‹ Les bienheureux martyrs de SalsetteChapitre 44 sur 88 · L'ACCUEIL · texte numérisé non relu

L'ACCUEIL

les Jésuites de Goa furent reçus dans cette cour. Le dicrbar ou audience solennelle qu'Akbar leur offrit fut d'une éblouissante splendeur. On peut à peine se la représenter quand on voit aujourd'hui les restes pourtant merveilleux de la splendeur des rajahs indiens.

Une vingtaine de rois ou de princes vassaux d'Akbar entouraient l'empereur. Lui était assis, à la mauresque, sur un large coussin de velours brodé d'or. Son turban, aux ailes relevées, ruisselait de pierreries. Une sorte de tunique en tissu d'or lui tombait jusqu'aux genoux et était retenue sur sa poitrine par une agrafe de diamants. Toutes les broderies de sa parure étaient mêlées de perles. — Son cimeterre reposait sur ses genoux, et près de lui se tenaient, empressés, des officiers et des princes.

Akbar accueillit Rodolphe comme un ami longtemps désiré, et, faisant céder devant son affectueuse curiosité toutes les exigences de l'étiquette, il l'entretint familièrement jusqu'à une heure avancée de la nuit.

Il se fit alors apporter un plateau rempli d'or et le mit aux pieds du prêtre, voulant, par ce présent, mettre son hôte en mesure de subvenir princièrement à ses besoins. Mais Rodolphe, dont tout ce luxe asiatique n'avait pu troubler la modestie, repoussa doucement le don royal et expliqua qu'il était pauvre et voulait le rester, et qu'il lui suffirait d'avoir chaque jour de quoi vivre ; ce que Dieu ne lui refuserait pas.

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