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cette dure nécessité. Après quelques semaines de prison, ses habits se trouvèrent tellement usés, que le pauvre enfant n'osait plus et ne pouvait plus se montrer. i Son père,' désfoilé, eut recours à tous ' les ' moyens ' pour remédier- à un tel état de choses, -les geôliers ' ne vt^ùlurent rien entendre ; enfin à bout de ressources, ' M. Cartier détacha un vieux rideau et en fit faire une culotta d'enfant.
La fureur des gardiens fut grande, quand ils •constatèrent le dégât; ils ne tentèrent pas cependant de reconstittter le rideau et permirent à l'enfant d'user son nouvel habit.
Madame Cartier pouvait ainsi se rendre compte qu'auprès' de son-père, le jeune Désiré n'était pas mieux partagé que sa mère et ses sœurs, et que la famille tout entière se 'trouvait victime des' mêmes persécutions.
Dans une telle extrémité, les' dames, emprisonnées comme suspectes, cherchèrent les moyens ^e tromper leurennui,' de chasser 4es idées noires et d'entretenir dans leurs âmes, avec un peu de gaieté, la force et Féaergie que réclamait leur immense inCortune. Elles formèrent, autour de leurs lits de petits cercles où se réunissaient amies et connaissances. Pour un instant, on oubliait la prison, chacune devait égayer de son mieux la •conversation, éviter tout sujet de tristesse, trouver des inï)lifs • de conrfianee, procurer au moins quelques instants de distraction. "Pour varier, on fixait autour d'un iautre lit la réunion prochaine. Des liaisons, des amitiés durables se formèrent au milieu de ces cercles ingénieux et innocents. Les sœurs furent invitées de bonne heure à prendre part à ces réumons, à fournir
leur contiog«nt de ' résîgnateon gaie, de paroles bonnes, de traits' édîfiaats et en général de courage et de bon exemple chrétien. Elles se prêtèrent avec: > beaucoup de' grâce' à ee rôle, qui îear convenait mieux qu'à tout: autre, et les différents cercles se lesdisputèrent. Gést que dans certains malheurs' plus affreux, -même auprès des âmes les plus courageuses, rien ne remplace les eonsoilatioos •• de la religion, et ces consolations- ne sont bien communiquées" que paroles âmes consacrées à Dieu.
En Fy9(4j lamort, la déportation, l'exil avai-ent moissonné les prêtres, canaux ordinaires des comrftunications divines. 'Dieu sut remplir les vides laissés par leur absence.
Des faits nombreux prouvent que pendant la Terreur, il suscita, dans les différentes prisons de la capitale et des provinces, des âmes' d'élite à qui ii eonfia un apostolat tout particulier.' Elles consolaient fet ■encourageaient les détenus, leur faisaient entrevoir' et "aimer un bonheur plus solide que celui d'ieâ'-'bas, et les. portai'ent à sacrifier généreusement à' Dieu leur liberté et leur vie. Ellesmêmes jouissaient, semblables aux mart}'TS de la primitive Eglise, de souffrir et de mourir en haine de la religion et pour des crimes qu'elles n'avaient point commis.
Dans les documents parvenus jusqu'à nous, la sœur Madeleine Fontaine nous apparaît avec la grâce de cet apostolat. A Arras, sur la route de Cambrai, et à Cambrai r dans la salle du tribunal révolutionnaire, dans les rues et jusque sur l'échafaud, elle parie comme une envoyée de Dieu et a le don de consoler et de relever les cœurs abattus. Sa
mission commença dans les prisons mêmes d'Arras. Aidée de ses compagnes, elle sut rendre aux prisonniers la résignation, le courage et l'heureuse confiance en Dieu. Au reste nul n'était plus menacé qu'elle et ses trois compagnes.
Le i5 germinal an II (4 avril 1794)? après sept semaines de détention, elles furent tout à coup extraites de la prison de la Providence et amenées devant deux membres du Comité de surveillance, les citoyens Pater et Boizard. Le Comité avait le matin même décidé leur interrogatoire, à la suite d'une dénonciation odieuse du citoyen Mury.
