L. I. ATRI
partir pour Rome, La circonstance qui hâta son départ fut l'entrée de son frère Claude dans la Compagnie de Jésus (i).
Claude était le plus jeune frère du duc ; il avait passé sa jeunesse à Naples, à Conversano et à Atri. Deux ans auparavant, il avait été envoyé par le duc, son frère, à Rome, pour l'excuser auprès de Pie IV, irrité de l'asile que le duc donnait dans ses états à certains bandits d'Ascoli. Claude avait gagné pour lui et pour son frère les bonnes grâces du Pape, qui en avait fait son camérier secret. Pie V avait hérité de l'affection de Pie IV pour Claude, et le plus brillant avenir attendait le jeune prélat, quand, séduit soudain par une tout autre ambition, il demanda à Pie V la permission de quitter son service pour embrasser celui d'un plus grand Maître. Pie V avait bien tenté de retenir celui qu'on regardait déjà comme l'ornement du palais apostolique, mais, voyant combien sa vocation était sérieuse, il lui avait dit : « Si l'esprit de Dieu t'appelle, mon fils, ce ne sera certainement pas moi qui te retiendrai. Va, au nom de Dieu ; qu'il t'aide et t'accompagne avec toutes ses bénédictions (2). »
1. Ce qui ga^na Claude à la Compagnie de Jésus, ce fut la modestie et l'air de sainteté de quelques Pères qu'il avait vus entrer à l'audience du Pape pendant qu'il était de service dans l'antichambre. Christophe Rodriguez, Jean Polanco, et surtout François de Borgia, l'avaient touché par leur seul aspect. Leur vue lui inspira le désir de les connaître, puis celui de les imiter.
2. Schinosi, Istoria delhi C. di G. app. al regno di Napoli. t. I, 1. 3, c. 2-