‹ Les bienheureuses Filles de la Charité d'Arras [microform]Chapitre 28 sur 58 · JOSEPH LEBON A CAMBRAI. IL RECLAME LES SŒURS · texte numérisé non relu

JOSEPH LEBON A CAMBRAI. IL RECLAME LES SŒURS

Mission de Lebon à Cambrai. — Son entrée dans cette ville.

— Scènes grotesques au District et au Conseil général de la Commune. — Le représentant admet à sa table tous les membres du tribunal et le bourreau lui-même. — Arrestations en masse. — Premières exécutions. — Joseph Lebon traduit au tribunal de Cambrai les principaux prisonniers d'ArraSi — Incidents surla;routei — Tentatives d'évasion.

— L'ordre d'envoyer les sœurs à. Cambrai arrive àArrasle 7 messidor à dix heures et demie' du soir. — Préparatifs de départ.

Malgré le: sang versé en abondance à Arras, le Comité de Salut public et les représentants du peuple Le Bas et St-Just trouvaient que là terreur ne régnait, pas; asaez dans- la région du Nord. La ville, de Cambrai, sii religieuse avant la Révolution, était, plus particulièrement Tobjet; de leur ressentiment. Aussi, en avril 1794 pressèrent-ils Joseph Lebon. de s^y transporter : « Il est indispensable, cher collègue, lui écrivirent-ils, que tu te rendes sur-le-champ à Gambray pour y surveiller, les ma-

nœuvres de l'aristocratie en faveur de l'ennemi.

« Nous t'invitons à emmener avec toi cinq des patriotes les plus vigoureux du jury et du tribunaji d'Arras et à annoncer dans Canibray une résolution inébranlable, de ne laisser impuni aucun crime contre la Révolution.

« Que ce tribunal soit civil et militaire ; qu'il mette, et dans l'armée et dans la ville, le redoutable respect de la Révolution.

« Tu ne dois plus quitter Cambray que tu n'aies reçu de nos nouvelles. N'en sors pas ; maintiens-y V esprit révolutionnaire et la justice grave et inflexible, tandis que de notre côte nous suivrons les vues du Comité de Salut public.

« Nous avons besoin, cher collègue, de ton intrépidité; cours à Cambray et donne-nous surle-champ et chaque jour de tes nouvelles.

« Salut et Amitié.

« Le Bas, Sa.int-Just. »

Joseph Lebon prit aussitôt ses dispositions et, le 5 mai sur le soir, fit son entrée^dans le centre de sa nouvelle mission. Il traînait avec lui le bourreau, l'accusateur public Caubrière, les principaux membres du tribunal d'Arras, en tout a vingt braves », dont le concours lui était assuré pour l'accomplissement de son œuvre.

Tous étaient à cheval, le chapeau empanaché, des pistolets à la ceinture, i|n long sabre recourbé au côté; ils s'avançaient sans ordre, l'air farouche, cherchant à répandre autour d'eux la terreur et l'effroi. Ils y réussirent, sans peine, dès les premiers pas qu'ils firent à l'intérieur des murs.

La nouveauté du spectacle avait naturellement

attiré de nombreux, curieux. Lebon ne tarda pas à apercevoir des femmes sans cocarde. Saisissant avec empressement une si belle occasion de montrer sa puissance, il ordonna de les arrêter sur-le-champ, et de les conduire au poste. Là, nouvel incident. Le chef du poste, Cattiaux, ne pouvant comprendre de tels abus de pouvoir, eut de la peine à prendre au sérieux ces arrestations; il hésita à recevoir les malheureuses, que lui amenaient des inconnus, et, loin de taire ses sentiments, il déclara, non sans un certain courage, qu'on maltraitait ces femmes pour des riens. Caubrière, appelé à remplir la charge d'accusateur public près le tribunal révolutionnaire, l'interpella vivement : « Tu as du bonheur que je n'aie pas mes pistolets chargés, mais tu t'en souviendras. » Le pauvre homme ébahi ne tarda pas à comprendre le sens de ces terribles menaces : dès le lendemain il se vit casser de son emploi et arrêté;

Ce n'était qu'un commencement. Le drame allait se dérouler dans toute son horreur à l'Hôtel de Ville, où le Conseil général de la Commune et le District attendaient le représentant. Le Conseil général n'étant pas au complet, Lebon, sans s'arrêter, ordonna aux membres présents, de convoquer pour 7 heures, en séance secrète, tous leurs collègues, et d'attendre ses ordres. Il se rendit au District.

