CHAPITRE .VI
ACCOMPLISSEMENT DE LA PROPHETIE
La sentence de mort des sœurs est là dernièïe prononcée par le rtribiinat-i-- Joseph Lebon, violemment attaqué à la Conveatioa-suspend. provisoirement lesvopératioins de- son; tribunal et prépare sa défense. — Il prend en même temps; toutes lés mesures pour activer bientôt les condamnations à niorL'ret les- exécutions 'sanglamteSi — Ses calculs sont déjoués, rr Châtiment, des .persécuteurs...
Le lendemain .de. la .mart desTScaurs, 9 messidor, le.. tribunal fit .comp^iraître, jugea et acquitta .un lie utenantude. dragons qui. xc avait tenuj sans intention,. , des^!propos ■ contEe-révolutionnaires et ^ aristocratiques.i». Un acquittement pour maaique d'intentian,i i après- l'aVieu- . de propos r aristocratiques,n'était pas, chose-, ordinaire devant rie tribunal ; de ( Joseph Leboa. Aussi,. estril permiside croire que le lieutenant dut son salutrauxf.sœurs^;, mortes la veille,: en., se :prpclamant les';: dernières victimes. Leur condamnation n'ayant ; pa« > trouvé d'écho dans la foule, le tribunal suspendit pour un- moment l'efiPusion duiSangi il leva la séance, et aucun de ses membres î ni,les.-juges> nij les guréSj ni l'accusateur public, pas même; Joseph ; Lebon , ne se douta qu'ils avaient-prononcé la veille leur dernière-
sentence de mort. Quand on avait rapporté au représentant et à son ami Caubrière, accusateur public, les dernières paroles et la prophétie des sœurs, ils s'étaient l'un et l'autre laissés aller à d'ignobles plaisanteries contre leurs victimes, se promettant bien de les faire mentir par de nouvelles condamnations. Mais des nouvelles très graves arrivées de Paris, contraignirent les deux fournisseurs de la guillotine de porter ailleurs leur attention.
Trois jours auparavant, le samedi 6 messidor, 24 juin, la Convention avait pris en considération et renvoyé au Comité de Salut public une motion de Guffroy .dirigée contre Joseph Lebon. Celui-ci devait sans tarder, songer à se défendre. S09 ennemi, très violent dans l'attaque, s'était appuyé sur des faits nombreux, sur des documents précis, sur un ensemble de preuves, que de simples délégations ne pouvaient pas détruire.
Lebon commença, le 27 juin, par suspendre provisoirement les opérations du tribunal révolutionnaire. Les corps constitués soumis à son pouvoir reçurent l'ordre de rédiger des adresses en sa faveur et de les envoyer à Paris au Comité de Salut public et à la Convention. Lui-même se tint prêt à intervenir en personne au moment opportun, et réunit ses moyens de défense.
Pour le résultat final, il était sans inquiétude, bes amis détenaient le pouvoir; ils avaient immolé eux-mêmes plus de victimes que les deux tribunaux d'Arras et de Camb'rai; ils ne pouvaient manquer de défendre et de soutenir leur représentant. Déjà précédemment, Lebon avait dû se justifier devant l'Assemblée, et les accusations
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portées contre lui n'avaient abouti qu'à lui faire voter des encouragements et à lui permettre de multiplier les arrestations. Il était assuré qu'il en serait de même cette fois.
En attendant, il continuait à fournir les prisons, tandis que ses complices partageant le même optimisme, agrandissaient la fosse creusée sous la guillotine et la mettaient en état de recevoir facilement soixante- quatre têtes; Lebon l'a reconnu expressément devant les Assises de la Somme.
La journée du ii messidor, à la Convention, fut mauvaise pour lui. Les deux députés de la ville d'Arras envoyés pour faire son éloge, non seulement se virent refuser les « honneurs de la séance », mais sur la dénonciation de Guffroy, furent traduits au Comité de sûreté générale. C'était un grave échec qu'il fallait réparer. Lebon partit pour Paris. Sa présence modifia peu l'attitude de l'Assemblée, et n'obtint pas le résultat attendu. Le 21 messidor, Barrère, rapporteur du Comité de surveillance, convint à la barre de la Convention, que dans la conduite de Lebon « quelques formes avaient été improuvées par le Comité », et, loin de conclure à des encouragements, il demanda seulement à l'Assemblée de passer à l'ordre du jour, sans infliger de blâme. La Convention vota dans ce sens, et Lebon se trouva déjà loin de l'approbation formelle qu'il avait escomptée, et sans laquelle il ne pouvait remettre en mouvement sa machine révolutionnaire. Le lendemain, 22 messidor, fut plus mauvais encore. Le Comité de Salut public, allant plus loin que la Convention, supprima les tribunaux révolutionnaires d'Arras et de Cambrai, ordonna d'envoyer à Paris les prévenus de contre-
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révokiticm, .etiiterminâ: son? arrêté |>ar;,nrûrdrô sui** • vaut ; « Joseph} Le Bùii/irepréseiitaBtJidu peuple, irafras&embleiPirlesf divers papiers^ rlettres^etiTensei" ■ gnements qu'il a recueillis^t>peaidaiit..sa!.mission, concernant: 'iea ^conspîratkinsy les complota Gontsre la ■B.épttbliqueoetdes'âîitelljgéejiice» •entretenues'^ par - •■ les ennemisidu psemple avec l'étranger^ pauriremettirei sousileâ yeuxduGQihitédeDSaiuti public ces papiers^ , avec ï le ; tableau des. opéirations \ qu'il a faites, -■■ etproposer;: au i iComité ■ les jmeauresf qui doivent îcom-r pléter sa imissiïrà^ ».;
C'était dur pour le Proconsulide iGambrai habitué à agir'tenMdehoj:s)deitoute légal-ïté. -Désireux d'î^- -douciir unitel coiup^vle Comiténnanda-Joseph Lebonn « dansi son • sein », etduii>donna ides instructions • oralesjvdontnon i o'a jamaisi iconnu nia : portée-^ car la i ;» chiite . de' îRobespierrei en- ! empêcha:;!' exécuition, . ' Lëbon^ irepaytie poux Cambrai-, i II: i se i décida,' . bien ' u malgi"é>lui, à disloquer, son triibiinal,! maisidl refusa - -d'ouvrir' ilesiiporbes des. -prisons, et/aie: renonça à > aucun: de :ses projets;; La .guillotine use: dressait toujours sur lajGrandeiPlacev menaçantnle penaple- -deiCambrai-deuses.^terriblesexécu/tions.- Cependant le- sang: des'sœurs, iversétdixl-i-sept ■ jours • aupara-vanti n'avaitaétéi recouvert -par le «sang d'aucune • victime. nouvelle lî il me devait» ipas:>l!ètre;
Le 25maessidor',t i3.juilldl''ijg4r laGommune de» Cambrai; envoya ':aiï représentantu une > députa tion oiEoielle . . Elle ; voulaitv tdonner» ma édaC opar ticèlier > à la fête nationalevdu :;lendemainv. et .demandait,! i pour faciliter • les .mouvemenls » du» .peuple^ de idé-*- monter ' pour i uni ijour la >;guillotinei ■■. Il i répugnait i à Joseph Leboin de donner une; telleiautorisàtâon)); mais à cause* des circofistancesfil n'osaitilarefuser; •