I. — l'appel de dieu
Sapience, scait bien qui est idoine à telle religion et ne peut se tromper. » Et le P, Général, sans rien répliquer à sa response, lui dict que c'estoit la volonté du Pape, au reste qui, si luy ne partoit subitement, il se rendoit incapable pour l'advenir d'entrer en la Compagnie par le présage qu'il donnoit de vouloir suyvre son propre iugement et exéquter sa propre volonté, ce que la religion ne peut nullement supporter. Alors Rodolphe se rendit, disant avec une humble courtoisie au P. Général : « Or sus, mon Père, ie m'en vays, mais ie proteste devant Dieu et ceux qui sont icy présents, que ie le faict par ordre de Votre Paternité de laquelle, en çeste heure, ie me tiens receu en la Compagnie, puisqu'elle a commencé à (m'ordonner) me commander, comme à un sien subiect, et ainsi ie commencerais à faire l'obéissance par commencement des aultres actes d'obédience que i'espère faire en ceste religion iusques à la mort. »
» Ilestoitbienavant enlanuict, quand, avec torches allumées, ils le menèrent hors, bien ioyeux de l'avoir gaigné. Estant venu à la maison, le duc luy dict en peu de parolles et d'un maintien maiestueux : « Fili, quid Jecisti nobis sic, » et il respondit doucement que, quand le Père Eternel appelle quelcun, son Père charnel luy doibt pardonner ; et, de là, se retira en son quartier tout mélancolique, où il demeura seul aucuns iours, sans traicter avec personne aultre que de