LES SŒURS -A. ARRAS EN
l'Église^ qiïe* la iCoBstituaQtei, Le 29 novembre 1 79 1^ elle imposa? à tous 1«6 m^^embresdu clergé un nonveau serment impliquant le sehisme, et déelaira ceux qui 'le refusaient, siaspectS' de révolte contre la loi et" la patrie. Les 6 et 28 avril et 2 mai 1792, (c toutes les corporations religieuses, les Gongrég;-ations séculières d'honxmes et d^e femmes », « toutes les associations de piété et de cliarité » sévirent supprimées'; en m frme temps «. les costumes ecclésiastiques, religieux et des Congrégations séculièree, fu'rent abolis et profcilbés pour -l'un et l'autre sexe ». Le 27 mai, la déportation des prêtres non assermentés fut votée, sans qu'aucune voix eût osé s'élever en leur faveur dans l'Assemr blée. Âju; commencement de septembre, pendant six jours et cinq nuits, se conitinuèiient les affreux massacres, on périrent an moins deux cent cin^quante prêtres, deux évêqaes et un aiiehevêque,, coupables du seul crime d'être fidèles- à leur Dieu.
La Conçention, .'giraxide et. glorieuse îdans sa politique extérieure, dépassa de beaucoup à l'intérieur la Législative; en' violence et régna dans le sang.
Le 18 mars 1793, 'elle porta la peine de mort •contre tout prêtre atteint par la. loi ide déportation et caché sur le territoire de la Hépublique-; en outre, elle rendit obligatoire la-dénonciatiion des proscrits. Le 23 avril, une loi d'exception statua que « tous les- ecclésiastiques >sécuiliers>et réguiliers, frères convers et laïcs, qui n'ont pas prêté le serment de maintenir la liberté et l'égalité conformément à la loi du i5 août 1792, seront embarqués et transférés sans délai à la Guyane franeaise » .
Du 3i mai 1793 au 9 thermidor (27 juillet) 1794^
le règne de la Convention s'appela la Terreur. Les lois les plus injustes et les plus cruelles furent votées et appliquées. Des milliers de victimes furent jetées en prison et immolées, les tribunaux révolutionnaires en vinrent à interroger à peine les prévenus, à supprimer pour eux tout moyen de défense, à ne citer aucun témoin, surtout en faveur des accusés, et à condamner à mort pour de vains prétextes, ceux qu'ils appelaient des fanatiques ou des contre-révolutionnaires.
Le torrent passa plus dévastateur à Arras, patrie de Robespierre, que dans la plupart des autres villes de France. Les sœurs de la Maison de Charité finirent par être emportées et par verser leur sang virginal sur la place de Cambrai; mais elles furent longtemps respectées, par leurs pires ennemis et, contrairement à toutes les prévisions humaines, elles restèrent à leur poste jusqu'en i794r alors qu'autour d'elles tous les établissements religieux étaient tombés, détruits ou désafiPectés. Il est même probable que, sans la malheureuse question du serment qui sema partout tant de ruines, elles n'auraient jamais été inquiétées en quoi que ce soit. Avant que cette question ne se posât pour elles, au mois de juillet 1792, elles eurent la douleur de voir la jeune sœur Coutocheaux les quitter, abandonner le service des pauvres et retourner dans le monde. L'héroïsme dans la vertu a toujours été le privilège d'un petit nombre.