AR'KAS
rents^vêques ' OU ^ vicaires 'généraax' Ids'Téponses pontificales-.' Il' se montre •bppo8e'^u"sep.menl, va jusqa*à idire- d'un:' prêtre-: qu'il ■'est ' coupable de l'avoir -^prêtéy veoftouj ours savoir- si- la formule- a été 'prononcée avec ou-sans- restriction,', mais il'' insiste" pour 'qu'on n'impose '^jamais - de^ rétracta-^ tion.
Reste lai 'formulé : « Qii-ils 'se ' mettent en • reglel avec leur conscience,' puisque dans' îè doute il n'est pas permis de jurer.- » Quel' en est le sens? '
Un«^ noté donnée 'plus 'tard iau ^ardihal 'Caprara • nous apprend que l'expression consulant consoien-^tiae suae, qui regarde 'toujours Jceus: qui ^ont "déjà prêté le serment' et ne «'applique jamai&à- Tàvenir, est une invitation ' à -s'approcher du- tribunal ^dé la - PénitBnce ; quant au sens ^objectif :du vaxit^'doutei dans le principe énoncé >: in dtibiiojurare' nondicet, '., il ressort iclairement d'une ilettre du CardinaL Pro- ■ Dataire, ci-téetplùs haut, ainsiïque'des-îinstructions données pour le serment ide « 'fidélité à Ja Gonstitution)de l'ani Vllt » .
> Ne peut^n pas' dire comme, > conclusion finales de ce tteitrop?courte /étude 'Surlessermêntdc Liberté- • Égalité, que Pie ^ VI,' tout em (respectant :les per- sonnesf.de tceuxqui ontjuréj est nettement coatraire ■ au sarment lui;»mêïnfe ? iCîest- le ' sentiment de ' ■ M. Émory écrivant : « 'Puisque:- Id'plupart des évêques et notre Saint-Père répugnent au sermersty si: aujûurd'ihûi -il fallùit-M fairei jeyne 'le femis point. y>
C'est aussi la doctrine des documents conservés aux.Archives du Vatican sur ce grave sujet.
Du. reste, quel qu'ait.é té l'état dé. là. question. et des esprits dans quelques diocèses de France, à
Arras les fidèles n'eurent pas . à hésiter. L'Ordinairey M** 'de Conzié, son chapitre' et le nombreux clergé desneufparoissBS.de la ville qui, à l'exception d'tin seul curé et d'un seul vicaire, avaient refusé généreusement le serment de fidélité à la Constitution civile. -dii Clergé, refusèrent également le serment dé Liberté-Égalité. En 1792 et 1793, obligés dé céder pour un temps à la . violence toujours croissante, ils n'hésitèrent pas et partirent en grand nombre pour l'exil.
De T'ournay, où il se réfugia toutd'iabord, M^' de Conzié suivit avec grande sollicitude les, événements de sa ville épiscopale. Un précieux certificat délivré sur son ordre, le ao février I794j' à ;une compagne delà sœur Fontaine, et conservé en original . à la. Maison, de Charité d'Arras,. nousmontre clairement son, attitude , dans . la question du serment, et fait en même temps ressortir la fermeté des-sœurs :
a toùis-François-TMàrie.-Hîlait'e de Cônjaé,- par la miséricorde divine et la mission du Sàint-Siege apostolique, Evéque d'Arras,' nous certifions à tdusqu'il, appartiendra, que la .sœur Thérèse Eâbré, religieuse dé la Congrégation dé. Saint- Vin cent, a. demeuré en sadite qualité de religieuse, l'espace dé cinq ans dans la maison dite dé là Charité, établie ^ en la! ville d'Arras, pendant lequel tems, elle a rempli, avec autant, d'exactitude, que de, vigilsince, ses devoirs dans les différents exercices et occupations delà maison, et n'a cessé de' montrer, dans le . soin, des malades, soit dans le soulagement des pauvres, un zélé aussi àctirqu'édifiant ; que, fideléà sa vocation et fiprme et inébranlable dans son atta^ chement à la Foi caiholiquej elle a, maigre les solli-
citations et les menaces, refusé et manifesté ouper^ tementle refus deprêter aucun serment; et qu'enfin elle avait été contrainte, pour échapper à la persécution dont elle était menacée, de quitter la France et de se retirer dans ces contrées, en foi de quoi, nous lui avons fait délivrer le présent certificat signé de l'un de nos Vicaires généraux, et scellé de notre petit scel ordinaire. A Tournay, le ving février mil sept cent quatre vingt quatorze. »
(Place du sceau). Signé : «de Boùrghelle, Vicaire général, »
Ainsi M^' de Conzié exilé se plaît à faire ressortir en 1794? « le refus de serment des sœurs malgré les sollicitations et les menaces » ; il reconnaît publiquement le mobile désintéressé d'un si noble refus, la fidélité à la Vocation et l'attachement inébranlable à la Foi catholique ; et il approuve hautement une telle conduite. On ne peut guère douter qu'il ne l'ait inspirée lui-même. En partant pour la Belgique, il avait laissé à Arras trois Vicaires généraux avec les pouvoirs les plus étendus. Ceux-ci exercèrent sur les sœurs une action décisive, d'autant que parmi eux se trouvait un prêtre de la Mission, M. Ferrand, supérieurdu Séminaire, qui demeura, pendant tout son séjour à Arras, c'està-dire jusqu'au mois de septembre 1792; leur directeur spirituel.
