‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 18 sur 88 · I. Du p. Angelin Gazet. Voir le chapitre suivant · texte numérisé non relu

I. Du p. Angelin Gazet. Voir le chapitre suivant

ATRI

deux sœurs comprirent ia beauté de son sacrifice et l'en félicitèrent, mais celui sur qui il fit le plus d'impression fut Rodolphe, à qui Claude venait démontrer la route à suivre.

Dès les premiers jours de l'année 1568, le ducd'Atri partait pour Rome. Rodolphe fut ravi à la nouvelle de ce départ, qui servait si bien ses projets, et il conçut aussitôt le dessein de suivre sans tarder l'exemple de son oncle.

fe

^, S.3S ^fî. -^ -j-iî, :.Ai -1^, ■^^% »<s ^-^ -m. ***. **&

Xd\sxt Deu;ctème.

ROME

V.: '-^ '^ '■''■f "'f *<■)? '■■■'ijf *'î *}}; *'^' ^'iiî *■>■* *"î *ïf

^. »*^, *^s Hi^. ^. ii&i, m. «ajfe «afe 'i^. <g. »3j(t «». «i^.

Cï)apitre Premier.

L'Appel de Dieu (1568) \

ODOLPHE Aquaviva, fils de Hierosme Aquaviva duc d'Atrie, estant dès son tendre aage très bien nourry et eslevé, donna de lors grand subiect d'espérer que Dieu le préparoit a choses grandes, l'ayant exempté des vices qui se voyent ordinairement à tel aage et condition, ensemble l'ayant doiié d'une particulière dévotion et inclination aux choses pieuses.

» Or estant arrivé a l'aage de dix-sept ans, advenant que son oncle Claude Aquaviva, (qui est auiourduy gênerai de la Compagnie de Jésus), et estoit lors l'un des Cameriers secrets du Pape Pie V, et très bien aimé et favori de Sa Sainteté, se résolut d'abandonner le monde et toutes ses pompes et espérances pro-

I. La meilleure manière de traiter ce chapitre, nous a paru de reproduire, sans en rien changer, un récit inédit, conservé à la bibliothèque de Bruxelles. Ms in 4°, n. 2158 67, p. 437-448. Il est intitulé : « La vocation de Rodolphe Aquaviva, martyr. Traduit de Vitalien sur le manuscrit italien du noviciat de Rome, par le P. Ange Gaz cens. » (Angelin Gazet, mort le 1^' mars 1653.)

Le P. Sommervogel avait cité ce ms. dans sa bibliothèque des écrivains. (Article Rod. Acquaviva.) Nous ne saurions assez remercier le R. P. Van den Gheyn, BoUandiste, qui a eu la bonté de nous le copier.

Nous nous contenterons de compléter par des notes le récit de notre chroniqueur.

chaînes qu'il pouvoit avoir des dignités mondaines, et, pour servir lui roy Jesusj entrer en sa Compagnie. Aussi tost que le sceut le duc son frère, il s'en vint a Rome, menant quant et soy Rodolphe son filz, auquel Sa Sainteté donna fort volontiers la place de Claude son oncle pour estre un de ses Cameriers secrets.

» Ce pendant que son père le duc donnoit ordre pour accommoder le traint qui est requis pour un tel estât, Rodolphe pensoit à toute autre chose, car estant touché de l'esprit (\\\\ fer ébat iir super aquani vivant, il traictoit de suivre les traces de son oncle, et en avoit auparavant entammé propos avec le P. Christophe Rodrigues, provincial de Rome, lequel luy en avoit donné peu d'espoir pour l'éprouver, comme on est de coustume à faire à ceux qui premièrement se présentent (i).

» Du mesme temps que tout estoit prest pour mener Rodolphe au palais, et le mettre en son estât, il s'en alla en secret entendre la messe à la maison professe, où son oncle estoit novice ; il asseura depuis que, du temps de laditte messe, il se sentit tellement enflambé,

I. A peine arrivé à Rome, Rodolphe avait déjà été à la maison professe de la Compagnie de Jésus, demandant à voir son oncle Claude. Claude, novice depuis peu de mois, était alors à l'hôpital de Notre-Dame de la Consolation occupé à servir les malades. Rodolphe se fit conduire à l'hôpital, et, après s'être nommé à Claude, qui ne le reconnaissait pas, il lui ouvrit son cœur et lui déclara nettement qu'il ignorait les vues de son père, mais que ses vues, à lui, étaient d'entrer au noviciat ; qu'il s'y

Page 1