Nous avons raconté plus haut comment des.
perquisitions minutieuses, ordonnées par le District, n'avaient fait découvrir rien de suspect à la Maison de Charité. L'énumération, dans l'inventaire, des différentes pièces de la maison et le relevé des moindres objets qui les meublaient, prouvaient le soin qu'on avait mis à tout rechercher et enlevaient . l'espoir de découvertes ultérieures. En outre, les sœurs, restées seules, plusieurs semaines encore, après l'arrêté du District qui leur imposait un directeur hostile et les menaçait de l'expulsion ou de la prison, avaient eu la facilité de faire disparaître leurs papiers compromettants, si elles en avaient eu. Il semblait donc diJBScile, sept semaines après leur arrestation, de faire dans leur maison une découverte suspecte. Cependant le 1 3 germinal (2 avril 1794), la: fille du directeur" de la Maison de Charité, Eugénie Mury, qui était en relations suivies avec le citoyen Daillet,' président du tribunal révolutionnaire, et avec la citoyenne Robespierre, sœur du fameux Maximilien, affirma avoir trouvé, en l'absence de tout
témoin, il est vrai, une véritable cargaison de journaux, brochures et autres papiers contre-révolutionnaires. Le Comité de surveillance, mis au courant, ordonna aussitôt de poursuivre les sœurs.
Suivons pas à pas la marche rapide de cette curieuse et étrange procédure qui fait si bien ressortir la sérénité, la droiture, la prudence consommée des quatre martyres, surtout de la sœur Fontaine. Toutes les pièces officielles en sont conservées aux Archives départementales du Pàs-de-Calais. La première pièce, inscrite sur les registres aux dénonciations du Comité de surveillance et révolutionnaire d'Arras, est ainsi formulée :
« L'an deuxième de la République une et indivisible, le quinze germinal, le soussigné directeur de la Maison dite de Charité à Arras, déclare qu'il a été, le treize de ce mois, trouvé par l'une de ses filles, au-dessus d'un lieu de commodité, couverts avec de la paille, quatre paquets dont deux de Gazette Marchand des années 1789, 1790, 1791 et 1792, un des Courrier Boiteux et un autre paquet contenant une Délibération et Adresse des catholiques d'AlaiSy l'Ami des Campagnes ou Voyages en Flandre, Artois, Hainault et Camhrésis, Discours de Cahier sur les événements du 20 Juin 1792, Annales universelles et métodiques concernant la politique, la législation, etc. , et Dissertation théologique sur le décret national du no mars dernier, lesquels paquets, le soussigné a remis au Comité de surveillance et a signé la présente dénonciation les jours, mois et an que dessus. »
Signé : « Mury. »
Le Comité trouva la dénonciation recevable,
ordonna la comparution des sœurs et nomma deuxi commissaires,. Pater et Boizard, pour les interroger, i5 germinal an II (4 avril lyg^)'. Les commissaires firent comparaître tout d'abord « la citoyenne Eugénie Mûry, demeurante à Arras^ âgée de 25 ans, fille du citoyen André-François-Joseph Mury, directeur de la Maison de Charité ». Invitée à faire connaître « les faits et circonstances » de sa découverte, elle déclara que deux jours auparavant, le i3 germinal, cherchant des œufs dans la cour de la maison, elle avait pénétré dans un réduit et trouvé, cachés sous la paille, quatre paquets de gazettes et des papiers imprimés. Elle avait remis le tout à son père et celui-ci l'avait porté au Comité de surveillance. La déposition est signée : « Eugénie Mury », et plus bas :
« Pater, » « Bôisard,
Président. »
L'interrogatoire des sœurs commença aussitôt. Il est court et laconique. Les questions posées dénotent chez les commissaires l'intention d'aller vite; les réponses d^s sœurs respirent l'innocence et la simplicité, manifestent en elles un certain étonnement et pij-ouvent leur ignorance complète du fait reproché ; en général elles font ressortir dans les quatre accusées une grande possession, d'elles-mêmes et la résolution arrêtée d'accepter avec patience et sans protester les plus grandes persécutions. Aucun apprêt, aucune entente préalable ne se faitsentir; la sœur Lanel croit même devoir revenir sur une réponse déjà acceptée et avoue à son détriment ce qu'on ne lui demandait .pas.