De leur côté, sur la terre d'exil, les curés et autres prêtres de la ville, chassés de leurs paroisses, ne se désintéressaient pas des événements. Nous avons eu entre les mains un « celebret » prouvant qu'en 1795, dans le diocèse de Cologne, M, Rambure faisait reconnaître par l'autorité ecclésiastique son
LE SERMENT DE LIBERTE-EGALITE. Tî
titre de curé de Saint-Jean d'Arras. D'autres se mettaient par lettres en communication avec leurs paroissiens et faisaient circuler des avis ou instructions, pour maintenir leur peuple dans la bonne voie.
Les sœurs n'eurent donc pas à hésiter. Leur devoir consistait à suivre docilement et sans faiblesse la ligne de conduite tracée par leur évêque et par leurs prêtres ; elles la suivirent avec la plus grande générosité et résolurent de refuser tout serment : ni les menaces, ni les promesses, ne purent jamais ébranler leur résolution. Nous les verrons bientôt arrêtées, jetées en prison, condamnées à mort, à cause de ce refus que tous les documents officiels disent obstiné.
En refusant ainsi le serment de Liberté-Egalité, elles marchaient sur les tr-aces des glorieux martyrs de septembre, elles suivaient la direction de M. Cayla, supérieur général, et du grand nombre de ses confrères, de la mère Deleau et des Filles de la Charité en général, enfin de la grande majorité des évêques et des prêtres de France, elles entraient pleinement dans les vues du Souverain Pontife Pie VI. Il était impossible de se former la conscience d'une manière plus sûre. Benoît XV Fa proclamé solennellement le 6 juillet 1 919, dans le discours qu'il a prononcé à la suite du décret reconnaissant le martyre des bienheureuses sœurs. Pour les théologiens romains, la formule du serment de Liberté-Égalité était équivoque, seule une déclaration officielle du gouvernement français pouvait la rendre claire ; cette déclaration demandée avec instance parle Pape à M. l'abbé de Salamon, son internonce à Paris, ne fut jamais donnée et
Je..doxi.te^ur, le, sens réel duiœri]!Lent.subsîfita..tou- Jours.
Xes sœurs, fortes du: bon,.. témaign^agiedeleiir conscience,, évitèrent de prQvpqjuer les^.honamjes de la Révolution et se résignèrent à modifier pour un temps leur.: costume religieux; mises.. dans l'impossibilité de communiquer avec leurs, supérieurs, majeurs, elles s'unirent davantage entre: ielles, .pour rester , à, leur ..poste et continuer, plus longtemps leurs œuvres . .de . charité ; mais . faire,, le moindre acte, contre la Eoi ou contre, leur. Vocation, ..elles, ne purent jamaisi s'y résoudre, . et-)préférèrent . rester privées de. pension .jusqu'à la.fin.. Benoît.XV. a loué en ces. termes leur attitude '. a. Elles refusèrent de prêter un serment imposé, par des lois ■. iniques^ par cet qu'elles voulurent garder immaculée leurfoiy parce quelles n'écoutèrent que la voix de la conscience, qui, les .avertissait de ne pas . s'écarter non seulement des eommandementSy mais. des. conseils du Chef, suprême .de l'église. »
La sympathie du peuple les. protégea longterpips et détourna de leur maison. la fureur .des révolutionnaires*^ B.espectées et aimées de. tous, elles continuèrent pendant les derniers, m ois .de 1792, toute l'année 1793, et les premiers jours de 17.94 à faire du bien autour d'elles. . Jusqu'en. novembre 1793, époque; de l'arrivéei à Arras du. fameux représentant Joseph Lebon, leur refus de serment passa même inaperçu fit ne leur attira= aucun. dés.agyément.
La doctrine exposée brièvement dans ce chapitre sur le serment de Liberté-Égalité est celle de Pie VI, des martyrs et des confesseurs, de l'époque révolutionnaire, de la. grande: mjajorité des évêques
et des prêtres de France. Elle a été plusieurs fois approuvée et confirmée par les voles répétés de la Congrégation des Rites, par Benoît XV dans son discours du 6 juillet 1919, enfin par la Béatification des quatre héroïnes qui préférèrent mourir que de prêter le serment.