En arrivant, il se jeta dans un fauteuil : « Vous me connaissez, je crois, dit-il, je suis le représentant du peuple; voici mes papiers », et il les communiqua pour les faire enregistrer. Pendant ce temps son escorte se répandait bruyante dans la salle et examinait tout, avec beaucoup de soin. Un lustre

150 CAJVIBRAI.

suspendu an plafond avait ses cristaux enveloppés, Galand, futur greffier du tribunal révolutionnaire, voulant les mieux voir, monta sur une table, défit les enveloppes et, aussitôt, comme hors de luimême, poussa les hauts cris, appela ses collègues, leur montra vivement sa découverte et les pressa de donner leur avis. Les cristaux avaient la forme de fleurs de lys. La bande entière fit chorus, protesta, se mit à hurler : « Oh! oh! des marques de royalisme, des fleurs de lys... C'est un tas de f. .. contre-révolutionnaires, un tas de gueux à guillotiner... » Les imprécations se succédèrent odieuses, grossières, et un calme apparent fut long à se rétablir; encore dura-t-il peu de temps.

Les « droits de l'homme » étaient affichés au fond de la salle. Sans songer à des conséquences que personne, do reste, n'aurait prévues, un employé les avait appliqués au revers d'une vieille carte d'Angleterre, où se voyaient encore, dans un coin, des restes d'armoiries. Caubrière, jaloux sans doute de son ami Galand, retourne le tableau, aperçoit les armoiries et entre dans des transport» de fureur extraordinaire. La scène du lustre et des fleurs de lys à peine calmée, recommence plus ridicule et plus violente. Pour la seconde fois les injures, le» épithètes d' « agents de Pitt et de Cobourg » pleuvent sur les pauvres membres du District qui ne savent où donner de la tête et se demandent, stupéfaits, ce qu'ils pourront bien devenir. Enfin, Lebon sortit, après avoir déclaré qu'il ferait le peuple juge de ces trahisons.

Au Conseil général de la Commune ou Conseil municipal, l'émoi devait être plus grand encore; les explications allaient tourner très vite au

tragique, et amener en pleine séance l'arrestation d'un membre du conseil. Lebon se présenta avec sa suite au grand complet. Le citoyen Leroy, dit Unité, « officier municipal », ignorant probablement ce qui venait de se passer au District, se permit de faire remarquer, qu'avec un tel public, la séance ne pouvait être secrète. Lebon ne daigna pas répondre, mais demanda, l'air courroucé, s'il n'y avait pas d'ex-rnobles dans le Conseil. « Ni ex-nobles, ni ex-prêtres y>, répond Leroy avec une certaine malice qu'il devait payer bien cher quelques instants plus tard. Lebon fait semblant de ne rien entendre et réitère sa demande. (/.Ni ex-nobles, ni ex-rprêtres », répète Leroy. En un instant, l'exaspération est à son comble. « Tais-toi, crie sèchement Galand, il paraît que tu affectes ». « Tais-toi, reprend Lebon blessé au vif, tu me « despectes, tu manques à la représentation nationale ». Alors toute la bande s'en mêle et accable le malencontreux conseiller, assez osé pour faire allusion à l'apostasie du chef. Jouy, membre du jury, se distingue bientôt des autres. Il prend violemment l'offensive, accable Leroy de questions, lui demande s'il n'a pas une sœur à Arras? s'il ne lui a pas écrit une lettre suspecte? s'il ignore que cette lettre arrêtée par la poste a été communiquée au représentant? Lebon, de plus en plus exaspéré, crie aussitôt et sans attendre la moindre explication : « Qu'on V arrête ». Jouy le saisit, l'entraîne 'vivement et lui ferme la bouche par cette menace : « Oh, ta tête tomberai »

Leroy fut envoyé à Arras, à la prison des Baudets.