L'ordre des interrog^atoires serait intéressant àconnaître, mais il est impossihVe de l'établir. Les feuilles, signées, de chaque sœur et des deux commissaires, sont détachées et sans indication ; les questions et réponses n'accusent d'tune^ manière certaine aucune priorité; seule une instance particulière des juges fait supposer que les sœurs Fontaine et Lanel comparurent :les dernières.
Suivons l'interrogatoire de la sœur Fontaine; il nous servira de base pour étudier ceux, de se«i compagnes et pour faire ressortir la nullité juridique du procès, ainsi que la véritable cause de la condamnation à mort :
« L'an deuxième de la République une et indivisible, le quinze germinal, en exécution de l'arrêté du Comité de. surveillance et révolutionnaire de ce jour, a été amenée, pardevant les membres qui le composent, Madeleine Fontaine, laquelle a répondu de la: manière suivante aux questions qui lui ont été proposées :
« Interrogée de ses nom, surnom, âge, qualité et demeure. — A répondu s'appeî/èr Madeleine Fontaine, âgée de soixante onze ans, cydevant sœur de la Charité d'Arras, actuellement en la maison d'arrêt ditfe de la Providence.
« A elle demandé si. elle sait pourquoi elle est en la maison d'arrêt. -^ — A répondu que non..
« A elle demandé si elle en soupçonne le motif. — A répondu qu'elle soupçonne que c'est- à cause qu'elle a refusé de prêter le serment,, ne le devant pas, n'étant pas religieuse.
« A elle demandé qu'elles {sic) étoient ses liaisons pendant qu'elle étoit sœur de la Charité. — A répondu qu'elle n'en, a eu qu'avec les
pauvres au service desquels elle s'étoit dévouée.
(c A elle demandé si elle lisoit les papiers publics, et si elle en recevoit pour sa maison. — • A répondu que non, qu'elle n'étoit pas assez riche pour cela.
« A elle demandé si personne ne les lui faisoit passer journellement. — A répondu que non, qu'elle n'avoit pas le tems de s'abonner.
« A elle demandé si elle n'a pas lu l'Ami des Campagnes et la Protestation des catoliques d^Alais et le Courrier Boiteux. — A répondu que non.
« A elle demandé si elle a connoissance qu'il ait été déposé ches elle, quelques paquets de Gazettes Marchand^ un paquet du Courrier Boiteux et les brochures cydessus. — A répondu que non.
« A elle représenté lesdits paquets et demandé si elle les a vus ou s'ils ont appartenu à sa maison. — A répondu que non.
« Lecture faite à laditte Fontaine de ses réponses aux interrogats {sid) cydessus. — Elle a déclaré qu'elles contiennent vérité et a signé. »
« Madeleine Fontaine. »
« Pater. » « Boizard,
président. »
Toutes ces réponses sont réservées et dignes.
On se rappelle, en les lisant, les paroles célèbres de Notre-Seigneur, dites pour les confesseurs et les martyrs : a Vous serez menés à cause de moi, devant les gouverneurs et les rois, pour me rendre témoignage devant eux et devant les Gentils. Lorsqu'on vous livrera, ne pensez ni à la manière dont vous parlerez, ni à ce que vous devrez dire : tout cela vous sera donné à l'heure même. Car ce n'est
pas vous qui parlerez; mais c'est l'esprit de votre Père qui parlera en vous. »
La vénérable supérieure sait qu'il n'y a rien à obtenir de commissaires, chargés avant tout de remplir une formalité, et elle ne cherche ni à capter leur bienveillance, ni à leur demander justice. D'un mot, elle rend compte de sa conduite et évite la moindre parole blessante pour des juges qui ne savent rien respecter.
