‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 37 sur 88 · II. — LE COLLÈGE DE SAINT-PAUL · texte numérisé non relu

II. — LE COLLÈGE DE SAINT-PAUL

sion réjouissaient Rodolphe, et, content au poste où Dieu l'avait placé, il écrivait à ses frères du Collège Romain, énumérant ses causes de joie : « La première, » disait-il, est que le Seigneur m'a donné de l'imiter » dans ce grand rôle de sauveur d'âmes, par un long » voyage, les fatigues, les dangers de mort, qui ici » sont toujours présents. — La seconde, que si j'ai » jamais eu le désir d'imiter les douleurs du Sauveur, » la croix est ici notre pain quotidien. — La troisième, » que je suis privé de tout ce qui pourrait retarder » mon âme dans son élan vers Dieu. Croyez-moi, » mes frères, il arrive souvent qu'on pense être bien » détaché de sa patrie, de sa famille, des commo- » dites de la vie ; qu'on vienne à en être privé; on » s'apercevra vite que ce détachement n'était pas » réel. — Enfin une quatrième cause de joie, c'est » qu'ici il faut redevenir enfant, ce que l'Évangile » recommande si fort, car dans ce pays tout est nou- » veau : langue, mœurs, usages. Le paysage, le peu- » pie, les mets, la vie tout entière, diffère de la vie » d'Europe ; le corps lui-même semble se faire un » nouveau tempérament (i). »

Sur cette nouvelle scène, la vertu de Rodolphe grandissait. Surtout son humilité, son amour de l'obscurité faisait l'admiration de ses frères, et Nicolas Spinola rendait le sentiment de tous quand il écrivait au Père

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