CHAPITRE Ym
-RENOM JDE.. SAINTETÉ.
Ténioignages écrits ettràidiUons'orales.
Ees^d6rnières"victimes/dè' Joseph Lebon a "Cambrai, n'aût cessé depuis'leurinortî'de- jouir d'un grand renom 'de saintetéi' Les Archives de là* Mission itet- des^ Pilles de- la Charité, à Paris; • publiées •en i partie- en^^r894, montrent 'telairement sur ce point 'la croyance des^euifaniilles'de saint Yirieentsde 'Paulj^^dont M.' ^Qiiûchon, "fit^tre 'dé' la Mission, B^étïdt déjà fait l'écho en i885.
Les "deux' ■ chapelets "CoBservés <par ^ les familles Béreux, Paris, Delignières, Meynieux" constituent UQimonumentrprécieux'cle'-là'foi de ces^anlilles' à la>gioir« céleste des Servantes dé Dieu.
Non moins remarquables sont'^es- 'ouvrages ou documents relatifs aux sœurs, qui, pendant le siècle écoulé et jusqu'à ces dernières années, se sont succédé en grand nombre. Indépendants pour la plupart les uns des autres, et n'ayant pas pour objet principal les dernières victimes de Joseph Lebon, ils contiennent néanmoins sur elles, des témoignages très précis, montrent leur mémoire vivante pendant tout le cours du dix-neuvième siècle, et font
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très bien; iressorlàr lié' dottble: caractère '.qui., renditleuKimoirt; . glomease.^i : ;la.ugrace?dilj .martyre 'et-le don I ide /prophétie; e
Enl têle se placent îles prèGesvofficiellës' reproduites-dans réditionîdeîGàmbraiet'rqni ifôrment la base dé ' toute ^snolre • » étndei : lesi- procès-verbaux detperquisitiionsi, îles refus de 1 pension, le mandat d'aritêt, Jes interrogatoiresy;;. la; sentence de mort, etc. <; toutes vprouvfinfcd'innocenoe dès,'- victimes et la>. haine :graluite<;de leurs rperséeuteurs.
Il faut iciteriiaussitotilesi-jS'owpemr.y 'de-la Réç^olutiojirpanrun Cambrésien ou Mémoires- de 'Flandrin^ bourgeois .de sCambrai, qui raconte ilesi 'événements dont il futfi le (témoin tuFlandrin; fait ressortir dans les isœursi l'attachement à la religion, le refus de ' serment en:face;desfjxiges',i la^prièrè continue jus-^ que sui?; l'échafaud sous les > regards: ;d'un< • peuple '■ dantda:8ympathie' ne use démentie pas;* enfin il relève» expressément la : circonstance principale de celte (mort '.qui l'avait vivement frappé : c'est queles ;sœurs ufurent -à, .Cambrai les deraières= victimes ' de.da Teneeury^: apr.èscravoirvdemandé^*à Dieu- et promis.' ampeuple^.
Viennent; ensuite; \esy- Mémoires' de l'Jlbhé' ' Coquelet i. ancien, ichanoine de tSaint-&éry deCîlmbitai, proscrit pendant) la <. Terreur, un peu- plus, tard organisateur de Missions dans le diocèse de Cambrai, . etj après s le ;.Goncordaty curé ? de . sBéthune : « Elles-.: mouBnrent, ; écril4il;j;: em vraies Martyres, annonçajnt.qu!elles?seraieiit les:; dernières victimes, ce quiisarrivaui». *
Elle est; bien; éloquente aussi dans ^on- laconisme, 1 a : :menliom du. imartyrc faite ; par -la mère Deleau, dans da; «ireulairev diii; I®'; janvier i8o4. La mère
Deleau, supérieure générale des Filles de la Charité au commencement de la Révolution, fut chargée après la tourniente, de relever de ses ruines la Communauté presque éteinte. De bonne heure elle chercha à dresser la liste des Filles de la Charité mortes pendant la persécution, et, le i®' janvier i8o4, elle donna les noms des quatre sœurs d'Arras, en ajoutant ces simples mots : « Toutes Jes quatre guillotinées pour notre sainte religion » .
