‹ Les Bienfaits de la SymphyseotomieChapitre 17 sur 37 · A TA AA · texte numérisé non relu

A TA AA

Avant que trois mois se fussent écoulés, les dangers de cette pratique étaient reconnus et la 4° étape franchie.

M. Varnier lut en effet, le 7 avril, à la Société obstétricale de France, au nom de ses maîtres et au sien, une note ayant pour titre: De l'application du forceps au détroit supérieur rétréci, en particulier dans ses rapports avec la symphyséotomie, où nous lisons :

« La renaissance de la symphyséotomie aura eu, entre autres résultats, celui de trancher en faveur du forceps le débat depuis si longtemps pendant entre les partisans de ce dernier et ceux de la version dans les bassins rétrécis.

Ce n’est pas à cette heure, où la combinaison opératoire symphyséotomie-forceps, qui pourtant n’en estencore qu'à ses débuts, donne les résultats consignés dans la statistique que je vais vous faire distribuer (sur 76 opérations bien réglées, 73 enfants vivants, et bien vivants ; 3 morts, l’un le 3e jour, de la provocation trop prématurée de l'accouchement, un autre le 17e jour, de pneumonie à pneumocoques, un autre, d'un vice de conformation); ce n’est pas, dis-je, à cette heure qu'il est utile d'insister longuement, dans une réunion d’accoucheurs français, élevés dans la préférence du forceps, sur l'élimination définitive de la version du nombre des opérations d'élection dans les rétrécissements pelviens.

Que ce soit là un résultat heureux, cela ne nous parait pas discutable. Je me bornerai à vous citer à ce sujet quelques chiffres qui ont leur éloquence.

La version dans les bassins rétrécis, dans ces mêmes bassins qui ont donné avec la combinaison symphyséotomie-forceps bien conduite et dans une année d'apprentissage (j'insiste sur ce point) les résultats que vous connaissez, la version a donné, entre les mains d'un de ses plus chauds défenseurs, de Léopold, qui doit savoir la bien faire puisqu'elle est son opération de choix, une mortalité fœtale expurgée de 36 p, 100 pour la période 1883 à 1887 sur 70 cas, et de 36,1 p. 100 pour la période 1888 à 1892 sur 143 cas.

La pratique de C. Braun, pour la période 1883 à 1887, se solde par près de 30 p. 100 (exactement 29,3 p. 100) sur 89 cas.

Ce qui fait (c'est la conclusion mème de Léopold) pour Vienne et Dresde une mortalité fœtale expurgée de 32,1 p. 100 sur 234 obser- -vations, c'est-à-dire une mortalité fœtale expurgée supérieure à celle de la combinaison symphyséotomie-forceps non expurgée qui, vous le verrez dans un instant, est exactement de 20 morts sur 92 cas.

Il est bien évident, dès lors, que pas un de nous n'ira faire courir demain, de propos délibéré, à un enfant présentant la tête au détroit supérieur rétréci où pouvant l'y présenter, les risques d'une pareille Opération, arrivée sans doute, depuis le temps qu'on la pratique, au minimum de danger qu'elle puisse comporter.

On ne saurait songer, d'autre part, à améliorer ces résultats par la section pubienne pratiquée au cours d'une version commencée et reconnue difficile où impossible. Le temps de lever l'obstacle par la symphyséotomie, on arriverait trop tard. Tandis qu'au cours d'une extraction tentée par le forceps et reconnue impossible, la section pubienne surajoutée mènera au but, sans que le retard de 10 ou 15 minutes nécessaires pour la pratiquer puisse aggraver la situation du fœtus.

Si j'ai établi ce parallèle, c'est pour faire ressortir l'importance

que garde chez nous et que va prendre partout ailleurs, tout ce qui touche à l'emploi du forceps au détroit supérieur rétréci. C’est à cause de cette importance que je viens ici, au nom de l'école à laquelle j'appartiens, continuer le procès, par nous commencé ailleurs (4), du forceps dans le traitement des viciations pelviennes. . Cette conclusion à de telles prémisses, pourra surprendre ceux qui se souviennent qu'il y a quelque temps encore, nous étions parmi les plus entêtés défenseurs de ce mode d'intervention (2). C'est qu'aussi bien e Ipoint de vue a tout à coup changé. La renaissance -de la symphyséotomie est en train de bouleverser de fond en comble la thérapeutique des viciations pelviennes.

L'opération césarienne conservatrice à indication relative a été abandonnée par Léopold; la basiotripsie sur l'enfant vivant, par une

(1) FARABEUF et VARNIER. Zntroduction à l'étude clinique et à la pratique des accouchements, p. 452 à 456.

FARABEUF. Ann. de gynécologie, décembre 1892, p. 407 à 414.

(2)°G. LePAGE. De l'application du forceps au détroit supérieur. Th. Paris.

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