I . Alegambe, Bartoli
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lui fit remarquer en riant que c'était un présage de son futur martyr. Rodolphe en fut si ravi qu'il ne pouvait contenir sa joie, et la laissait partout éclater en un rire modeste.
Le 24 mars 1578, douze jours après son ordination, Rodolphe d'Acquaviva et treize autres missionnaires disaient adieu à l'Europe. Le jeune et aimable roi, Don Sébastien, avait voulu, avant leur départ, voir tous ces missionnaires, surtout les Italiens. Il les avait reçus avec de singulières marques de bienveillance et de respect, les priant de remercier le P. Général du bien que la Compagnie faisait dans ses royaumes : le pauvre prince devait, cette année même, trouver à Alcazar-Khebir la défaite et la mort (i).
Avant de s'embarquer, Rodolphe écrivait à Rome au P. Michel Lauretano: « J'ai donc un pied encore sur terre et l'autre sur mer, et mon cœur est déjà sur l'Océan et dans l'Inde. Qu'y rencontre rai -je.-* Je ne sais, mais, si j'en crois mon cœur, se sera quelque chose de bon. Que je voudrais vous avoir pour compagnon ! Mon habitation à bord est une sorte de cachot ou de tombeau : deux pieds de large et deux de haut ; c'est à ne pas pouvoir s'agenouiller : il faut prier assis ou prosterné. Je me réjouis pourtant, parce que nous allons à la maison du Seigneur, nous allons nous conformer à Jésus-Christ crucifié. Nous avons dans notre