En 1821, Guillon dans son beau recueil, Les Martyres de la Foi, consacre une notice à chacune des quatre victimes. Il fait ressortir leur vertu héroïque avant la persécution, et la profonde vénération dont elles étaient l'objet; il note avec soin que Lebon, n'osant pas les immoler à Arras, à cause de la sympathie du peuple, ou peut-être voulant hâter leur mort et en jouir de plus près, les fit diriger sur Cambrai où elles n'étaient pas connues. « Elles allèrent à la mort, dit-il, avec des sentiments héroïques de Foi et d'Amour de Dieu », et un peu plus loin, il ajoute : « avec la consolation de donner leur vie pour la Foi qui leur avait inspiré les sentiments dont elles étaient pénétrées » . Il termine par cette remarque dont la portée n'échappera à personne : « elles furent, comme parune espèce de miracle, les dernières victimes de, la Terreur à Cambrai ».
En 1829, nous trouvons, publiée pour la première fois, la lettre de l'ecclésiastique prisonnier a Cambrai, qui insiste particulièrement sur la prière louchante des condamnées et sur leur prophétie. Avant de donner la lettre, Aimé Leroy et Arthur Dinaux relèvent par quelques mots très significatifs la vénération qu'on professait de leur temps à
Cambrai, pour les victimes dont la mort avait été regardée comme une bénédiction : « Le fait que nous rapportons ici, est à la connaissance de milliers d'individus et quoiqiUil soit déjà vieux de quarante années, aucune voix ne s^élèvera contre l'authenticité de notre récit ».
Huit ans plus tard, « Le Catholique Magasin religieux » reproduisait avec une introduction, la iiiême lettre et les mêmes remarques.
^En 1842, le chanoine Parenty dans la vie de sainte Angèle, insérait une note sur les sœurs, constatait leur emprisonnement et leur mort, et rappelait le ce bien immense » fait par leur Communauté.
Un Martyrologe du Clergé français pendant la Révolution, imprimé à Lyon en i8o4, contient aussi quelques lignes sur chaque sœur. Il insiste sur le refus de serment et sur la condamnation à mort en haine de la Foi.
Au milieu du siècle, Eugène Bouly, auteur d'où vrages nombreux et estimés sur Cambrai, rappelle dans son Règne du diable, le chapelet que les sœurs portèrent, dans leurs mains pieuses, au tribunal et qu'elles reçurent sur la tête en guise de couronne, en partant pour la guillotine.
En 1860, le, chanoine Thénard écrivit ses Souvenirs de la Terreur à Cambrai. Ce travail, malheureusement peu documenté, n'est dans la pensée de son auteur, qu'un recueil de souvenirs et nous ne voulons pas le citer à d'autres titres. Thénard insiste sur le refus de serment et sur le chapelet des sœurs, il appuie particulièrement sur la prophétie et termine par cette constatation importante : « Nos vieux Cambrésiens se plaisent encore aujour~
2m-. CAJtfBEAI. .
dChuî àrtappeler eetÈs pr^ophéàieJyuiiJ^tiaceomplie.iyn
C'est i^un. travail- d'un .^enrerbieik.'jdifférenth que. - Paiia fit pgiraîtEet.àAAiîrascx eii=. i864i'A90ua. Je titre de> : HièÈoireçde jQseph'djehan. ,Cette.uétudé> solidement docamentée, -est deu première.. «valeur au point de vue historique ; ■- elle v^rend aux: ecRurs .un témoignarge d'autant ) plus précieux ique toutes» ; ses assertions^s ; basées i sur ? des documenta' d'archives^ concourent à pivou^ert leur linnocence. et lai vénération-profonde, que-.profesaait pQur.ellesfla ville d'Arras. ..
