ACTE DEUXIÈME
SGENi: XVIII
r>rs Mêmes, PAULINE. Entre Pauline, toute pâle, son mouchoir à la main, les yeux rougis.
PAULINE
Mesdames... rnesclaiiies... un malheur... Un grand malheur !
TOUTES
Quoi donc;?... Parlez! Parlez!
PAULINE
On est venu prévenir ma nièce, tout à l'heure... Le bruit courait qu'une inère s'était suicidée avec ses trois enfants... parce qu'elle n'avait pas de pain à leur donner... Je n'ai pas voulu vous émouA^oir avant d être certaine... J'en viens... C'est vrai... Je n'ai pas eu la force de monter dans la ciianil)re... Nous aurons des détails tout à l'heure. [Elle pleure.)
MADAME PAILLENCOUHT
Où... on demeuraient ces malheureux?
PAULINE Rue aux Juifs.
MADAME PAILLENCOUHT
Naclette... Leur nom, c'est Naclelle ?
PAUr-INE
Coninienl savez-vous...?
MADAME LE CATELIER, passant la lettre à madame Paillencoiirt (pii la passe à f'anlinc. Tenez !
PAULINE, après a\-oir lu.
Mon Dieu !
.m.vda.ah: m; c;\ri;i.ii ii Cette yjauvre femme, ne conuaissanl pas les œuvres, ij'était adressée au hasard à madame Paillencourt.
MADAME PAILLEXCOURT, tri'S sincèl'P.
Mon Dieu! mon Dieu! c'est ma tauie!... c'est ma faute, si ces malheureux sont morts... [Elle relate en sanglots.] Si j'avais su, mon Dieu! si j'avais su... Moi, je croyais que c'était une lettre comme on en j-eçoit tant... Et c'était vrai !... c'était vrai!... Ils se sont suicidés ! Ça arrive donc, ces choses-là? C'est ma faute !... <:'est ma faute !
PAVI.IM.
Mais non, mon enfant, mais non !... i Tout le monde r entoure et cJierclie à la enimoler.i
MADAME PAILLEXCOUr.T
Je ne m'en consolerai jamais, jamais... f'j'oiijours sanglotant.) Oh ! celte pauvre femme... celte mère qui n'a plus de pain pour ses enfants... et ([ui se tue... et qui les tue avec elle... Mon Dieu !... Ah ! ah ! J'étoufle !... lElle est sur le point rie s'évaiinin'r.} PAULINE
Attendez, je vais l'emmener par là !... {Elle sort par le fond avec madame Pailleneourt en passant mire la table du milieu et V estrade.
SCÈISK XIX
Les Mèmi-s, moins PAULL\E et MADA.Ail' PAILI,EN- COIJRT. Consternation générale, un grand silence. Plusieurs dames, réellement émues, s'essuient lesyeux.
MADAME PEC;(,)UET
l'^t si on apprend qu'elle nous a écrit, nous serons jiropres !...