La question si elle sait pourquoi elle est en la maison d'arrêt est étrange et significative, posée par deux membres du Comité de surveillance. Le Comité avait donc ordonné et maintenu pendant sept semaines l'arrestation, sans en faire connaître le motif aux prévenues ! Le simple « non » de la supérieure est touchant j ses compagnes le répètent sans commentaire ; seule la sœur Gérard ajoute, avant d'y être invitée, qu'elle ne soupçonne même pas le motif de sa détention.
A la demande si elles ont prêté le serment, deux se contentent de répondre qu'elles n'y sont pas obligées, la sœur Lanel ajoute à la réponse de sa supérieure, qu'elle se croit libre dans ses opinions.
La question sur les liaisons, entretenues avant l'arrestation, n'est pas posée à la sœur Gérard. Les trois autres prévenues répondent qu'elles n'ont fréquenté que les pauvres : réponse sage et prudente à une époque de délations perfides, où la moindre parole équivoque pouvait provoquer des arrestations dans les familles les plus honorables.
Pour en arriver aux fameux papiers accusateurs, surprendre les prévenues et provoquer des aveux, les commissaires conduisent l'interrogatoire avec beaucoup d'habileté.
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Après uBe (juestian. un . peu ■ vagme sur. la lecture des feuilles publiques en général,, question, qui n'embarrasse nuilenuent les isœursi, ils. restreignent leur interrogatoire, citent les titres qu'ils ont sous les yeux, et demandent aux prévenues des explications; Les sœurs connaissent-elles ces feuilles et ces brochures ? Les ont-elles lues quelquefois? A^^aienielles pris un abonnement? Les leur, communiquaiton du dehors ? Les réponses sont, toujours négatives et par toutes les sœurs. Seule la sœur Lan el se trouble un instant et au dernier moment glissed'elle-même sur un terrain.étranger aux débats.. Elle avait déjà, par trois réponses très 'précises, et très catégoriques,, nié avoir lu et reçu dans lia. maison despapiers publics, et en particulier la . Gazette. Mwckandf le Courrier Boiteux, l'Ami des. Campagnes et la Protestation des catholiques d'JLlais^ . quand oh lui présenta, les pièces à conviction. Par respect pour la vérité, elle crut devoir faire .un aveu. Nous citons textuellement ; : ce . A elle représenté les deux, paquets de Gazettes Marchandy c^m. du Courrier Boiteux, et celui contenant les -d^ux. papiers ci-dessus,. \a>. Dissertation théolo^queisuv le décret du .20 mars, le Discours de Cahier sur lès éfénemens du ao juin elles Annales, métodiqueSy et à elle demandé si, elle les-a vus et s'ils, ont. appar?tenu à sa maison. — A.répondu . que non,, qu'elle a quelquefois lu Aes Coarriers.BoUeiuv mais ita.T rement.
« A elle observé qu'elle se .contredit,. -puisqne précédemment, elle a nié avoir lu le Courrier Boiteux. — Elle a répondu qu'elle a entendu, dire, qu'elle n'avait pas lu ces . Courriers dans, la mai^ son. »
LA DEUXIÈME PRISON : lA PROVIDENCE. 135
, ,Cet aveu,., quelle qaCï soit l'interprétaddon qu'on lai donne/rae/diminue en rien la forée juridique dé l'iiinanirïEité. 4ès réponses, sur de ipoint principal. Quand lest comnaiissarres eothibent les papiers apportés par. le. direeteur Mury, -et demandent: aux prévenues.. de les .reconnaître et d'expUquer leur
■ présence .=.dansieor. maison,. les mêmes dénégations sontirépétéesi quatre fois -sans: la moindre variante. Aucune, seeur n'a .jamais vu ces paquets, aucune n'en a entenduiparler, iil leur esti; impossible de dire; quiies a introduits dans la Maison de. Charité. L'une d'elles, la sœur Eau tou, plus perspicace ou pjtus' hardie que ses compagnes, va plus loin et,
. avant, de >se retirer,, met les juges, sur la voie de la vérité et.de Pimposture : a A elle représenté les papiers dont il s'agit en la. dénonciation, et demiandé
siiielle :sait. qui les.a.mis dans. la jnaison. A
réponduqu'elLe. ne- les connaît pas, ne sait qui Les y Si.xmSyquilj^iatant de' monde qui entre dans la cour, que Von aurait pu les mettre .dan& quelqu endroiti'dela-fmxdsQn. pour leur fairei de la peine. » :En l'absence; de .♦:aut: avocat et de. tout; conseil de défense, cette réflexion simple i mais juste, fait très bien rassortir Kinanité :de la. dénonciation, et ; ébranle .sans peine tout l'échafaudage . de Ja procédure.
