‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 17 sur 88 · III. — LE PÈRE DES PAUVRES · texte numérisé non relu

III. — LE PÈRE DES PAUVRES

Un récit inédit de cette époque (i) raconte, à ce propos, un trait que nous citons.

« Devant passer plus oultre, dit notre chroniqueur, » ie mettray icy un mot de ce que s'est passé par là » quand Claude Aquaviva demanda congé au Pape. » C'est qu'estant un jour en l'aultre chambre (anti- » chambre) de Sa Sainteté, en compagnie d'un autre » camérier secret nommé Mgr Sangaletto, arriva le » Père Borgia, général, pour lors ; de la Compagnie, » qui, ayant parlé à part à Claude, entra dedans et eut » audience. Estant sorti, Claude y entra à son tour et » demande licence d'entrer en la Compagnie. Le Pape » fit delà difficulté, mais, après beaucoup de répliques, » enfin luy donna sa bénédiction. Sorty qu'il fut de la » dicte chambre, il s'en vint trouver Sangaletto, et l'em- » brassant, luy dict à Dieu, disant qu'il s'en alloit au » novitiat de la Compagnie. Le bon Sangaletto com- » mence à pleurer ; cependant le Pape sonne la cloche, » et voyant entrer Sangaletto tout espleuré, luy » demande la cause, il répond : « Parce que, dict-il, » nous perdons Aquaviva. » — « Sot que tu es, dit » le Pape, est-ce là perdre ? A la même volonté que » nous te perdissions un jour en telle sorte, mais à ce » que ie voys, il niât pas grand danger. »

C'est dans le courant de 1567 que Claude dit adieu au monde. Il avait vingt-quatre ans. Son frère et ses

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