I. — l'appel de dieu
cas selon qu'en iugeroit Sa Sainteté. Le Pape, encore que le duc eust proposé le faict simplement, s'apperceust bien qu'il vouloit que Rodolphe luy fut rendu pour l'esprouver en sa maison, sy sa vocation estoit vray (sic) ou non, de peur qu'il n'en sortit paraprès, avecq deshonneur sien et de sa famille. Ainsi le Pape lui respondit qu'il scavoit bien qu'on ne recevoit personne en la Compagnie que, premièrement, ne fust bien esprouvé, et que, pourtant, il demanderoit qu'on luy rendist, à telle fin touteffois, que, l'ayant esprouvé quelques iours en sa maison et trouvé constant en sa vocation , on luy donneroit licence d'entrer en la Compagnie.
» Le mesme soir, sur le tard, venirent à la maison professe Mgr Aquaviva (que Dieu absolve), avec une grande suyte d'autres Monseigneurs et des courtisans, pour faire entendre au P. Général leur désir et celui de Sa Sainteté et du duc, son père, promettant de le rendre, cas advenant qu'il fust constant en sa vocation. Le P. Général respondit que, sans doubte, il eust rendu au moindre serviteur que le duc eut envoyé, et, tout aussitost le feit appeller. Mais le bon Rodolphe, entendant le bruyct, s'eust volontiers caché quelque part, mais les Pères qui estoient avecq luy, quasy par force le conduysirent à la porte. Cependant tout pleurant' alloit et disoit : « Quel malheur est cecy, mes Pères, i'aymerois mieux tomber es mains des volleurs
Acquaviva.