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seulement qu'elle sera faite d'emblée, qu'elle sera complète, que l’écartement provoqué préalable à l'emploi du forceps sera celui que le calcul aura démontré nécessaire et possible, que la traction du forceps régulièrement appliqué sur la tête maintenue en transversale sera dirigée aussi en arrière que possible, ce que permet seul le forceps à traction axile. »
Et M. Pinard disait à son tour :
« Dans les 18 mois qui viennent de s’écouler, j'ai pratiqué beau coup moins d’accouchements provoqués, j'ai fait beaucoup moins d'applications de forceps, je n'ai pas pratiqué en 1892 une seule ems« bryotomie volontaire sur un enfant vivant. Et je n’ai pas assez pratiqué de symphyséotomies. à
Paurais dû en pratiquer ou en faire pratiquer davantage et j'espère vous faire partager mon opinion.
En effet j'ai eu à lutter, depuis le 4 février 1892, contre 34 bassins où il y avait une notable disproportion entre la tête fœtale et la filière pelvienne.
Dans 10 cas, obéissant aux indications anciennes, j'ai fait ou fait faire des applications de forceps.
Résultat : 10 femmes guéries;
6 enfants vivants ; L enfants morts.
D'un autre côté, obéissant aux indications nouvelles :
Dans 19 cas la symphyséotomie a été pratiquée.
Résultats définitifs : 19 femmes guéries ;
16 enfants vivants.
Dans un cas de bassin oblique ovalaire, j'ai pratiqué l’ischio-pubiostomie. Résultat: 1 femme guérie, 1 enfant vivant.
Enfin dans un bassin mesurant 5 centim. au détroit inférieur avec double ankylose sacro-iliaque et eoxo-fémorale, j'ai pratiqué la section césarienne suivie de l'amputation utéro-ovarique (opération de Porro).
Résultat: 1 femme guérie ;
1 enfant vivant.
En résumé 21 femmes opérées, 21 guéries ;
24 enfants extraits-vivants, 18 vivants aujourd'hui.
(1) Ann. de gyn., t. 39, p. 373.
Bios
Et je rappelle que 16 de ces femmes avaient eu antérieurement 30 grossesses s'étant terminées :
8 par basiotripsie;
9 par application de forceps ;
2 par version ;
11 par accouchement prématuré provoqué, suivi ou non d'opération, et que ces 30 grossesses, en somme, ont abouti à la naissance de deux enfants qui ont vécu.
Comparant ce passé : 30 grossesses — 2 enfants vivants, avec ce présent : 21 grossesses — 18 enfants vivants, il n'y à pas à hésiter, je AÆTOÏIS. »
Ainsi voilà qui est fait : l'application de forceps au détroit supérieur sans syinphyséolomie préalable est condamnée en principe.
Reste l'accouchement provoqué.
Dans la même séance de la Société obstétricale, à une question de M. Bar à MM. Pinard et Varnier : «Rejetezvous l'accouchement prématuré de parti pris? »
M. Varnier répond: (1)
« M. Bar nous demande si nous rejetons d'emblée l'accouchement prématuré. Je répondrai à cette question (M. Pinard répondra aux autres) : dans la statistique que vous avez en mains, je vois, à la date du 29 mai 1892, que M. Pinard a opéré une femme ayant un diamètre promonto-sous-pubien de 93 millim., et j'ai pris soin de mettre entre parenthèses : « L'auteur, appelé à examiner cette femme au 7e mois 1/2, a décidé de la laisser aller à terme et de pratiquer d'emblée la symphyséotomie à la dilatation complète. » Ce qui vous montre que déjà à cette époque M. Pinard avait presque renoncé à
la combinaison de l'accouchement prématuré provoqué et de la
symphyséotomie et qu'ilmarchait verslasymphyséotomie remplaçant toutesles opérations obstétricales appliquées auparavantau traitement des bassins viciés.
M. Bar. — Nous nous entendons bien à cetégard : Quand une femme
(1) Ann. de gynéc., Y. 39, p. 376.
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enceinte avec bassin rétréci se présente chez vous, votre tendance actuelle est de rejeter l'accouchement prématuré pour attendre et faire la symphyséotomie ?
Et M. Varnier de répondre : — Oui, à moins que l'accouchement ne se termine spontanément (1).
Pour la version je vous répondrai : Quand une femme à bassin rétréci est en travail, nous nous arrangeons «le façon à avoir une présentation du sommet.
Nous la laissons alors aller plus longtemps que jadis. Il n'y a pas longtemps, nous intervenions de bonne heure parce que nous pensions que la prolongation du travail pourrait amoindrir la vitalité de l'enfant et que, si nous avions à faire ultérieurement une opération, forceps où version, nous avions beaucoup moins de chances d’avoir un enfant vivant. Maintenant que nous sommes absolument sûrs, avec la section pubienne, alors que les contractions utérines se seront montrées impuissantes à engager la tête, de pouvoir supprimer l'obstacle, nous ne pratiquerons plus de version, nous ne ferons plus de forceps, nous ferons la section pubienne. »
Et M. Pinard ajoute :
« Je n'ai qu'un seul mot à ajouter à propos des indications de l'accouchement prématuré.
M. Varnier vous a parlé d’une femme chez laquelle le diamètre promonto sous-pubien mesurait 93 millim. Vous pouvez évaluer, à quelque chose près, l'étendue du diamètre promonto-pubien minimum ; c'est donc un bassin considérablement rétréci ; et vous voyez que, dans ce cas, de parti pris et de la façon la plus nette, j'ai renoncé à provoquer l'accouchement. Mais il est bien entendu que, quand le rétrécissement sera plus accusé et qu’il me sera démontré par le calcul, étant donné l'agrandissement du bassin sur lequel scientifiquement je dois compter d’une part, et les dimensions de la tête d'autre part, quand il me sera démontré, dis-je, que la têtene passerait pas à terme, dans les rétrécissements extrèmes par conséquent, mais seulement dans ces cas-là, j'aurai recours à l'accouche” ment provoqué combiné à la symphyséotomie. Or, il faut bien le dire, nous ne rencontrons ces cas que très rarement dans nos services (2).
(1) Voyez plus loin les observations de la série B. {2) En 10 ans, à Lariboïsière et à Baudelocque M. Pinard n’a vu que 3 de ces