TROISIÈME PRISON : LES BAUDETS
jour dans lies caehotsi; pour ■ elles ,■ loin 'de- se faire ilksionp elles n'attéadaient que la mort et se préparaient généreuse nsent à consommer leur sacrifice. La? sœnr Fantoni avait appris la persécution qui sévissait terrible,: en Bretagne, au lendemain de la défaite de La Rbcliejaquelein' ei de la grandes armée catholîqpe; du fond de sa prison et ' en face de la guillotine, elle- recommanda aux siensi d'être fidèles à la Religion et à Dieu, et de tout soufîrir plutôt que d'abandonner leur Foi.
Elle devait bientôt^ fidèle jusqu'au sang, mettre en pratique ses propres- conseils et donner un exemple salutaire à ses généreux parents. Nous avons dit jplwsliiaul que ceux-ci apprirent les circonstances extraordinaires de sa mort, et en conservèrent pieusem-ent la tradition, comme un trésor de famille.
Tandis que le Comité de surveillance préparait le dossier pour l'accusateur public, il reçut, le i8 germinal, une nouvelle' lettre du citoyen Mury, toujours acharné' à lîi perte^ defe sœurs. Ce triste personnage « mandait » au Comité «c qu'il pourrait se trouvïer quelque chose de .caché danS' une cheminée de la JVIaisan de Charité, attendu qu'il y avait aperçu une muraille nouvellement faite », Le Comité à son ordinaire donna suite à la dénonciation. « L'Assemblée arrête, lisons-nous dans le registre aux délibérations, que les citoyens Guiileman et Pater se transporteront en ladite Maison de l'Humanité, accompagnés d'un maçon, pour y faire ouvrir la voûte dont il s'agit^ et y faire les recherches nécessaires dont ils tiendront procèsverbal. »
Maçon, directeur, commissaires vinrent donc dans la maison des sœurs, abattirent le mur suspect, fouillèrent les moindres coins, mais, déclarent les commissaires dans le procès-verbal : « Après avoir fait les perquisitions les plus scrupuleuses, nous n'avons rien trouvé ». Le dossier fut expédié sans supplément. Toutefois Mury ne se tint pas pour battu. Pour amener une découverte, il se sentait plus habile que les maçons, commissaires, policiers et tous les chercheurs réunis du Comité de surveillance. Surtout quand il était seul ou avec sa fille, il avait la main excessivement heureuse.
Six jours donc après les perquisitions scrupuleuses dont nous venons de parler, il se présenta au Comité avec une Gazette du Nord trouvée là où les deux commissaires et leur maçon n'avaient rien vu auparavant. Les commissaires, indirectement accusés de maladresse ou de « modérantisme », protestèrent-ils, le Comité trouva-t-il étrange la nouvelle découverte, toujours à huis clos, du directeur de l'Humanité ou bien la sympathie du peuple pour les sœurs gagnait-elle les bourreaux eux-mêmes, toujours' est -il que l'accueil fait au dénonciateur fut plutôt froid. On lui donna sèchement acte de la déposition de sa Gazette^ et séance tenante, la pièce nouvelle fut envoyée à l'accusateur public, avec la lettre significative que voici : « 26 germinal. Nous t'envoyons une Gazette du Nord apportée par le citoyen Mury qu'il nous a dit avoir trouvé {sic) dans la maison des cid. religieuses de la Charité. Nous te prions de nous en accuser réception ». Il faut souligner l'expression « quil nous a dit av^^r