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« Et encore n’ai-je point parlé des différences considérables qui peuvent exister et qui existent dans le volume et le degré d’ossifications de la tête des fœtus à terme. Le volume de la tête ? Nouvelle inconnue.
Vous ne vous étonnerez donc point que nombre d'interruptions de la grossesse aient été produites ou trop tôt ou trop tard.
C'est après avoir eu à lutter avec ces difficultés que j'ai cherché si lon ne pouvait arriver à quelque chose de plus précis et je crois aujourd'hui, plus fermement que jamais, que le palper peut nous rendre les plus grands services dans ces circonstances.
Ce n'est plus le palper explorateur qu'il faut pratiquer, mais le palper mensurateur. Vous me voyez tous les jours le mettre en œuvre devant vous, je ne vous le décrirai donc pas avec détails (4). Je me contenterai de vous rappeler qu'il faut ramener la tête au-dessus de l’aire du détroit supérieur quand elle ne s’y trouve pas spontanément, puis la fixer à ce niveau en la prenant de haut en bas à travers la paroi abdominale, en même temps qu'on la redresse, c'està-dire qu'on cherche à la faire se présenter d’aplomb. II suflit alors de constater si la tête pressée contre le promontoire déborde ou non la symphyse. :
Par ce moyen vous avez du premier coup, en même temps, le rapport qui existe entre la tête du fœtus et les dimensions antéropostérieures du bassin.
Vous pouvez même, dans quelques cas, lorsque la paroi abdominale n'est ni trop épaisse ni trop tendue, apprécier la résistance des os du crâne et la réductibilité plus ou moins grande qu'offrira la tête. Ce procédé est simple, beaucoup plus facile pour l’accoucheur que le toucher mensurateur, beaucoup moins pénible pour la femme. Je n'ai point la prétention d'affirmer que ce procédé de craniométrie intra-utérine peut permettre d'évaluer exactement en centimètres les dimensions de la tête fœtale, mais j'aflirme que c'est un procédé d'examen comparatif excellent et presque toujours suflisant dans la pratique.
Ce serait bien beau de connaitre mathématiquement le degré du rétrécissement de chaque bassin, mais ce ne serait pas encore l'idéal. Il resterait à connaitre les dimensions de la tête fœtale.
(1) Voyez Traiter du palper abdominal. 2 édition, p. 202à 222, Paris, 1889.
«Avec le palper mensurateur, l'on ne connait aucune dimension, lon ne constate qu'un rapport : celui qui existe entre le volume de la tète et le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur et, en somme, c'est là le point capital.
Ou je me trompe fort ou ce nouveau procédé, déjà conseillé par Muller, est appelé à rendre de très grands services, dans tous les cas où se pose l'indication de l'accouchement provoqué pour un rétréeissement du bassin.
Dans tous les cas, depuis quelques années, tout en faisant appel au diagnostic de l'âge de la grossesse, tout en pratiquant avec grand soin le toucher mensurateur et le toucher explorateur, car le palper mensurateur ne renseigne que sur le détroit supérieur et nullement sur l'état des autres segments du bassin, mes déterminations ont toujours étè prises d’après les données fournies par le palper mensurateur.
Il est bien entendu que d’autres procédés sont nécessaires quand on se trouve en face de bassins asymétriques où dont le maximum de rétrécissement n’est plus au niveau du diamètre antéro-postérieuy du détroit supérieur.
Dans ces derniers cas, vous le savez, c’est le toucher manuel pratiqué pendant l’anesthésie qui peut seul nous donner des renseignements aussi exacts que possible, »
Comme on en peut juger par l'exposé qui précède, véritable acte d'accusation contre l'accouchement prématuré provoqué, on recourait à cette opération sans données positives, au jugé, au hasard, faute de pouvoir faire mieux. Et comme on redoutait les difficultés de l'accouchement à terme, on en était arrivé à provoquer 4 accouchements prématurés inutiles pour Î nécessaire. L'expérience acquise depuis qu on à renoncé à cette pratique a montré que ces interruptions inutiles de la grossesse n'avaient même pas l’excuse d'être sans danger pour le fœtus (Voyez plus loin les observations de la Série B).
LURRS
B. — Femmes à bassins viciés reconnus au cours du travail. |. — ForcEPs AU DÉTROIT SUPÉRIEUR RÉTRECI
Qu'on eùt provoqué l'accouchement, ou qu'on se trouvàät en présence d’une femme en travail spontané à terme ou près du terme, lorsque la tête (qu'on s’efforçait toujours de présenter première au détroit rétréci) ne s'engageait pas spontanément, On tentait de terminer l’accouchement par une application de forceps.
À cette application de forceps au détroit supérieur présidaient les règles suivantes exposées par L. H. Farabeuf et Varnier d'après la pratique de M. Pinard, mais avec des remarques personnelles aux auteurs (f) :
© « Lorsque le détroit supérieur du bassin est, fait assez commun, rétréci dans son diamètre antéro-postérieur, promonto-pubien intérieur minimum, la tête fœtale se présentant la première ne s'engage pas, ne pénètre pas dans l’excavation pelvienne pendant les derniers temps de la grossesse, comme elle le fait à l’état normal, à la fin du septième mois chez les primipares, dans le courant du huitième mois chez les multipares.
L'accommodation pelvienne, comme on dit, nese produit ou ne tend à se produire que pendant le travail ; encore faut-il, pour qu'elle aboutisse, qu'il n'existe pas de disproportion trop considérable entre les dimensions de la tête et celles de l'entrée du bassin.
Au moment du travail, siles contractions utérines sont impuissantes à forcer la pénétration de la tête dans le bassin, dont l'entrée estordinairement la partie la plus étroite, l’art doit intervenir. En nous appuyant sur les statistiques de la Maternité de Lariboisière et de fa Clinique Baudelocque, nous pensons que, dans ces conditions, le forceps bien appliqué conserve à l'enfant plus de chances de survie que la version.
(1) Zatroduction à l'étude clinique et à la pratique des accouchéments, p. 436 à 442. Paris, 1891.
Nous citons ce passage en entier parce qu'il renferme la première attaque diri= gée contre l'emploi du forceps actuel au détroit supérieur rétréci,