‹ Les bienheureuses Filles de la Charité d'Arras [microform]Chapitre 27 sur 58 · TROISIÈME PRISON : LES BAUDETS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PRISON : LES BAUDETS

trouvé » : elle est admirable sous la plume d'un Comité révolutionnaire de Joseph Lebon. Nous la retrouvons textuellement dans le registre aux délibérations du Comité. Les hommes de la Révolution, fournisseurs des prisons et de la guillotine, se connaissaient trop les uns les autres, pour oser se porter garants des renseignements fournis par leurs collègues.

Et dans les deux départements directement soumis à Joseph Lebon les têtes tombaient toujours, et les arrestations se multipliaient. Le 6; floréal (26 avril), dix jours après la lettre du Comité de surveillance que nous venons de citer, un ami de la famille du dictateur écrivait « à la citoyenne Robespierre » : « Nous sommes passés à Arras sans nous arrêter : pendant que l'on relayait, je me suis acquitté de ta commission : ce que l'on dit de ton pays est vrad : depuis six semaines on a guillotiné cent cinquante personnes et incarcéré environ trois mille. Des citoyens ont été trouver un ami de ton frère ; on lui a dit : Vous seul pouvez faire entendre la vérité, Robespierre a confiance en vous. Il leur a répondu : Comment pourrais-je écrive ^puisque tous les jours on assiste au déparât des lettres ? »

Un peu plus loin il ajoute : a Te t'épargne d'autres détails trop atroces pour être crus lorsqu'on n^en a pas été témoin oculaire. »

Ces constatations pourraient être taxées d'exagération sous la plume d'un républicain ordinaire ou d'un partisan de l'ancien régime, mais elles sont écrites à la sœur de Robespierre, par un ami de la famille du terrible dictateur, et les documents de l'époque en confirment la triste vérité.

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x\insi, trois mille arrestations et cent cinquante exécutions en six. semaines^, des ^ détails: trop atroces pour être crus des : révolutionnaires qui n'en : ont pas . été témoins, oculaires^ et , du, côté des g^ens honnêtes, ou moins: mauvais^ personne pour essayer de portprremèdeàîcette affreuse situation : voilà l'état de. la ville dîArras à la -fin d'avril 1794;

Cependant au milieu de cette nuit longue et obscure, des étoiles 1 brillaient! au firmament, symboles d'espérance : c'étaient les humblesi et conrageuses Filles de saint Vincent de Paul. Lebon reculait, nous assurent plusieurs auteurs dii temps ^ devant la condamnation à Arras même, des quatre Bienfaitrices des pauvres, toujours sympathiques au peuple. Il sentait dans ces Vierges désarmées une force de résistance difficileà vaincre^ et attendait, pour assouvir sur elles sa haine contre la religion, une occasion favorable.

L'occasion vint à la fois satisfaire Joseph Lebon et augmenter la gloire des- Servantes de Jésus- Christ.

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