‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 22 sur 88 · L. II · texte numérisé non relu

L. II

ROME

qu'en celles de ceux qui m'attendent, car ceux-là m'otteroient l'habit corporel seulement et ceux-cy me veulent oster le spirituel. »

» Arrivé qu'il fut au lieu où l'attendoit le P. Général et les Seigneurs, devant que personne parlast : « Messieurs, quel mal, (dict il), iamais vous ay ie faict pour me persécuter en telle sorte. Je vous adiure de la part de Dieu, lequel m'appelle à ceste religion, que vous vous en alliez en paix sy vous ne voulez que sa divine majesté vous chastie pour vouloir contredire à sa sainte volonté. Partant faict le ie vous prie pour l'amour de Dieu, de peur que, me voulant nuire, vous nuissiez davantage à vous mesmes. » Et parce que Mgr Aquaviva se monstroit le plus zéleux en ceste affaire, Rodolphe luy dict avec cholère : « Eh bien. Monseigneur est cy un traict d'amys et de parent ? » Et à ung aultre Seigneur qui le pressoit de sortir, il donna hardiment : « Votre Seigneurie scait elle ce que c'est de religion ? Certes, si elle le scavoit, tant s'en fault qu'elle procurerait mon partement, que, plus tost, elle y demeureroit quant et moy. »

» Tels et semblables coups rendit le nouveau soldat de Jésus, mesme au P. Général qui luy conseilloit de s'en aller avec eux, il dit : « Mon Père, que V. P. (Votre Pate7'nité) me pardonne, ie croy qu'elle n'at point la puissance de ne voulloir accepter en la religion ceux que Dieu appelle a icelle, lequel estant souveraine

Page 1