Versri88o, fut: rédigée la iVbiîeeijSttr lame/deii Marie Mi'chelle Théodore' DoUez-i{M'"^ Lduis : Leroy • > de Cambrai) par M. Gosselet Dollez, petit-filsde.\ ladite, dame t Cette .nolrcetparle-;des sœurs j de leur condamnation» :pour, refus del serment^, et .dev.leur prophétie. Qi^elquesiinexactitudes de. détail dépa-r; rent malheureusement ce i précieux; récit.-. .
En 1872, Lécluselle, plus tardirédaeteur en chef àeiV Echo du. Peuple^ commença: par l'année 1789, la ..publication d'études historiques documentées etr intéressantes rsur Cambrai et le. Gambrésis; Il cour sacrCi auKî sœurs vunenbelle page; '■ et 1 donne: des détails, inédits jsur. ila :scènei émouvante du. chapelet^ . mis sur la tête des victimes, , au moments i de .leur: toilette de condamnéesi-;
Une autre. publicatioa historique degrande-valenrA n'est r pas moins :précieuse! ipouti .nous.; : M? Dera?-/ ■ ■ mecourtj plus ' tard évêque s de. Soissonsj. alors pro— • fesseur d'histoiiie i atipetiti séminaireid' Arras^- c faisait , paraîtne r rcn ,3i 885 une t élude approfondie : supj Le. Clergé du diocèse d'Apras,^(BiOulogne et SainttOmer.' pendaat' loaRémlutiofï:^ SovLMeoX), .dansrses irecher-:' ches>. il. savait. leu: l'attientioji ;attiDée\^sur.îlefe; sœurs>
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leur^déyôuameiity leurs iœuvresi letirs/clifficiiiltési- la sympaitliî&i du peuple^ ponn/elles} . Jeur courage 'sur-* humain i idevaat la=;pprséeatioa j^ aussi : se:: plaît-iL j à rendrei à la. isœur. Fontaine : ee: témoignage; ; « que <i toute 1.1a. ville ..d'Avras: la. iregardait comme une il sainte \y>, ,et:d?eilleiêt dei ses;* compagnes^fil écrit,: qur'ellBS ontiîété.« qualité desiplus\pures\çictimes de «lauRévolution,ït>i\
C'est .«acore : un ckerchëun infatigable,^^ M^ Des^ tombes^irvicaiEeigépéral de:Gambr.ai,i,quii;en 1887 rencontra le souvenir de nos martyres. -Dans: le pr^emier volume f de.: Les vies des i Saints; des diocèses^ de . Cambrai et .d/Ajnra&, il adonne; l'iniporr tante lettre, du iprisonnieri de- Cambred. que: nous avons, citée plus haut, en faisantremarquer comment elle > a ppuie . sur la . prière= fervente des -. sœurs ■ et :sur leur.ppophétiei,
Cette lettre. fut.;reproduite une quatrième rfoisi en. 18.94, danSila Semaine^ Religieuse à\\.A\ockse>À&^ Cambrai.;
Une.mentionj spéciale- doit être» faite vdesirdocu-^ ments conservés aux Archivesi des-Prêtresi de'<lai Mission études Filles de la Charité à Paris; = là, aussi, nous ,retr.ouvons.ile renom de -Sainteté, de*, sœurs; et nous en suivons, facilement lesi progrès .•
La, première pièce en dateietenîivalenr^ est>la circulaire. de la •mèi'e'^Deleau .citée tout i.à l'heure; : Son,. importance n'échappeira à ipersonne, à cause ■ de la .date, i8o4v oïl elle. fut. ^pubUée,. et du i motif qiCelle. allègues de l!exécutioni- des sœurs ,: «.pour notre. sainte religion j>^
Monsieur.Gabriel.Perboyre,. auteur de Mémoires : sur ..la;^.Congrégation.; de- là .Mission , '.publiés . de 1 8l6a. à 1 8.65^.. recueUiit avec . beauconp de. soin. des •.
documents et dés notes sur Monsieur Cayla de Lagarde, supérieur général des deux fanailles de saint Vincent de Paul pendant la tourmente révolutionnaire. Il fut amené par son sujet à insérer une courte notice sur les sœurs d'Arras. Cette notice inspirée, semble-t-il, de Guillon, fait très bien ressortir le motif de la mort et la prophétie, mais elle néglige les autres détails, et renferme quelques inexactitudes du reste sans importance. Nous croirions volontiers cette notice antérieure à Monsieur Perboyre.
