III. — LA VOCATION A L APOSTOLAT
en Europe, et, de plus, sa frêle santé semblait devoir s'accommoder malaisément du labeur des missions. Les médecins consultés avaient d'ailleurs nettement déclaré que la traversée, à elle seule, épuiserait les forces du jeune religieux, et tous les conseillers du P. Général partageaient cet avis, surtout les Pères Benoît Palmio, Assistant d'Italie, et Louis Maselli, Recteu^ du Collège Romain.
Rodolphe cependant priait, et, à la moindre occasion, l'ardeur de ses vœux éclatait. Pendant qu'il étudiait à Rome, il apprend un jour l'arrivée du Père Martin de Silva, Procureur des Missions d'Orient. Il se rend audevant de lui, et, dès qu'il l'aperçoit au loin dans la campagne, il court se jeter à ses pieds, et le prie de le bénir et de l'emmener avec lui. Avant celte époque, Rodolphe, chaque nuit, s'infligeait, pendant un quart d'heure, une rude flagellation. Du jour où il vit le P. de Silva, il doubla la mesure, et, chaque nuit, il se frappait impitoyablement pendant une demi^ heure.
II y avait alors, au service du Collège Romain, un jeune homme d'une piété signalée : il s'appelait Bernardin Nursino, et devait être plus tard le premier compagnon de saint Camille de Lellis, fondateur des Clercs réguliers serviteurs des malades . Bernardin était déjà en si haute réputation de sainteté, que les Pères et les élèves allaient toujours lui demander ses
prières quand ils voulaient obtenir quelque faveur inespérée. Rodolphe alla lui faire part de ses désirs et de ses craintes, et recommander à ses prières sa santé et sa vocation. A quelque temps de là, Bernardin, rencontrant par hasard Rodolphe dans le jardin du Collège, l'embrassa tendrement, et lui assura que, non seulement la santé lui serait rendue, mais qu'il passerait les mers et qu'un jour il verserait son sang pour Jésus-Christ. « La Sainte Vierge, ajoutait Bernardin, me l'a dit. »
Loin d'aller mieux, Rodolphe était pourtant si fatigué, qu'en 1576, on dut lui faire interrompre sa théologie et l'envoyer passer l'été à Tivoli. 11 se prêta volontiers à ces soins dont il sentait la nécessité, et, après quelque temps de repos, il pouvait écrire au P. Michel Lauretano : « Grâce à Dieu je vais assez bien, et je » me fortifie tous les jours. Je m'y applique beaucoup, » puisque l'obéissance le veut, et j'espère revenir à » Rome mieux portant. Vous, mon Père, priez Dieu, » afin que, pendant que de mon côté je m'occupe à » fortifier mon corps qui est à Dieu, Lui, dans sa bonté, » fortifie mon âme qui est sienne aussi. Je vous » demande cela avec instance, car vous savez combien » il est difficile de soigner son corps, et de conserver » en même temps l'austérité du cœur. Adieu. Le 7 » juillet. »
Le P. Claude d'Acquaviva était alors provincial de
X^XX°J\$l !}^k. y °X° A 1" X' >: 1' 'X' l'.X
T^T^o oX c>n^X7Y^''^xy y> X x x^^', x'^'^'^t^ti