‹ Les Bienfaits de la SymphyseotomieChapitre 16 sur 37 · LAND RES · texte numérisé non relu

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rapprochant les poignées, une énorme constriction de la tête, et par réaction, une tendance égale à l’écartèlement du bassin.

Cette symphyse qui éclate avec bruit, cet œil expulsé et ramassé sous la table, des centaines de pariétaux défoncés, auraient dû sinon éclairer tout le monde, du moins pousser les accoucheurs à deman-

der à la géométrie quelque lumière. Au lieu de cela, c’est la phrase ci-dessus rapportée qui se répète d'année en année. »

Et après avoir exposé les calculs et les expériences démontrant les propositions précédentes, L. H. Farabeuf conclut :

«Ce n’est pas exagéré que de dire: l’action de l'anneau pelvien sur le forceps trouve souvent l’occasion de décupler la force de traction. Vous vous croyez modéré en ne dépassant pas 40 kilogr. mais vos dizaines deviennent des centaines et c’est avec 400 kilogr. que vous écrasez la tête ou brisez le bassin

Je crois que le perspicace et lumineux Pajot n’avait pas calculé cette force; mais il la connaissait bien, il en avait grand’peur et savait se comporter en conséquence. On dirait qu'aujourd'hui, devenue quantité négligeable pour les classiques, elle ne préoccupe plus personne. Si nos maitres du jour ont compris et n'ont pas oublié l'enseignement de Pajot, ils sont vraiment coupables d'en si peu parler.

En raison de ces considérations théoriques, mais positives, corroborées par les accidents innombrables connus de tout le monde, lorsqu'un rétrécissement est tel que l’on doit atteindre les limites de la compressibilité et de l'extensibilité au moment où le gros de l'appareil n’a plus que quelques millimètres à parcourir pour franchir le détroit, le forceps est doué d'une puissance nocive effrayante qui peut dépasser le centuple de la traction. ou de la poussée utérine.

Lorsque la tête vient dernière et qu'elle passe le détroit supérieur avec tant de peine qu’il faut deux personnes, l'une pour la tirer, l'autre pour la pousser, cette tête elle aussi peut faire coin et multiplier les forces qu'elle reçoit au point de s'écraser, si sa résistance est moindre que celle du bassin. »

Tout cela, dans la pensée immédiate de Farabeuf, était dirigé contre les partisans de la symphyséotomie incomplète, c'est-à-dire sans section du ligament sous-pubien et sans écartement préalable calculé du bassin.

Mais sa pensée d'avenir se révèle dans cette phrase : « Ennemide toute violence aveugle, j'espère du reste qu'on renoncera bientôt à employer le forceps actuel pourengager la tête dans le détroit supérieur rétréci. J'en veux même à M. Tarnier, qui connaît les mérites du levier mieux que personne, de ne pas avoir encore, pour cette besogne spéciale, accroché son forceps au clou avec tous les autres. »

La seconde étape de la révolution causée par la renaissance de la symphyséotomie peut donc se résumer ains] :

Proscription ferme de l'accouchement provoqué par trop prématuré ;

Proscription non moins ferme du forceps de force.

Mais déjà il est aisé d’entrevoir que M. Pinard ne dit pas toute sa pensée sur l'accouchement provoqué, et qu’il veut attendre encore avant de brûler ses vaisseaux sur cette question.

Pour le forceps, il se borne à condamner l'application de forceps de force, mais il résiste encore à l'abandon complet, où l'incite L. H. Farabeuf, du forceps au détroit supérieur : « Quand une application de forceps régulière n'aura pu faire engager la tête après des tractions modérées, une seule chose est à faire : retirer l'instrument et pratiquer la symphyséotomie. »

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