Un document très important est le récit des derniers moments des martyres rédigé par la sœur de Missy, ancienne compagne de la mère Amblart qui ramena les Filles de la Charité à Cambrai après la Révolution. Nous avons rencontré deux anciennes élèves de la sœur de Missy; elles se rappellent très bien que, vers i83o à « Saint-Jean », la sœur qui présidait les réunions, aimait à parler des martyrs de la Révolution et surtout des sœurs d'Arras. Le récit de la, sœur de^ Missy, quoique rédigé un peu tard, est un des plus touchants et des plus précieux. Il fut provoqué par Monsieur Chevalier qui exerça les fonctions de Directeur des Filles de la Charité de 1874 à 1899.
Monsieur Chevalier s'occupa de nos martyres.
Il demanda aux Filles de la Charité d'Arras et de Cambrai, de recueillir et de lui envoyer les traditions de leurs maisons. La sœur Duprat supérieure et la sœur Douriez assistante de la Maison de Charité d'Arras répondirent à son appel. De Cambrai on envoya des extraits du Chanoine Thénard et la copie d'une relation curieuscintitulée « Révélation consolante ». Cette relation doit être très ancienne.
Enfin ce dossier eèt complété par les ouvrages imprimés qui traitent des martyrs de la Révolution. En i885 M. Chinchon y puisa largement pour la rédaction de son « Petit Pré spirituel » et en 1894 les Annales de la Congrégation de la Mission en publièrent les pièces les plus importantes.
Ces différents écrits ne sont pas les seuls monuments de la vénération profonde, que n'a cessé d'inspirer le souvenir de nos martyres. A Arras et à Cambrai, des traditions locales ont traversé le dix-neuvième siècle et entretenu à travers plusieurs générations, le renom de Sainteté des sœurs dans les Maisons des Filles de la Charité et dans de nombreuses familles.
Le nombre de ces familles ne saurait être précisé rigoureusement, au moins pour Cambrai. En 1829, trente-cinq ans après les événements, Leroy et Dinaux parlaient de milliers d'individus en état de rendre témoignage du martyre et de la prophétie des sœurs. Trente ans plus tard, Thénard rapportait les mêmes faits que Leroy et Dinaux et en appelait à tous les vieillards de Cambrai. En iQoo, des hommes de soixante-dix et soixante ans, assuraient que dans leur jeunesse, les circonstances exceptionnelles de cette mort étaient de notoriété publique. Nous-même dans les années 1900 et 190 1, plus d'un siècle après la Terreur, nous avons trouvé avec un étonnement et une joie faciles à comprendre, plus de cinquante familles d'origine Cambrésienne, conservant ces traditions, quelquefois avec une précision, et une vénération qui nous ravissaient. Et combien de familles ont quitté Cambrai? Combien même à Cambrai nous
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sont . restées;- încoiiniiBS?.! Nosi<iinves€igatîôns -n'ont " pu pénétrer partout ; î mais:. telfe. que r nous dâ-con"naissons», -la tradition rdei Cinibrai'; constitue'' pour la gloireideSfSerYanteSfdehDièu, xinnmonument des^ nlus impprtanlsi :et des plustprécieusa
La* prophétiei répétée.letl'ongrdeiS'iinœs'.Kque'tra-versa le cortège, et affirmée avec plus de force: sur" réchafaud^ffistla eimofustanne principale,' ceile 'que seirappeUent' toutes iles familleiSf €t!'av;c«\'beaucoup de ' > pijécisionrt, Deux oui iroiartémoinsC-tintroduisent une ' légères nuancei:: les ïsœiirs; auraient publiquement' demandé À Dieu avec- un» grande (ferveun ! d'être de& ^ ■ dd-nièresrvietûneSjKet Dieu les ammt aussitôti«xau-!i cées. Tous les -autres .tém oins tsans exception tienn-.nent sur ce point des traditions ? pleinement con^h formes aux documents -.écritsc: « Les sœnrs>a^/?wa/enit «qu'elles •■seraientn les^rdernièEeS': victimes et. ' elles le ifur-ent en; effet:)). >
