient de son sort et de son avenir. Et quelle pouvait être la conséquence de cette abstention ? Le résultat inévitable aurait été de rendre l’ouvrier canadien inférieur à l’ouvrier étranger qui, lui, trouve à sa porte, dans la ville où il travaille, toutes les occasions et les facilités de se perfectionner dans son art et d’embellir sa mémoire et son intelligence.

C’est une réflexion du même genre que me faisait naguère un compatriote éclairé, fixé depuis plusieurs années aux Etats-Unis, M.

Leduc, en me transmettanut pour publication dans le journal l’Ævénement une communication sur l’importance des bibliothèques gratuites,

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“T1 est certainement à regretter, écrivait M. Leduc, que des écoles et des bibliothèques gratuites n'aient pas été fondées il y a déjà un grand nombre d'années dans notre beau Canada. C’est un besoin qui s’est toujours fait sentir gravement parmi la classe pauvre et ouvrière de ce pays, pour qui la chose est d'une importance majeure ; et il est étonnant que vos législateurs et politiciens n'aient pas considéré cette question sérieusement, il y a bien des annfes déjà.

** Combien ne voyons-nous pas encore de nos jours de ces braves et bons Canadiens qui ne savent pas lire et qui re peuvent pas même signer leur nom. C’est pénible à constater, mais ils ne sont souvent pas ceux qui doivent être le plus à blâmer. Nous voyons aux Etats-Unis, la moindre petite ville posséder sa bibliothèque et ses écoles gratuites. Aïnsi, quelque soit la condition de la vie où se trouve le journalier américain, il peut lire son journal à la fin de sa journée de travail, et se tient ainsi au courant des nouvelles du jour, comme des nouvelles politiques.

‘Il jouit aussi d’un doux repos en s’instruisant davantage. [Il peut encore se procurer facilement et sans qu’il lui en coûte un sou, les livres, où il peut puiser les enseignements nécessaires à son état ou à son métier ; ou encore jouir d’une lecture un peu plus légère, qui lui procure une récréation, tout à la fois sage et agréable, et souvent d’un précieux avantage pour son intelligence.

‘* Après les écoles dans une grande ville, le système le plus important d'éducation est

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certainement une bibliothèque publique, bien administrée. Comme tous les grands pouvoirs d'une nature extérieure, ses opérations sont presque sans bruit, maïs son influence est énergique et augmente sans cesse dans un mouvement que l’on peut déterminer sans précipitation et sans repos.”

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