LA TRAVERSÉE
Acquaviva et ses compagnons n'en étaient pas moins accessibles aux passions humaines. « Satan, écrivait » Rodolphe, n'a pas manqué de faire naître parmi » nous un commencement de division, et cela à cause » d'une certaine diversité d'opinions. Cela n'a pas été » grave ; il a plu à Dieu de nous faire reconnaître le » jeu du démon, et nous avons résolu, d'un commun » accord, d'empêcher ce jeu-là. Depuis lors , notre » voyage s'est accompli dans l'union et la paix. Je me » suis rendu compte, par ma propre faiblesse, combien » ceux qui s'embarquent pour les missions doivent » être bien munis d'instructions et de forces, de façon » à être protégés contre les tentations contraires à la » charité et à l'obéissance. Ces sortes de tentations » semblent s'attaquer surtout à ceux qui partent ainsi » pour une mission difficile , et elles seraient évidem- » ment un grand obstacle au bien (i). »
Les flots et les . âmes avaient donc recouvré leur sérénité, quand les jeunes apôtres abordèrent à Carthagène. De Carthagène ils gagnèrent Murcie, puis Tolède et le Portugal. Ils arrivaient à Lisbonne au mois de février 1578. Rodolphe était plein de joie et de forces.
« Comme vous me l'avez recommandé à mon » départ, écrivait-il au Père Général, et comme d'ail- » leurs je le dois, je vais vous informer de notre