Les autresî' détails i sontrifoumis: par . différentes- familles. î les< sœurs priaient *>av!ecf:feETeur! tenant en- 1. main- leur cbapeleti jusqu'au :momentfde:^la îtoiletteh : funèbjCj: . où elles.^.les ; reçurent ^surj la têtéi*: Dëùxr fa millesi.nou& ont:. ditlquBi c'était des.' « chapelets à ; gros, grains et :à ^rossesTcrois:.».;, Aille!aia;on!:assure.' que le&sœursîvoyanti couler ides JarmeSf disaienf au* peuples <c Ne pleurez-pas-j aprèsaiouscesera'tout », > et lapensée.de iclore rèrède&jexécutians'^anglâMes',leur, faisait ;enî!isager>îlaîniort tavec joiei. D'^îÉprèsv trois, familles elles :auraientr chanté les litanies de la Sainte rVierge, en montant 3suc l'échafaudi' i
D'après îile grand <&ombi)e, filljâSi* furent jregardéés' comme îUnei bénédiçtionapour lan»illë>i.etïon 'leur : j attribua- Id.délivEancet -'et le ^ahit .desaïamfbreiix-pri- • sonniers sqiie sLébon destiaiait aerncere» à la moi^t,'
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<i fParini'Jtatites -'ces îtpiiditiDns',nune des plus touxhaates èsti-eelle.^'de »Miiïia€rîMoTvan''eir Bretagne, Jieu.deaîaissanceide lasœui-'îFàirtou.-A la nouvelle ' i(][ue l«sosGeurs> étaient? ftilées»att isupplice avec le cha- «pelet sur da tête;; ileisauvenir dé- la couronne d'-épines derNotre^SefgneuF se^présenta naturellement :: à Itesprit ; d^ icatholiqueS'Bretonsv eux-^mêmes ' victimes alors de persécutions terribles, et ils nesé- ^parèrentiiplus «es'îxleuxc idées ? les sœurs d'Arras ■■ ' étaient aJléesJàîla morD avee'une' couromie^forrdéé de , leur chapelet, .Gomnoié Nola?e^Seigneur avec une cou- Bonnet i dlépines.
Quand on a étudié les nombreuses pièces officielles qui précisent les circonstances de l'arrestation, de l'interrogatoire, de la triple prison, de la mort des quatre martyres, avec les noms de celles-ci, leurs âges respectifs, leurs années de vie de Communauté, etc., etc., on est surpris de trouver certaines lacunes et même quelques erreurs matérielles dans les ouvrages ou documents de seconde main qui, rédigés plus tard, sont l'expression de la tradition restée vivante à différentes époques du dix-neuvième siècle. Le nombre des sœurs mises à mort a été particulièrement négligé par les traditions et par les auteurs qui les ont recueillies ; nous le voyons passer en effet de deux à huity sans la moindre remarque et sans la moindre explication ! C'est que ces circonstances intéressaient assez peu le peuple chrétien et les différents écrivains ou annalistes. Ce qui frappait les esprits, c'était le fait du martyre souffert pour la vraie Religion et pour la Foi, c'était la prière fervente des servantes de Dieu et des pauvres, c'était aussi la réalité de la prophétie avec les prisons ouvertes et les malheureux
nz CAMBRAI.
détenus rendus enfin à la liberté et à leurs familles ! Sur ces points essentiels, la tradition, à toutes les époques, est toujours res1;ée : forte, précise, unanime. Mais que les martyres eussent été une de plus, une de moins, cela paraissait importer fort peu, en l'absence des documents officiels, ensevelis alors dans les Archives du Pas-de-Calais à Arras.
Ces documents, venus enfin à la lumière, ont permis de tout préciser sans crainte d'erreur, et ont dissipé les moindres doutes. Combien de groupes de martyrs pendant la Révolution sont moins favorisés !