Plus tard, devant le jury de la Somme, quand

on rappela celte entrée grotesque à Cambrai, Joseph Lebon sommé de s'expliquer se contenta de répondre : « Je l'avoue, mon arrivée nejut pas très polie I »

Après ces actes de sauvage brutalité, Joseph Lebon s'installa dans une maison dont il envoya au préalable le propriétaire en prison. Le représentant devait, pendant son court séjour à Cambrai, , changer plusieurs fois d'habitation, et choisir les maisons les plus commodes, où il faisait auparavant le vide par des condamnations à mort. Toute la bande le suivit. Représentant, juges, jurés, accusateur public, grefEer, commissaires, tout ce monde logea sous le même toit et mangea à la même table ; le bourreau lui-même y fut admis. Quelques lecteurs hésiteraient peut-être à croire ce dernier détail, mais Lebon en a fait l'aveu cynique dans son interrogatoire, devant les assises de la Somme. Il n'avait pas voulu, dit-il, « flétrir en l'éloignant, un homme non flétri par les lois ».

C'est dans un conseil, si atrocement composé, qu'allaient se traiter les affaires du pays de Cambrai, et s'agiter la grave question de l'arrestation et de la condamnation à mort d'un grand nombre de citoyens.

Les prisons d'Arras n'étaient nullement soustraites à sa juridiction, et, de Cambrai, Joseph Lebon veillait avec un soin jaloux sur le Pas-de- Calais.

Avant de s'éloigner, il avait formé à Arras comme un nouveau tribunal et choisi de nouveaux jurés et de nouveaux juges, chargés de condamner ceux qu'il appelait les conspirateurs ordinaires. Quant aux prévenus dont la naissance, la position

sociale ou le dossier attiraient davantage l'attention, il se réserva de les faire juger sous ses yeux, et de les traduire au moment opportun devant le tribunal de Cambrai. Les sœurs se trouvèrent dans cette dernière catégorie et durent attendre leur tour.

A Cambrai, les arrestations en masse commencèrent dès l'arrivée du représentant. La journée du 6 mai fut employée à dresser des listes de parents d'émigrés, de ci-devant nobles et d'autres suspects; sur le soir, les agents et les gendarmes, réquisitionnés en grand nombre, furent mis soui la direction des jurés et des juges, et la nuit se passa à faire des arrestations. Des lettres de Lebon et de ceux qu'il appelait « ses brades », nous attestent également deux choses : que les opérations étaient dirigées par les membres mêmes du tribunal, et qu'elles se faisaient de préférence la nuit. C'est un juré de Cambrai qui a écrit à la date du 9 mai 1794» cette phrase monstrueuse : « Vous connaissez l'activité du représentant; nous sommes tout à la fois officiers municipauxy District, Comité de surveillance, gendarmes, enfin plus mauvais que tous les diables ensemble ne l'étaient autrefois. » « Rien n'était capable d'inspirer la terreur, nous dit un.témoin des événements, comme d'entendre chaque nuit le bruit redoutable des arrestations. Des agents frappaient à coups redoublés, et, si l'on n'ouvrait pas, ils enfonçaient les portes. Dans quelles angoisses on se trouvait, lorsqu'on entendait ce cri : « Au nom de la loi ouvrez I y> Cela voulait dire : votre agonie commence. Dans une rue, que d'alarmes, que de terreurs avant que vous sachiez si c'était chez le voisin ou chez

vous que s'adressait la bande 1 Tout le monde était suspect. Pour peu que Iton s'estimât honnête homme, on devait .s'attendre à être accusé ».

