L. IV. — FATEHPOUR
lavaient retenu, il aurait fait plus encore, et, en pleine place publique, il aurait confessé Jésus-Christ.
Le 28 juillet 15S1, il écrivait au P. Michel Lauretano, à Rome : « Je vais assez bien, mais mon cœur » est bien froid en amour de Dieu. Dieu me donne » sans doute de bons désirs, il m'accable même de ■v) tant de faveurs que, si je passais ma vie entière à » lui en rendre grâces, je ne ferais pas encore un » centième de ce que je dois. On m'offre ici de nom- » breuses occasions d'avancer en sainteté, car je suis » un objet de haine pour tous. Tous me couvrent » d'outrages et me méprisent. On me menace même » souvent du sabre. Enfin je suis jusqu'à présent » le sujet de la dérision publique. Demandez à Dieu » que je sache profiter de ces occasions pour avancer. » Actuellement le Roi est sur les bords de l'Indus, en » guerre avec son frère. Il vient de me faire demander, » et, après demain probablement, je me mettrai en » route. Adieu. :^
La prompte résistance d'Akbar avait en effet terrifié les révoltés. Ils s'étaient repliés sur Caboul, et avaient repassé l'Indus à la hâte, avant même d'être atteints par les troupes impériales. Alors Akbar, ne pouvant supporter plus longtemps d'être séparé de Rodolphe, lui avait fait signifier de le rejoindre au camp.
Rodolphe partit aussitôt, mais, épuisé par la fièvre,