Après cet interrogatoire, que raste-t-il de Faccusation? ,Uiae seule prévenue reconnaît avioir lu ou plutôt enten du; lire . quelques; numéros, du Courrier
'' Boiteux jxTnaxs en .dehors i de la maison. Aucune sœur ne 'connaît les; papiers itrouA'és -sous la paille, sept semaines après l'arrestation ; aucune ne les a vus, :ila;-maison n'y éLait^pas abonnée, la cour où on les. a trouvés est ouverte, à tout venant, les
hommes de la police y ont passé et repassé sans rien voir, la fameuse découverte et l'enlèvement des pièces se sont faits sans témoin et par des ennemis : juridiquement l'accusation est insoutenable, aucun semblant de preuve n'est venu l'étayer, elle re paraît même pas vraisemblable. Les commissaires ne peuvent que rendre une sentence de non-lieu, mettre les sœurs en liberté ou tout au plus les renvoyer à la « Providence » leur seconde prison. Les dames suspectes y sont plus éloignées de la guillotine qu'à la prison des Baudets, et peuvent s'y consoler mutuellement par l'espérance d'une libération définitive. Mais sous la Terreur et sous l'administration de Joseph Lebon, les juges avaient d'autres principes ; des prétextes, des soupçons leur suffisaient pour condamner certaines catégories de citoyeps, et les sœurs ne pouvaient leur échapper. A cinq heures du soir du même jour, le Comité de surveillance se réunit pour la seconde fois et prit l'arrêté suivant :
ce Vu la dénonciation couchée cejourd'hui, sur le registre reposant en la secrétaireriô du Comité de surveillance et révolutionnaire d'Arras, par le citoyen Mury, directeur de la Maison de secours dite de la Charité, la déposition d'Eugénie Mury sa fille, aussi de cejourd'hui, les réponses des nommées Madeleine Fontaine, Marie Lanel, Madeleine Fanto (sic) et Jeanne Gérard, toutes quatre cy-devant sœurs de la Charité, actuellement détenues en la maison d'arrêt dite de la Providence, aux interrogats (sic) qui leur ont été aussi cejourd'hui proposés.
« L'Assemblée, considérant qu'il résulte des pièces ci-dessus une violente présomption que les
dites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard ont caché, en la maison par elles ci-devant habitée, des papiers de gazettes contre-révolutionnaires et tendant à exciter à la révolte et allumer la guerre civile dans ce département.
« Arrête, que les dites Fontaine, Lanel, Fanto et Gérard seront conduites en la maison d'arrêt du tribunal révolutionnaire du département, et que les pièces ci-dessus reprises, ensemble le présent arrêté, seront envoyés à l'Administration du District d'Arras dans les vingt-quatre heures, conformément aux dispositions de la loi du dix-huit nivôse dernier.
« BOIZARD, a GuiLLEMAN,
Président. » Secrétaire. »
Ainsi de la négation unanime des quatre accusées, jointe à l'invraisemblance du fait reproché, et à l'impossibilité de trouver une preuve juridique, il résulte pour les juges de Joseph Lebon une violente présomption que les sœurs sont coupables. L'expression évidemment est à retenir.