Les délateurs, rares à la première -heure, finirent par se présenter nombreux, et par menacer les familles les moins en vue. La nuit du 9 mai, la quatrième seulement après l'arrivée de Lebon, on donna, nous dit le juré cité tout à l'heure, le coup de mort à tous les aristocrates de la Commune, a Les pères, mèreS, femmes, frères, sœurs, oncles, tantes, parents et amis d!émigrésj» furent saisis en très grand nombre et remis, ajoute la lettre, «.en bonne main ». Ils furent envoyés à la maison d'arrêt, rue de la Force (aujourd'hui rue de la. Prison), à la maison des ce ci-devant Anglaises » et au cr ci-devant Séminaire », qui regorgèrent bientôt de prisonniers. ;En cinq jours, tous les rouages de la machine révolutionnaire furent montés et mis en mouvement; la populace, le club, le tribunal révolutionnaire se donnèrent la main. La guillotine, dressée le 10 mai sur la Grande Place, commença aussitôt à 'faire couler le sang. Le 12 mai, deux jours seulement après le commencement des exécutions, Lebon écrivit, en ces termes, à ses .collègues Lebas et Saint- Just :

« Cambray, ce 28 floréal, l'an second de la République française, une et indivisible. Joseph Lebon à ses collègues Lebas et Saint-Just.

n La machine est en bon train, je l'espère;

raristocratie. tremble, et les sans-culottes : relèvent leur tête, si longtemps, humiliée. Les fonctionnaires prévaricateurs ne, s'échapperont pas; ceux qui n!ont pas osé déployer :d'énergie, jusqu'à ee jour, ne savent par quels moyens < réparer la. faiblesse passée. La conduite de tous sera examinée scrupuleusement, et vous entendrez parler des résultats.

« Une guerre à mort est livrée aux espions qui pullulaient dans cette place ; et certes, il ne tiendra pas à moi de dégoûter l'ennemi du dessein de nous cerner, en rompant sans pitié toutes ses intelligences.

(c Messieurs les parents et amis d'émigrés et de prêtres réfractaires accaparent la guillotine. Avant-hier un ex-procureur, une riche dévote, veuve de deux ou trois chapitres, un banquier millionnaire, une marquise de Monaldy, ont subi la peine due à leurs crimes. Un général de brigade poltron et fuyard jusqu'à .Péronne, dans une des dernières affaires, a été condamné à mort, et vient d'être conduit à Lille, pour y être fusillé à la tête des colonnes républicaines.

« Hier, trois espions et cinq ci-devant Français devenus échevins Autrichiens, ont également disparu du sol de la liberté.

« Salut et fraternité. »

Signé : xf. Joseph Lebon. »

En vingt-neuf séances, le ■ tribunal condamna a mort cent cinquante-deux victimes, bien que très probablement cent quarante-neuf seulement aient été exécutées. Malgré une large fosseicreusée sous la . guillotine , le. sang coula, le ; long- dci la me Tavelle ou de l'Arbre-d.'Or, et de la rue de l'Archevêché

(aujourd'hui rue Fénelonj, parcourut près de quatre cent cinquante mètres et alla au pont de Bon-Secours rougir les eaux de l'Escautin. Les anciens nobles et les riches furent exécutés les premiers, puis le peuple paya largement sa dette aux idées nouvelles : en peu de temps la terreur fut répandue partout- Joseph Leboû ne tarda pas à réclamer les prisonniers d'Arras, dont il s'était réservé le jugement. Un ancien procureur au Conseil d'Artois, Antoine Gilles, interné aux Baudets, fut amené a Cambrai le 20 floréal (9 mai), emprisonné aux Anglaises et exécuté le lendemain. Le 20 mai, trente-deux habitants du Pas-de-Calais étaient condamnés à mort par le nouveau tribunal révolutionnaire ; et les ^réquisitions de l'accusateur Caubrière continuaient. Les convois se succédèrent à courts intervalles sur la grande route qui traverse Tilloy, Vis, Marquion. Dans ces villages, les conducteurs s'arrêtaient pour relayer ou faire reposer leurs chevaux; les gendarmes entraient au cabaret; les prévenus, laissés seuls quelques instants ou surveillés de moins près, mettaient en commun leurs pensées, leurs tristesses, leurs espérances. Des scènes touchantes se passèrent; des projets d'évasion furent conçus; quelques prisonniers plus hardis tentèrent de les réaliser. Une de ces tentatives, émouvante, mais demeurée sans résultat, est relatée dans un compte rendu sommaire et brutal, conservé, à Arras, aux Archives départementales du Pas-de-Calais

