‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 15 sur 88 · III. — LE PÈRE DES PAUVRES · texte numérisé non relu

III. — LE PÈRE DES PAUVRES

ne mettre aucun frein à cette admirable charité de Rodolphe, et qu'il fallait laisser à Dieu, qui était aussi son père, le soin de le préserver de tout mal.

La pieuse duchesse d'Atri était digne d'être la mère d'un saint, mais elle ne devait assister que du Ciel aux progrès de la vertu de son fils. Rodolphe n'était qu'adolescent quand elle mourut ; il fit à cette occasion l'étonnement de la cour. Lui-même, en effet, un crucifix à la main, assista la duchesse, l'exhortant avec une ferveur et une autorité qui semblaient celles d'un vieillard. Lui-même il lui ferma les yeux, puis, se tournant vers son père accablé de douleur, il lui montra combien l'élue de Dieu méritait plus l'envie que la pitié, combien il y avait lieu de se rassurer sur son sort, et comment c'était à eux, les demeurants, à mériter une fin semblable à la sienne.

On était dans la stupeur en entendant un enfant tenir un tel langage.

La mort de sa pieuse épouse rendait trop pénible au duc le séjour d'Atri. D'ailleurs Rodolphe était d'âge à paraître à la cour pontificale, où son frère aîné, Jules, était déjà prélat référendaire. Aussi, autant pour distraire sa douleur que pour commencer la fortune de son fils, Jean -Jérôme d'Acquaviva avait résolu de

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