« L'Agent national de la commune de Tilloyaux-Fosses, ci-devant Mofflaines, à l'Agent national du District d'Arras : Citoyen, je crois devoir t'instruire d'un événement arrivé hier dans la "commune

de Tilloy. Des gendarmes qui conduisaient des prévenus au tribunal révolutionnaire de Cambray, s'étant permis de laisser descendre dans une auberge Augustin Goudemand, l'un des prévenus, qui a pris la fuite et s'est caché dans les bleds ; aussitôt la municipalité fit sonner le tocsin et assembler la garde nationale qui déploya la plus grande activité et découvrit le fuiard caché dans les bleds, dont elle s'empara et le remit de suite entre les mains de la gendarmerie, aux cris mille fois répétés de Vive la République, Mort aux traîtres, aux conspirateurs ! Je t'avouerai que ce fut un triomphe pour moi, de voir l'ardeur de la garde nationale dans la recherche de Goudemand et l'allégresse publique lorsqu'il fut découvert. Salut et fraternité.

« Paris, Agent national. » -^

On était au'ii juin 1794 ' ce jour-là, c'était la fuite, heureuse un instant, d'un pauvre prisonnier, le tocsin sonné avec frénésie, les paysans rassemblés en toute hâte ; puis bientôt le malheureux évadé saisi de nouveau, brutalisé et ramené tristement à ses bourreaux inhumains, par une population en délire. Dans quelques jours, au passage des sœurs, la scène sera toute différente : les prisonniers dirigés sur Cambrai seront encouragés par elles, oublieront un instant leurs tristesses et leurs craintes; un premier étonnement fera de bonne heure place chez eux, à des doutes sur leur condamnation ou sur leur délivrance prochaine, puis ils renaîtront tout entiers à l'espérance et à la confiance. en Dieu.

Les sœurs virent, pendant un mois, les charrettes fatales se remplir de malheureux, partir pour

Cambrai, revenir à Arras ; et elles restaient toujours en prison. Le dimanche'^fmessidor (a5 juin), un convoi régulier était. déjà parti. Après les transes mortelles de l'appel des condamnés vetila tristesse des adieux, les détenus des .Baudets se croyaient pour ce jour, à l'abri de. nouvelles alertes, quand tout à coup arriva de Cambrai une 1 lettre de l'accusateur public Caùbrière, disantau citoyen. Ansart, ^gent national près le District : a Frère, fais partir, sitôt la réception de la présente, les quatre ci-devant sœurs de la Charité dont l'administration a fait passer les pièces au représentant. Ne perds pas un instant. Fais-les venir la nuit au grand trot. Je compte sur ton zèle pour la punition des conspirateurs : je les attends donc demain de très grand matin.

« J. Catjbrière. »

La suscription portait ces jmots significatifs : « Très pressé : par ordonnance ».

Ce même jour, dimanche a 7 messidor (^5 juin. i|7q4)> ^ dix heures et demie du soir », le commandant de gendarmerie fut requis d'avoir à « faire conduire sur-le-champ a Cambray, sous bonne et sûre garde, les nommées Thérèse-Madeleine Fantou, Marie Lanel, Magdeleine Fontaine, Jeanne Gérard, toutes quatre ci-devant sœurs delà Charité». L'instruction; ajoutait : « Le chef de la gendarmerie donnera les ordres néces saires pour que les personnes ci-dessus, arrivent demain, de très grand matin, à Cambray et qu'elles soient remises à leur arrivée entre les mains de Caùbrière, accusateur public près le tribunal criminel et révolutionnaire».

Un convoi extraordinaire fut aussitôt organisé.

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